La pépée du jour n°17 : Tania Beryl (1942-)

Publié le par lefilmdujour

Publié en 1944 par l’écrivain britannique James Hadley Chase, six ans après Pas d’orchidées pour Miss Blandish, son roman le plus célèbre, Miss Shumway jette un sort (Miss Shumway Waves A Hand en v.o.) met en scène Myra Shumway, une jeune femme fugueuse recherchée par un journaliste. Une jeune femme qui, suite à un rite initiatique, se voit dotée de pouvoirs extraordinaires… dont celui de se dédoubler.

Le roman est porté pour la première fois à l’écran en 1962 par le réalisateur Jean Jabely dans le cadre d’une coproduction franco-argentine baptisée sous nos latitudes Une blonde comme ça.

Le rôle-titre est confié à une certaine Tania Beryl, magnifique créature malheureusement ignorée par les historiens du cinéma. Tellement ignorée que l’on sait tout juste qu’elle est née le 22 février 1942, en Allemagne selon toute probabilité, qu’elle fut danseuse, qu’elle a joué dans une dizaine de longs métrages (généralement oubliés) dans les années 1960 et qu’elle est créditée sous diverses orthographes (Taïna Beryl, Taina Beryll, Tania Béryl, Tania Beryl, Taine Berjll…). Et c’est quasiment tout.

Restent des photos ici ou là, preuves de la grande beauté de celle que l’on nommera désormais ici Tania Beryl (pour simplifier).

Tania Beryl apparaît pour la première fois sur grand écran en 1961 aux côtés du comique italien Toto dans Toto, Peppino et la douceur de vivre (1961) de Sergio Corbucci, film qui réunit une nouvelle fois les humoristes et comédiens Toto et Peppino De Filippo et dont le titre se veut un clin d’œil à La dolce vita (a.k.a. La Douceur de vivre) (1959) de Federico Fellini sorti sur les écrans quelques mois plus tôt. L’actrice enchaîne avec Une blonde comme ça film cité plus haut et réputé pour l'habileté de ses trucages, puis sur deux productions franco-françaises.

Francis Blanche, Tania Beryl et Darry Cowl dans L’Abominable homme des douanes (1963)

Dans L’Abominable homme des douanes (1962) de Marc Allégret, Tania Beryl joue la petite amie d’un trafiquant de drogue dénommé Arnakos (campé par Francis Blanche) dont la bande, à la suite d’un quiproquo, prend un simple douanier (Darry Cowl) pour le tueur chargé d’effectuer une livraison à leur chef.

Le douanier se conduira en héros, coffrera tout le monde et se paiera du bon temps avec la pépée de service, Tania Beryl en l’occurrence.

Cette dernière est aussi à l’affiche de L'Inconnue de Hong-Kong (1963) de Jacques Poitrenaud, long métrage où elle a l'occasion de chanter avec Dalida ! On y suit deux artistes (jouées par Dalida et Tania Beryl), engagées pour pousser la chansonnette dans un cabaret de Hong-Kong et plongées malgré elles dans une vague histoire de trafic de diamants.

Le film est tourné sur les lieux mêmes de l'action, ce qui donne l'occasion au spectateur de découvrir une étonnante cité pas encore envahie par les buildings et les gratte-ciel (rien à voir donc avec la mégalopole vue dans les Largo Winch). Mais tous les Chinois croisés par nos deux héroïnes - jusqu'aux habitants des bas-fonds de la ville - parlent français. Ce qui facilite bien des choses, mais qui risque de chiffonner quelque peu même le plus crédule des pékins moyens...

Tania Beryl, Serge Gainsbourg et Dalida dans L'Inconnue de Hong-Kong (1963)

L’intérêt de cet œuvrette réside essentiellement dans les chansons interprétées par une Dalida qui se voyait confier là un premier rôle dans un film français et qui, en tant qu'actrice, ne démérite pas, bien au contraire. Dans le tas, on retiendra deux chansons interprétées en duo, l'une avec Serge Gainsbourg himself ("Rues de mon Paris"), l’autre avec Tania Beryl donc ("Que la vie était jolie").

Tanya Beryl dans Viol de nuit (1967)

On croisera encore l’actrice dans un film italien obscur qui semble avoir connu pas mal de problèmes de diffusion (Piu tardi Claire, piu tardi…, 1965) de Bruno Rondelli, puis dans Don Camillo en Russie (Comencini, 1965), le dernier de la série avec Fernandel dans le rôle-titre, le film d’espionnage Berlin : opération laser (Sala, 1966) (avec Dana Andrews et Anna-Maria Pierangeli), où les Soviétiques greffent à son insu une caméra dans l’œil d'un espion, et le film austro-allemand Viol de nuit (H. Frank, 1967).

Tania Beryl disparaît alors définitivement de l’écran (à l’exception d’un petit rôle dans la minisérie Cuore, 1984, de Luigi Comencini, adaptation d’une œuvre d’Edmundo De Amicis avec Johnny Dorelli, Bernard Blier, Andréa Ferréol et Laurent Malet qui a connu une sortie sur les écrans français dans une version raccourcie).

La pépée du jour n°17 : Tania Beryl (1942-)

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