Le Film du jour n°152 : Voulez-vous un bébé Nobel ?

Publié le par lefilmdujour

Le Film du jour n°152 : Voulez-vous un bébé Nobel ?
Un film français de Robert POURET (1980) avec Jean-Pierre Marielle, Darry Cowl, Daniel Prévost, Patricia Lesieur, Jacqueline Doyen, Geneviève Grad...
Avec SuperNichons contre mafia, votre rubrique préférée a atteint un sommet dans le trop plein et le surdimensionné... Avec Voulez-vous un bébé Nobel ? la tension retombe un peu, forcément. Son réalisateur, Robert Pouret, se situe quand même lui aussi au top... mais au top de la ringardise. D'ailleurs, il s'est dénoncé lui-même en signant juste avant, en 1978, un film intitulé Les ringards avec, côté masculin, Aldo Maccione, Julien Guiomar, Charles Gérard et Gérard Hernandez, et, côté féminin, Mireille Darc (voir Si elle dit oui, je ne dis pas non), Geneviève Fontanel (voir Rodriguez au pays des merguez), Katia Tchenko et Marthe Villalonga...
Le Film du jour n°152 : Voulez-vous un bébé Nobel ?

Tout est dit...

Né en 1937, Robert Pouret a mis en scène quatre films pour le cinéma en tout et pour tout (faut-il dire heureusement ?). Outre Les ringards et Voulez-vous un bébé Nobel ? on lui doit aussi La soupe froide (1974), histoire de deux Parisiennes qui tentent le retour à la nature en Haute-Ardèche. On y retrouve Julian Negulesco, jeune homme révélé en 1971 par son interprétation du rôle-titre de Bof : anatomie d'un livreur, radioscopie de l'après-68 réalisée par Claude Faraldo. Robert Pouret a également signé Cours après moi que je t'attrape (1975), un gros succès en son temps avec Annie Girardot et Jean-Pierre Marielle.
Avant de passer à la réalisation, Robert Pouret s'était illustré comme technicien du son sur différents longs métrages parmi lesquels Le samouraï (Melville, 1967), More (Schröder, 1969), Le gendarme en balade (Girault, 1970), Le grand bazar (Zidi, 1973), Les valseuses (Blier, 1974) et La bonzesse (Jouffa, 1974).
Le Film du jour n°152 : Voulez-vous un bébé Nobel ?

Retour à la nature pour ce premier film réalisé par Robert Pouret en 1974

Voulez-vous un bébé Nobel ? l'histoire : Le professeur Menzano (Darry Cowl) a mis au point une formule permettant l'insémination artificielle chez la femme (jusqu'ici, tout va bien...). Le professeur Landowski, prix Nobel de physique, accepte de servir de donneur (pourquoi pas ? faut bien que ça serve à quelque chose, un prix Nobel...). Neuf mois plus tard, le bébé parle, quelques instants après l'accouchement (ça commence à craindre...). Informé de la nouvelle par un débat télévisé, un certain Victor Delacroix (Jean-Pierre Marielle, qui en profite pour faire une nouvelle interprétation savoureuse de la beaufitude et de la roublardise) propose au professeur Menzano de commercialiser la semence des hommes d'élite, mettant en avant son désir d'aider financièrement la communauté scientifique (là, le film commence à sentir sérieusement les dessous de bras...). C'est ainsi que naît l'institut... Fécondor.
La suite est un fleuron de la délicatesse et du bon goût français : enlèvements de messieurs et "prélèvements" de force pour répondre à la demande, inséminations de guenons avec du sperme humain pour créer une race de sous-hommes pour les labeurs pénibles, accusation des journalistes contre le "Gang du sperme", dynamitage des énormes réservoirs de semence humaine, etc. N'en jetez plus !
Dans la liste des actrices qui ont osé se commettre dans ce monument de débilité, qui trouve-t-on ?
  • Patricia Lesieur, que l'on a surtout vue à la télévision dans des séries TV dans les années 70 et qui fut également présentatrice sur Antenne 2 (elle eut l'honneur de la couverture de Télé Poche en 1975, sympa, non ?)
  • Jacqueline Doyen, une actrice habituée aux rôles de bourgeoise bon teint, aperçue dans de nombreuses comédies franchouillardes et quelques films égrillards (Sex Shop de Claude Berri en 1972, Sexuellement vôtre de Max Pecas en 1974, Hard Love de Serge Korber en 1975)
  • Dany Saval, la madame à Michel Drucker qui n'en était pas à une crétinerie près (voir Amigo, mon colt à deux mots à te dire pour des détails)
  • Geneviève Grad, un dame qui mérite qu'on s'y attarde un peu.
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Geneviève Grad

