Le Film du jour n°187 : Zig Zig

Publié le par lefilmdujour

Le Film du jour n°187 : Zig Zig
Un film français de Laszlo SZABO (1974) avec Catherine Deneuve, Bernadette Lafont, Hubert Deschamps, Walter Chiari, Jean-Pierre Kalfon, Yves Afonso...
Pourquoi Zig Zig, me direz-vous ? Eh bien, c'est très simple. Comme le montre (?) l'affiche, Zig est le surnom que portent à la fois Catherine Deneuve et Bernadette Lafont dans ce film de 1974 où elles interprètent deux chanteuses de beuglant, légèrement prostituées sur les bords. Et Zig et Zig, ça fait Zig Zig, vous avez tout compris ! Vous êtes fort(e)s ! Normal, vous lisez le Film du jour...
Mais, remarquez, ça vient peut-être aussi de l'expression "faire zig-zig" (le rouge me monte aux joues...), ce qui ne serait guère étonnant vu le "métier" des deux jeunes femmes. Elles le clament d'ailleurs elles-mêmes dans la chanson du film : "Nous, notre métier, c'est de zig-ziguer !". Vérifiez en écoutant sur le site de Bide et Musique Catherine Deneuve et Bernadette Lafont entonner (je n'ai pas écrit bousiller...) avec un entrain certain la chanson du film.
Le Film du jour n°187 : Zig Zig

Bernadette Lafont et Catherine Deneuve dans Zig Zig (image : www.toutlecine.com)

Productrice du film, Catherine Deneuve a gardé un souvenir mitigé de ce long métrage aujourd'hui passablement oublié. "Je crois que je n'ai jamais été autant attaquée que pour Zig Zig, explique Catherine Deneuve dans le livre qu'ont consacré à l'actrice Philippe Barbier et Jacques Moreau en 1984. J'ai été totalement refusée en tant que prostituée et je crois que mon personnage a profondément déplu au public. Et, bien, sûr, le fait que je sois productrice, cette façon de vouloir assumer en même temps, on n'était pas prêt à me pardonner cela. Car il ne faut pas exagérer, Zig Zig n'est pas le plus mauvais film que j'ai fait. Je ne suis pas sûre que ce soit le meilleur, mais ce n'est pas en tout cas le plus mauvais. Cela dit, je pense que c'est un film insolite et même poétique. Et cet échec commercial ne m'empêchera pas de refaire des films avec de jeunes metteurs en scène, même inconnus, si le sujet me plaît."
Le Film du jour n°187 : Zig Zig

Les mêmes, une jambe en l'air...

Catherine Deneuve a tenu parole depuis, en tournant un certain nombre de premiers ou de seconds films comme ceux de Tony Scott (Les prédateurs, 1983), Elisabeth Rappeneau (Fréquence meurtre, 1988), François Dupeyron (Drôle d'endroit pour une rencontre, 1988), Yves Hanchar (La partie d'échecs, 1993), Thierry Klifa (Le héros de la famille, 2006), Lætitia Colombani (Mes stars et moi, 2008) ou David Charhon (Cyprien, 2009). Et Catherine Deneuve n'a jamais hésité à interpréter des rôles plus ou moins complexes pour des réalisateurs jugés "difficiles" comme Leos Carax, Philippe Garrel, Manoel de Oliveira, Raoul Ruiz, Lars von Trier ou Emmanuelle Bercot.
Zig Zig, l'histoire : Marie (Catherine Deneuve) et Pauline, deux chanteuses de cabaret, se prostituent gentiment et occasionnellement pour s'offrir un chalet à la montagne. Pauline (Bernadette Lafont) est amoureuse d'un guitariste inquiétant (Jean-Pierre Kalfon) qui a enlevé une cantatrice et exige une forte rançon. M. Jean (Hubert Deschamps), un policier à la retraite, résout l'affaire et délivre la pauvre Castafiore. Sur ces entrefaites, Pauline et Marie, que les péripéties ont rapprochées, se découvrent un amour réciproque. Mais M. Jean, qui est amoureux de Marie, veille au grain ! Les surprenant en train de fricoter, il abat Pauline. Non, mais ! Qu'est-ce que c'est que ces façons...
Laszlo Szabo, le réalisateur de Zig Zig, est surtout connu pour ses rôles à l'écran. Né en 1936 à Budapest (Hongrie) et arrivé en France en 1956, l'acteur a connu les beaux jours de la Nouvelle vague française en passant devant les caméras de Claude Chabrol (Les cousins, 1958 ; A double tour, 1959 ; Les bonnes femmes, 1959; Ophélia, 1961), Jacques Baratier (La poupée, 1962), et, surtout, Jean-Luc Godard (Le petit soldat, 1960 ; Vivre sa vie, 1962 ; Alphaville, 1965 ; Pierrot le fou, 1965 ; Made in USA, 1966 ; Week-end, 1967).
Le Film du jour n°187 : Zig Zig

Anna Karina, le dos d'Howard Vernon et Laszlo Szabo dans Alphaville (Godard, 1965)

Laszlo Szabo a aussi joué pour Costa-Gavras (L'aveu, 1969), Claude Berri (Le mâle du siècle, 1974), Michel Deville (Le dossier 51, 1978), Patrice Chéreau (Judith Therpauve, 1978), François Truffaut (Le dernier métro, 1980), Jacques Rivette (L'amour par terre, 1983) ou Eric Rohmer (Les nuits de la pleine lune, 1984). Plus récemment, on l'a vu dans plusieurs films signés par des "héritiers" de la Nouvelle vague comme Arnaud Desplechin (La sentinelle, 1991 ; Esther Kahn, 1998 ; En jouant "Dans la compagnie des hommes", 2002), Olivier Assayas (L'eau froide, 1993) ou Mathieu Amalric (Mange ta soupe, 1997). Pas grand-chose à jeter dans tout ça !
Difficile de trouver un nanar ou une vraie daube dans la filmographie de Laszlo Szabo, à part Girls (1978) de Just Jaeckin (réalisateur d'Emmanuelle) avec une Anne Parillaud tout juste sortie de l'adolescence... et Paroles et musique (Chouraqui, 1984) avec Christophe Lambert et Richard Anconina en chanteurs auxquels on ne croit pas une seule seconde... surtout que, rockers assumés, ils chantent du Michel Legrand !
Le Film du jour n°187 : Zig Zig

Laslo Szabo et Jean-Pierre Léaud dans Made in USA (Godard, 1966) (image : www.allocine.fr © Ciné Classic)

Outre Zig Zig, l'acteur a réalisé un autre film avec Bernadette Lafont, une comédie policière (déjà loufoque) intitulée Les gants blancs du diable (1971), ainsi que deux longs métrages de fiction tournés en Hongrie, dont David, Thomas et les autres (1984) avec Jean-Louis Trintignant et Jean Rochefort.
Laszlo Szabo, que l'on a aussi vu dans certains films signés par des réalisateurs hongrois réputés comme Miklos Jancso (Silence et cri, 1967 ; Sirocco d'hiver, 1969), Marta Meszaros (Marie, 1968 ; Adoption, 1974 ; Comme chez nous, 1978 ; Une mère, une fille, 1981) ou Istvan Szabo (Hanussen, 1988), était encore sur les écrans français en 2007 dans Parc d'Arnaud des Pallières, aux côtés de Jean-Marc Barr et Sergi Lopez.

Publié dans Titres abscons

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