Ardak Amirkoulov (1955-2026)
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Réalisateur de la nouvelle vague du cinéma du Kazakhstan qui a émergé à la fin des années 1980 et au début des années 1990, Ardak Amirkoulov est décédé le 5 août 2026 à l’âge de 70 ans. Il est essentiellement connu pour le film La Chute d’Otrar (1991), fresque démiurgique qui relate la destruction au début du XIIIe siècle de la ville d’Otrar, berceau de la civilisation kazakh, par les Mongols de Gengis Khan. Au scénario on retrouve un certain Alekseï Guerman, réalisateur russe de Vingt jours sans guerre (1976), Mon ami Ivan Lapchine (1982) et Khroustaliov, ma voiture ! (1997), et l’épouse de ce dernier, Svetlana Karmilata.
Selon Jérôme Baron, directeur artistique du Festival des Trois Continents qui a projeté le film par deux fois, lors de ses éditions 1991 et 2011, « l’influence du grand cinéma soviétique est manifeste et croise allègrement des références extérieures. On reconnaîtra aisément l’empreinte d’Ivan le terrible ou d’Andreï Roublev sur ce film d’Ardak Amyrkulov mais aussi celle de certains films historiques d’Akira Kurosawa dont Le Château de l’Araignée et Barberousse. Oui, nous sommes bien devant un film qui nourrit cette ambition-là, où la claustrophobie écrasante de scènes d’intérieur éclairées à la bougie ou à la torche n’a d’égal que la furie dévastatrice des scènes de bataille ».
Sur le site du Forum des images qui a projeté le film en 2025 dans le cadre de L’Étrange festival, on peut lire : « D’une authenticité historique absolue, La Chute d’Otrar est l’avatar d’un cinéma total, un geste épique et poétique qui nous fait ressentir la violence dans la boue, l’apocalypse du massacre et la douleur de la tragédie. Mélangeant le noir et blanc, le sépia et la couleur, voici un chef d’œuvre visionnaire à l’égal de Tarkovski, de Kurosawa ou Guerman ».
A noter que Martin Scorsese a parrainé la sortie du film aux États-Unis où les critiques ont cité Serguei Paradjanov, Akira Kurosawa ou Sergio Leone pour qualifier cette fresque sur la destruction d’une ville et d’un empire – sur la fin d’une civilisation. Selon Marc L’Helgoualc’h (sur le site eastasia .fr), « il est étonnant de découvrir La Chute d’Otrar aujourd’hui et d’y trouver des similitudes avec Il est difficile d’être un dieu, film testament de Guerman sorti en 2013, notamment dans la représentation de l’armée et des soldats dans la boue, le feu, le sang et l’urine ».