Lea Massari (1933-2025)
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Jeune femme disparue dont l’ombre plane sur L’avventura (1960) de Michelangelo Antonioni alors que son compagnon (Gabriele Ferzetti) et sa meilleure amie (Monica Vitti) tentent vainement de la retrouver, avocate défendant des combattants algériens et enlevée par un légionnaire déserteur (Alain Delon) missionné par l’OAS dans L’Insoumis (1964) d’Alain Cavalier, épouse du personnage joué par Michel Piccoli dans Les Choses de la vie (1969) de Claude Sautet, mère incestueuse dans Le Souffle au cœur (1970) de Louis Malle, l’actrice italienne Lea Massari est décédée le 23 juin 2025 à l’âge de 91 ans.
C’est dans le rôle d’une paysanne dans Du sang dans le soleil (1955) de Mario Monicelli que débute au cinéma la jeune femme après des études d’architecture. La célébrité internationale arrive avec Rien que nous deux (1956) de Renato Castellani où elle est incarne une étudiante malicieuse.
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Lea Massari et Monica Vitti dans L'avventura (1960)
En 1960, alors qu’elle débute au théâtre, Lea Massari obtient un rôle mémorable dans L’avventura d’Antonioni. « Aux méandres psychanalytiques de son personnage dramatique correspondent très bien sa récitation nerveuse, pleine de nuances, et son expressivité », peut-on lire dans le Dictionnaire du cinéma des éditions Larousse. La même année que L’avventura, Lea Massari tourne Ça s’est passé à Rome (1960) de Mauro Bolognini, film tiré d’une nouvelle d’Alberto Moravia et œuvre ancrée dans le néoréalisme mais dont les accents évoquent la Nouvelle Vague française. L’actrice y donne la réplique à Jean Sorel.
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Lea Massari enchaîne avec le péplum Le Colosse de Rhodes (1960) de Sergio Leone, la comédie sociale Une vie difficile (1961) (avec Alberto Sordi, photo ci-contre) et le film I sogni muoiono all’alba (Craveri, Gras et Montanelli, 1962) de Nanni Loy qui suit cinq journalistes italiens lors des dernières heures de la révolution hongroise de 1956 contre le régime communiste.
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Lea Massari tourne alors pour Alain Cavalier (L’Insoumis), Carlos Saura (Les Bandits, 1964 ; Le Jardin des délices, 1967), Valerio Zurlini (Des filles pour l’armée, 1965 ; Le Professeur, 1972, où elle retrouve Alain Delon, photo ci-dessus), Claude Sautet (Les Choses de la vie), Louis Malle (Le Souffle au cœur).
Lea Massari croise Jean-Louis Trintignant dans La Course du lièvre à travers les champs (1971) de René Clément et L’Ordinateur des pompes funèbres (1975) de Gérard Pirès, retrouve Michel Piccoli dans La Femme en bleu (1972) de Michel Deville et Le Divorcement (1978) de Pierre Barouh, donne la réplique à Yves Montand dans Le Fils (1972) de Pierre Granier-Deferre, à Lino Ventura dans Le Silencieux (1972) et La Septième cible (1984) de Claude Pinoteau, incarne la mère de Jacques Dutronc dans Violette et François (1976) de Jacques Rouffio. Elle est aussi au générique de Peur sur la ville (1974) d’Henri Verneuil avec Jean-Paul Belmondo en vedette.
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Cette constance à travailler avec des acteurs et réalisateurs hexagonaux vaut à Lea Massari le qualificatif de « la plus française des actrices italiennes ».
Tout en continuant de s’illustrer dans le meilleur du cinéma italien avec ses rôles dans Allonsanfan (1974) de Paolo et Vittorio Taviani et Le Christ s’est arrêté à Eboli (1978) de Francesco Rosi, la comédienne passe aussi devant la caméra du Suisse Michel Soutter (Repérages, 1977), de l’Espagnol Antonio Isasi-Isasmendi (Les Crocs du diable, 1976), de la Franco-belge Chantal Akerman (Les Rendez-vous d’Anna, 1978).
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Parmi les derniers films tournés par Lea Massari, on citera, outre La Septième cible, La Flambeuse (1980) de Rachel Weinberg (avec Laurent Terzieff et Gérard Blain) et Sarah (1983) de Maurice Dugowson (avec Gabrielle Lazure et Jacques Dutronc).
L’actrice avait considérablement réduit son activité artistique à partir du milieu des années 1980 pour se consacrer résolument à l’écologie et à la défense des animaux et était rarement apparue en public depuis 1990, année de son dernier film Viaggio d’amore d'Ottavio Fabbri avec Omar Sharif).