Ciné Classic par Sal Obscur : Les Mois d’avril sont meurtriers
/image%2F0933726%2F20261018%2Fob_ec94f7_mois-d-avril.jpg)
Un film de Laurent Heynemann (1987), présenté dans le cycle Nouvelles restaurations du festival Lumière 2026
Cinquième long métrage pour le cinéma réalisé par Laurent Heynemann (qui cosigne le scénario avec Bertrand Tavernier dont il fut l’assistant), Les Mois d’avril sont meurtriers s’avère une adaptation réussie et très prenante du polar du même nom de Robin Cook. D’autant que le film bénéficie du jeu extraordinaire de Jean-Pierre Marielle, en flic désabusé, teigneux et empreint d’une mélancolie existentielle engendrée par le décès de sa petite fille qui le hante (et à laquelle il s’adresse souvent en voix off). Une prestation d'ailleurs récompensée par le prix du meilleur acteur au festival italien MystFest consacré au polar et au giallo depuis 1973.
Les Mois d’avril sont meurtriers s’articule autour de la traque d’un tueur à gages sadique, ancien mercenaire et possiblement auteur du meurtre sordide sur lequel s’ouvre le film (le corps d’un homme est découvert en plusieurs morceaux préalablement bouillis…). De quasiment tous les plans (le roman dont est tiré le film est écrit à la première personne), le policier joué par Marielle, tout en menant son enquête, met sous pression à intervalles réguliers l’homme qu’il croit coupable (et incarné avec brio par Jean-Pierre Bisson). L’occasion de nombreuses scènes où les deux personnages s’affrontent et se confrontent et qui constituent de vrais bijoux d’écriture (avec des répliques à l’emporte-pièce de Jean-Pierre Marielle qui s’avèrent souvent particulièrement caustiques).
/image%2F0933726%2F20261018%2Fob_adb37c_laurent-heynemann.jpg)
Thierry Frémaux, directeur de l'Institut Lumière, et le réalisateur Laurent Heynemann, avant la projection des Mois d'avril sont meurtriers le samedi 17 octobre
Le tout se passe dans des banlieues sinistres et des lieux déshumanisés qui contribuent au caractère mélancolique, voire mortifère, du film. De magnifiques seconds rôles rendent l’œuvre encore plus attachante, avec la présence notamment de François Berléand (qui sera consacré par le grand public dix ans plus tard) et de Brigitte Roüan (qui réalisera son premier long métrage, Outremer, deux ans plus tard).
A noter la présence de Nils Tavernier, le fils de Bertrand Tavernier, dans le petit rôle d’un jeune policier rendu malade par la vision du cadavre au début du film. C’est le réalisateur Laurent Heynemann qui a présenté lui-même le film avant sa projection et qui a pu confier à cette occasion quelques anecdotes intéressantes et parfois savoureuses.
Sal Obscur