Même si le nom - comme ça, à froid - ne vous dit rien, tout le monde se souviendra en effet de la fille de l'inénarrable Cruchot dans trois films de la série des "Gendarme" : Le gendarme de Saint-Tropez (1964), Le gendarme à New-York (1965) et Le gendarme se marie (1968). C'est Geneviève Grad, chanteuse à ses heures, qui y fredonne ce monument impérissable de la chanson française, "Douillou, douillou, douillou Saint-Tropez" (je ne garantis pas l'orthographe...).
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Geneviève Grad, Louis de Funès et Claude Gensac dans Le gendarme se marie (Girault, 1968) (image : www.cinemovies.fr)

Née en 1944, la jeune femme avait déjà une carrière italienne derrière elle quand elle interprète à l'écran la fille de Louis de Funès. Entraperçue en 1959 dans Les dragueurs de Jean-Pierre Mocky, puis vue en 1960 dans Un soir sur la plage de Michel Boisrond (elle y interprète la fille de Martine Carol) et Le capitaine Fracasse de Pierre Gaspard-Huit (aux côtés de Jean Marais), Geneviève Grad avait franchi les Alpes dès 1962 pour s'illustrer dans des péplums et des films de cape et d'épée.
Parmi les longs métrages que l'actrice joua à cette époque en vedette, citons La bataille de Corinthe (1961) de Mario Costa, Hercule, héros de Babylone (1963) de Siro Marcellini et Sandokan, le tigre de Bornéo (1963) d'Umberto Lenzi, trois films avec, respectivement, dans les rôles du musclé de service, Gordon Mitchell, Gordon Scott et Steve Reeves.
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Steve Reeves et Geneviève Grad dans Sandokan, le tigre de Bornéo (Lenzi, 1963)

Après la série des "Gendarme", la carrière de Geneviève Grad s'étiole entre films d'espionnage poussifs (OSS 117 prend des vacances de Pierre Kalfon en 1969), comédies à pleurer (Le maestro de Claude Vital en 1976 avec Jean Lefebvre, Ça va pas être triste de Pierre Sisser en 1983, sa dernière apparition au cinéma à ce jour) et tristes films érotiques comme Un soir une nuit (1968) de Max Kalifa, connu également sous les titres de Flash Love puis de Libertés sexuelles après avoir été agrémenté de scènes X dans les années 70, ou comme Le palais des anges érotiques et des plaisirs secrets (1970), un film brésilien improbable de 1970 signé Walter-Hugo Khoury.
Geneviève Grad et son fils Dimitri (né de sa relation avec Igor Bogdanoff)

Geneviève Grad et son fils Dimitri (né de sa relation avec Igor Bogdanoff)

Dans les années 80, Geneviève Grad mit un terme à sa carrière cinématographique pour élever le fils né en 1976 de sa relation avec Igor Bogdanoff (l'un des jumeaux, mais ne me demandez pas lequel). Devenue par la suite assistante de production à TF1, elle a également été antiquaire et organisatrice d'événements culturels pour la ville de Vendôme, en collaboration notamment avec Annie Chaplin, l'une des filles de Charlie Chaplin.
Ci-dessous, le fameux et inoubliable "Do you do you do à Saint-Tropez" de Geneviève Grad :

Publié dans Titres abscons

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Agata 01/01/2015 19:04

Merci!