Mario Adorf (1930-2026)

Publié le par lefilmdujour

Père déclaré du jeune joueur de tambour Oskar (David Bennent) qui refuse de grandir sous le régime nazi dans Le Tambour (1978) de Volker Schlöndorff, Palme d’or du festival de Cannes 1979, entrepreneur et protecteur de la prostituée Lola (Barbara Sukowa) dans l’Allemagne de la fin des années 1950 dans Lola, une femme allemande (1981) de Rainer Werner Fassbinder, oncle Jakob qui accueille le jeune Karl en Amérique dans Amerika, rapports de classe (1984) de Jean-Marie Straub et Danièle Huillet, l’acteur allemand Mario Adorf est décédé le 8 avril 2026 à l’âge de 95 ans. Distingué par de nombreux prix, il a été l’un des acteurs de langues allemande et italienne les plus marquants sur scène, à l’écran et à la télévision à partir des années 1960.

Né à Zurich, Mario Adorf se forme au Kammerspiel de Munich où il se produit jusqu’au début des années 1960. Le comédien fait ses premiers pas sur grand écran dès le milieu des années 1950 et joue des seconds rôles dans de nombreux films du cinéma populaire allemand. A cette époque, il travaille notamment sous la direction du réalisateur Robert Siodmak, de retour outre-Rhin après son exil en 1933 (d'abord en France puis aux États-Unis), et incarne le supposé tueur en série ayant sévi dans l’Allemagne nazie Bruno Lüdke dans Les SS frappent la nuit (1957). Un rôle qui lui vaut d’interpréter par la suite une galerie de « méchants » dans le cinéma teuton comme dans La Révolte des Indiens apaches (1963) de Harald Reinl avec le Français Pierre Brice dans le rôle de Winnetou.

Ursula Andress et Mario Adorf dans Pas folles les mignonnes (1967)

Né d’un père italien, Mario Adorf se produit aussi très régulièrement dans le cinéma transalpin et tourne sous la direction de réalisateurs célèbres comme Luigi Comencini (A cheval sur le tigre, 1961 ; Les Aventures de Pinocchio, 1971), Antonio Pietrangeli (Annonces matrimoniales, 1963 ; Je la connaissais bien, 1965), Valerio Zurlini (Des filles pour l’armée, 1965), Franco Rossi (Une rose pour tous, 1966), Dino Risi (Opération San Gennaro, 1966), Luigi Zampa (Pas folles les mignonnes, 1967), Renato Castellani (Fantômes à l’italienne, 1967), Damiano Damiani (Un juge en danger, 1977)...

Mario Adorf et Johnny Hallyday dans Le Spécialiste (1969)

L'acteur se met aussi au service de spécialistes italiens des films de genre comme Sergio Corbucci (Le Spécialiste, 1969, où il croise Johnny Hallyday), Dario Argento (L’Oiseau au plumage de cristal, 1969), Aldo Lado (Je suis vivant, 1971 ; La Désobéissance, 1981), Fernando Di Leo (Milan calibre neuf, 1971 ; Passeport pour deux tueurs, 1972), Steno (Société anonyme anticrime, 1972), Massimo Dallamano (La Lame infernale, 1974)… Mario Adorf incarne même Benito Mussolini dans L’Affaire Matteoti (1972-1973) de Florestano Vancini.

William Holden et Mario Adorf dans Fedora (1977)

Dans le cadre de productions internationales, l’acteur passe devant la caméra du Soviétique d’origine géorgienne Mikhail Kalotozov (La Tente rouge, 1969), du Polonais Jerzy Skolimowski (Roi, dame, valet, 1971), de l’Autrichien Billy Wilder (Fedora, 1977), de l’Américain Vincente Minnelli (Nina, 1976) et de réalisateurs français comme Yves Ciampi (Qui êtes-vous monsieur Sorge, 1960), Robert Hossein (Le Goût de la violence, 1960), Michel Deville (Tendres requins, 1966), Yves Boisset (Cran d’arrêt, 1969), Bruno Gantillon (Sans sommation, 1972), Robert Enrico (L’Empreinte des géants, 1979)...

Daniel Olbrychski, David Bennent et Mario Adorf dans Le Tambour (1978)

Au cours des années 1970, les cinéastes du nouveau cinéma allemand n’hésitent toutefois pas à faire appel à Mario Adorf à l’instar de Peter Fleischmann (La Faille, 1975), Volker Schlöndorff (L’Honneur perdu de Katarina Blum, 1975 ; Le Tambour) et Rainer Werner Fassbinder (Lola, une femme allemande).

Très présent à la télévision à partir des années 1980, l’acteur revenait régulièrement faire des apparitions au cinéma comme dans Le Pacte Holcroft (1985) de l’Américain John Frankenheimer, Francesco (1988) de l’Italienne Liliana Cavani, Sauf votre respect (1989), le dernier long métrage du Britannique Guy Hamilton, Derniers jours à Clichy (1989) de Claude Chabrol, Présumé dangereux (1989) de Georges Lautner, La Mère (1990) du Russe Gleb Panfilov, Rossini (1997) de l’Allemand Helmut Dietl, Smila (1996) du Danois Bille August…

Publié dans Claps de fin

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