Ciné actu par Jean Aymar de Thou : Juste une illusion
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Un film d’Olivier Nakache et Éric Toledano (2025), sorti en salles le 15 avril 2026
Avec Juste une illusion, leur neuvième collaboration après d’incontestables réussites comme Intouchables (2011), Le Sens de la fête (2016) et Hors normes (2018), le duo Nakache-Toledano frappe encore juste avec un retour (un peu) nostalgique dans les années 1980, idéalement reconstituées.
On est en 1985 précisément, à un moment où la France bascule d’une période considérée par certains comme « heureuse » vers une ère où, irrésistiblement, les ennuis vont s’accumuler pour les Français. A ce titre, Juste une illusion, qui se concentre sur un jeune de 12 ans lui aussi dans une période charnière, celle de l’adolescence (éveil aux choses du sexe avec les K7 vidéo, premiers émois amoureux, questionnements sur l’existence, préparation de sa bar-mitzvah…), pointe explicitement, côté négatif, la montée du chômage de masse et, côté positif, l’émancipation professionnelle de la gent féminine.
Cela dit, le film reste une comédie parfaitement bien huilée et on saluera les prestations des deux acteurs qui jouent les parents du jeune Vincent (Simon Boublil, fils du comédien Philippe Torreton). Dans un duo qui s’entend comme chien et chat, Camille Cottin et Louis Garrel étincellent, d'autant qu'ils sont particulièrement bien servis par des dialogues, parfois hilarants, qui font mouche. Pierre Lottin en gardien d’immeuble un peu trop entreprenant avec la mère de famille, est lui aussi irrésistible tout comme Alexis Rosenstiehl qui campe un grand frère plutôt rock'n'roll.
Oscillant entre passages pleins de tendresse et d’émotion et moments comiques (en particulier ceux liés aux tribulations de la fameuse K7 du film porno La Ruée vers Laure volée dans un vidéoclub par Vincent et ses copains), Juste une illusion, dont le titre évoque Just An Illusion, la chanson du groupe Imagination, emblématique des années 1980 où les choses étaient beaucoup plus « légères » qu’aujourd’hui, est une vraie réussite et un grand moment d’évasion. On en a bien besoin.
Jean Aymar de Thou