Ciné Classic par Sal Obscur : La Renarde
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Un film de Michael Powell et Emmerich Pressburger (1950), présenté dans la section Trésors et curiosités du Festival Lumière 2026
Cinquième jour du Festival Lumière et arrivée à l’Institut Lumière sur les coups de 8h30, cette fois-ci sous un ciel brumeux. A l’affiche ce matin, la version restaurée de La Renarde (1950) du duo britannique Michael Powell et Emmerich Pressburger, déjà reconnu internationalement avec les chefs-d’œuvre que sont Le Narcisse noir (1946), Une question de vie ou de mort (1946) ou Les Chaussons rouges (1948).
A l’affiche ici la magnifique et talentueuse actrice américaine Jennifer Jones, dont la présence est en partie due au fait que son mari, David O. Selznick (l’homme derrière Autant en emporte le vent et les Hitchcock américains des années 1940), est l’un des coproducteurs du film. Jennifer Jones, qui avait épousé le producteur en 1949, avait déjà été oscarisée pour Le Chant de Bernadette (1943) de Henry King et nommée deux autres fois à l'Oscar de la meilleure actrice, pour Le Poids d'un mensonge (1945) de William Dieterle et Duel au soleil (1946) de King Vidor. (Les trois films avaient été produits par Selznick.)
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Le terme de chef-d’œuvre ne paraît pas vraiment pouvoir s’appliquer à La Renarde, si ce n’est au niveau pictural, la restauration du film faisant ressortir les couleurs flamboyantes d’un Technicolor qui rend hommage à la nature représentée ici, en l’occurrence la campagne anglaise vallonnée des West Midlands à la toute fin du XIXe siècle. Jennifer Jones incarne une jeune femme farouche et indépendante qui interagit de manière fusionnelle avec la nature et dont la mère (décédée) possédait des pouvoirs apparemment magiques. Elle vit seule avec son père, entretient des rapports étroits avec une renarde plus ou moins apprivoisée et doit, en raison d'une sensualité naturelle et non "fabriquée", faire face aux avances d’un châtelain viril, chasseur à ses heures, et à la demande en mariage d’un pasteur, plutôt pot-au-feu. Passion ou raison ? C’est tout l’enjeu du film qui culmine lors d’une chasse tragique, le titre original de La Renarde, Gone to Earth, étant un terme de chasse au renard (traduit dans le doublage français par « Au terrier ! »).
A noter que Selznick, mécontent du travail de Powell et Pressburger, charcuta atrocement la version américaine du film (tout en faisant retourner certaines scènes des mois plus tard par un autre réalisateur) et la sortit sur les écrans sous le titre The Wild Heart. Il va sans dire que c’est la version originale de Powell et Pressburger qui fait référence et qui a été restaurée et présentée lors du Festival Lumière.
Sal Obscur