Ciné Classic par Sal Obscur : Un homme et une femme

Publié le par lefilmdujour

Un film de Claude Lelouch (1965)

Il n’est jamais trop tard pour visionner des films qui font partie de l’histoire du cinéma et que, pour des raisons diverses et variées, nous n’avions jamais eu l’occasion de voir. Un homme et une femme faisait partie de ces fameux longs métrages auxquels l’auteur de ces lignes avait donc jusqu’ici échappé à son corps plus ou moins défendant. Mais la « faute » est aujourd’hui réparée.

Avec Un homme et une femme, tout le style Lelouch est déjà là : virtuosité de la caméra, apparente spontanéité des prises de vue, scènes improvisées, passion inextinguible pour la vitesse (avec de longs travellings sur des voitures de sport lancées à toute allure, des caméras embarquées sur des bolides et des prises de vue de courses automobiles célèbres, comme le rallye de Monte-Carlo ici)… A cela viennent s’ajouter des variations de couleurs (noir et blanc, sépia, bleutées, couleurs vives), une musique et des chansons qui marquent les esprits à tout jamais (Da ba da ba da, ba da ba da bab…) et un romantisme inextinguible.

Côté scénario, tout tient pourtant en trois lignes. Un coureur automobile (Jean-Louis Trintignant), une script-girl (Anouk Aimée) se croisent, s’apprécient, échangent sur leur passé, s’engagent dans une idylle, mais finalement se repoussent avant de se retrouver sur un quai de gare dans une sorte d’apothéose.

Un homme et une femme, le film, s’aligne par ailleurs sur la symétrie de son titre, ce qui ne semble pas fortuit et a tout pour séduire les esprits mathématiques (surtout s’ils cèdent aussi à des inclinations un tantinet fleur bleue). Ainsi Jean-Louis (le personnage est doté du prénom de l’acteur) a un fils, Anne (jouée par Anouk Aimée) a une fille. Les deux enfants sont inscrits dans la même pension à Deauville, leurs parents habitent Paris. Et c’est parce qu’Anne a raté son train qui doit la ramener à la capitale que Jean-Louis lui propose de l’emmener sur Paris dans sa voiture, point de départ de leur histoire.

Cascadeur, le mari d’Anne (joué par Pierre Barouh, qui n’est pas seulement acteur, mais également auteur-compositeur-interprète) est mort dans un accident de tournage. L’épouse de Jean-Louis (incarnée par Valérie Lagrange qui, dans la vraie vie, est elle aussi auteure-compositrice-interprète) s’est, quant à elle, suicidée… Les époux disparus respectifs sont montrés aux spectateurs lors de plusieurs flash-backs (en couleurs).

A noter aussi que « l’intrigue » du film, hormis ces flash-back, se noue sur la ligne plus ou moins droite qui relie Paris et Deauville, tandis que plusieurs scènes clés, notamment lorsque Anne et Jean-Louis sont tout à leur joie de se retrouver, sont filmées avec une caméra qui suit une trajectoire circulaire (aux moments où la boucle semble ou s’avère bouclée, pourrait-on dire).

On insistera sur le fait que le film, d’un point de vue musical, est loin de se limiter à la chanson-titre entonnée par Nicole Croisille et Pierre Barouh. On y trouve aussi le magnifique titre Samba Saravah de Vinicius de Moraes chanté par Pierre Barouh qui en signe les paroles françaises.

Palme d’or (alors Grand Prix) du festival de Cannes 1966, Oscar 1967 du meilleur film étranger et du meilleur scénario original, Un homme et une femme est absolument magnifié par Anouk Aimée, dont la prestation a été couronnée d’un Golden Globe de la meilleure actrice dans un film dramatique.

Sal Obscur 

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