La BO du soir n°530 : Casablanca
Si la musique de la bande originale de Casablanca (1942) est bien signée par le célèbre Max Steiner, oscarisé par trois fois pour d’autres films, le long métrage de Michael Curtiz, Oscar 1943 du meilleur réalisateur pour son travail, fait entendre l’hymne français aux spectateurs.
Dans une scène clé et culte du film, dont l’action se passe pendant la Seconde Guerre mondiale à Casablanca au Maroc, ville alors contrôlée par le gouvernement de Vichy, une « battle » avant l’heure oppose dans le café de Rick (joué par Humphrey Bogart) un groupe d’officiers allemands qui se mettent à chanter Die Wacht am Rhein, un hymne patriotique teuton, au reste de l’assemblée emmenée par un chef de la résistance tchèque, incarné par Paul Henreid.
Dans l’assistance, on reconnaîtra bien sûr Ingrid Bergman, Claude Rains (qui joue le capitaine de la police française) mais aussi la Française Madeleine Lebeau qui faisait là ses quasi-débuts d’actrice. Elle est la jeune fille qui chante les larmes aux yeux et qui conclut la scène en criant « Vive la France ! ». Alors âgée d’à peine 20 ans, Madeleine Lebeau avait suivi l’acteur Marcel Dalio, de 23 ans son aîné, qu’elle avait épousé en 1939 et qui avait été contraint de quitter la France, menacé par les lois antijuives.
Au moment où elle criait « Vive la France ! » devant la caméra, la France était encore occupée. Lors de son décès en 2016, l’alors ministre de la Culture avait indiqué que le visage de Madeleine Lebeau resterait à jamais celui de la France de la Résistance.
Lors de la 16e cérémonie des Oscars du 2 mars 1944 qui honorait les films de l’année 2023, Casablanca est reparti avec les Oscar du meilleur film, du meilleur réalisateur et du meilleur scénario adapté. On rappellera que le film est aussi connu pour la chanson As Time Goes By, datée de 1931, qui n’a donc pas été écrite pour le film. Elle est interprétée dans le long métrage par l’acteur, chanteur et batteur de jazz Dooley Wilson.
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