Annie Girardot (1931-2011)

Publié le par lefilmdujour

Annie Girardot (1931-2011)
L'actrice française la plus populaire des années 70 a quitté la scène. Annie Girardot est décédée le 28 février 2011 à l'âge de 79 ans. Celle qui interpréta Gabrielle Russier dans Mourir d'aimer (Cayatte, 1970) et Docteur Françoise Gailland dans le film éponyme de Jean-Louis Bertucelli en 1975, deux portraits de femmes libres, fortes, décomplexées et bien dans leur temps, laisse désormais la place à tous les rôles qu'elle a interprétés avec tant de naturel au cinéma entre 1955 et 2011.
Dès le début de sa carrière cinématographique, Annie Girardot avait croisé les plus grands : Jean Gabin dans Le rouge est mis (Grangier, 1957) et Maigret tend un piège (Delannoy, 1957), Alain Delon dans Rocco et ses frères (Visconti, 1960), Lino Ventura dans Le bateau d'Emile (de la Patellière, 1961). Et, en Italie, l'actrice avait joué dès les années 60 pour des cinéastes réputés comme Luchino Visconti (Rocco et ses frères, sur le tournage duquel elle rencontra son futur mari, Renato Salvatori), Marco Ferreri (La mari de la femme à barbe, 1963 ; Dillinger est mort, 1968 ; La semence de l'homme, 1969) ou Mario Monicelli (Les camarades, 1963, face à Marcello Mastroianni).
Annie Girardot (1931-2011)

Annie Girardot et Alain Delon dans Rocco et ses frères (Visconti, 1960) (image : www.toutlecine.com)

La décennie 1970 sera marquée par de très grands succès populaires où le talent d'Annie Girardot, alternant comédies et mélodrames, réunit tous les suffrages : Mourir d'aimer, La vieille fille (J.-P. Blanc, 1971, face à Philippe Noiret), La gifle (C. Pinoteau, 1974, où elle joue la mère d'Isabelle Adjani), Docteur Françoise Gailland (César de la meilleure actrice à la clé), Tendre poulet (1977) et On a volé la cuisse de Jupiter (1977), deux films de Philippe de Broca, toujours face à Philippe Noiret, ou La zizanie (Zidi, 1977) où elle donne la réplique à Louis de Funès.
Annie Girardot (1931-2011)

Annie Girardot dans Docteur Françoise Gailland (Bertucelli, 1975) (image : www.toutlecine.com)

Dans les années 80, faute peut-être de rôles vraiment intéressants, Annie Girardot disparaît petit à petit de l'affiche. Mais Claude Lelouch, avec qui elle a tourné Vivre pour vivre en 1966 (face à Yves Montand) et Un homme qui me plaît en 1969 (face à Belmondo), continue de confier des rôles à l'actrice qui, un temps, partagea sa vie : Partir, revenir (1984), Il y a des jours et des lunes (1990), Les misérables (1994), film pour lequel elle reçoit de manière particulièrement émouvante le César de la meilleure actrice dans un second rôle. Un César qu'elle décrochera à nouveau pour sa formidable interprétation de la mère castratrice d'Isabelle Huppert dans La pianiste (Haneke, 2001). Souffrant de la maladie d'Alzheimer, Annie Girardot a fait ses ultimes apparitions sur grand écran dans C'est beau une ville la nuit (2006) de Richard Bohringer, Boxes (2006) de Jane Birkin et Christian (2007) d'Elisabeth Löchen.
Annie Girardot (1931-2011)

Isabelle Huppert, Michael Haneke et Annie Girardot au moment de la sortie de La pianiste (2001) du réalisateur autrichien (image : www.lexpress.fr)

Mariée en 1962 à Renato Salvatori (1933-1988), Annie Girardot avait une fille, Giulia, née en 1962. Séparée de l'acteur italien, elle avait été aussi la compagne de Claude Lelouch, de Bernard Fresson (son partenaire dans Les feux de la chandeleur, 1972, de Serge Korber) et du musicien Bob Decout. Petite anecdote : Alain Delon ne fit pas vraiment mine de passer à tabac Annie Girardot dans une célèbre scène de Traitement de choc (Jessua, 1972). Ami de Renato Salvatori, l'acteur en profitait pour "punir" l'actrice de sa passion pour Bernard Fresson !

Publié dans Claps de fin

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article