Le Film du jour n°171 : Trois filles nues dans l'île de Robinson

Publié le par lefilmdujour

Le Film du jour n°171 : Trois filles nues dans l'île de Robinson
Titre original : Robinson und seine wilden Sklavinnen
Un film allemand de Jesus FRANCO (alias Jess FRANCO) (1971) avec Anne Libert, Andrea Rau, Inge Steinbach, Yuda Barkan, Howard Vernon...
Dès son origine, le cinéma s'est intéressé à Robinson Crusoé. Le personnage créé par l'écrivain Daniel Defoe fut porté à l'écran dès 1913, avec le futur réalisateur Robert Z. Leonard dans le rôle-titre (Robinson Crusoe, Otis Turner). Lorsque le cinéma devint parlant, plusieurs adaptations relativement fidèles au roman virent le jour. La plus réputée reste celle que Luis Bunuel signa en 1952 (Les aventures de Robinson Crusoé), le metteur en scène espagnol en faisant, selon Jean Tulard, "une vaste réflexion sur le silence, ou plus exactement, sur l'absence de Dieu et sur la fraternité humaine".
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Signée Luis Bunuel, cette adaptation des aventures de Robinson Crusoé serait l'une des plus réussies

L'acteur français Georges Marchal, pour sa part, endossa la défroque du naufragé dans Robinson Crusoé/Le naufragé du Pacifique (1951) de Jeff Musso, une œuvre qui, semble-t-il, ne fut jamais distribuée sur les écrans français. Les irlandais Peter O'Toole et Pierce Brosnan incarnèrent aussi Robinson Crusoé sur grand écran... mais les deux films, heureusement pour nous peut-être, n'atteignirent jamais les rivages hexagonaux.
Les Soviétiques s'emparèrent également du célèbre roman pour en tirer deux longs métrages pour le cinéma : Robinzon Cruzo (Aleksandr Andriyevski, 1946) et La vie et les aventures extraordinaires de Robinson Crusoé (Stanislav Govoroukhine, 1972). Le premier des deux, non sorti sur les écrans de l'Hexagone, est considéré comme le premier long métrage soviétique en 3D.
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Un film scientifiquement authentique... on croit rêver ! (image : www.fan-de-cinema.com)

Outre diverses versions pour la télévision et plusieurs dessins animés, les aventures de Robinson Crusoé firent également l'objet d'adaptations modernisées plus ou moins farfelues. Citons notamment Robinson moderne (Sutherland, 1932) avec le bondissant Douglas Fairbanks, Robinson Crusoé sur Mars (Haskin, 1962) (présenté sur l'affiche américaine comme scientifiquement authentique !), Lieutenant Robinson Crusoé (Byron Paul, 1964), et, parmi les derniers avatars à ce jour, Seul au monde (Zemeckis, 2000), avec Tom Hanks (qui décrocha une nouvelle nomination à l'Oscar du meilleur acteur à cette occasion).
Une version érotique est également disponible... Baptisé très justement The Erotic Adventures of Robinson Crusoe (Dixon, 1975) et distribué sous le titre secondaire Never on Friday (rires !!!), le film - que les hétéros se rassurent illico - ne met pas en scène les ébats amoureux de Robinson avec son fidèle Vendredi (Friday pour ceux qui ne parlent pas anglais...). Non, car sur l'île, il y a aussi de jolies filles répondant aux doux noms de Saturday, Monday, Tuesday, Wednesday, Thursday et Sunday. Bref, toute la semaine, à l'exception de Friday (comme le titre secondaire l'indique fort à propos), passe à la casserole ! Dans ces conditions, il était évident que le très prolifique réalisateur espagnol Jesus Franco (voir Deux espionnes avec un petit slip à fleurs) s'intéressât, lui aussi, à l'histoire du naufragé solitaire !
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Affiche italienne de Trois filles nues dans l'île de Robinson (image : www.movieposterdb.com)

Trois filles nues dans l'île de Robinson, l'histoire : Petit chimiste timide, Robinson Crusoé (interprété par l'acteur israélien Yuda Barkan) a inventé une potion qui transforme ses fantasmes en réalités. Il se retrouve projeté sur une île déserte où deux jeunes femmes peu farouches (Anne Libert et Inge Steinbach) s'emploient à satisfaire tous ses désirs. Une troisième fille (Andrea Rau), qui n'est autre que l'amie dans la vraie vie de notre scientifique coincé, se joint bientôt au trio. Mais tout commence à tourner en eau de boudin quand surgit l'employeur de Robinson, sa femme, sa belle-mère et un primitif du cru (Howard Vernon, acteur fétiche de Jesus Franco, déguisé en indigène avec un pagne acheté à Prisunic).
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Anne Libert en couverture d'un Ciné-Revue de 1974

Que diriez-vous d'un petit mot sur les trois fameuses filles nues du titre ? Le nom de la belge Anne Libert, née en 1946, est indissociablement lié à la vogue du film érotique français. Mais l'actrice écuma d'abord les productions de Jesus Franco. Car, non contente de jouer dans Trois filles nues dans l'île de Robinson, Anne Libert se trémousse aussi dans La fille de Dracula (1971), Dracula, prisonnier de Frankenstein (1971), Les démons (1971), Une vierge chez les morts-vivants/Christina, princesse de l'érotisme (1971), Les expériences érotiques de Frankenstein (1972), Journal intime d'une nymphomane (1972), Les ébranlées (1973), Quartier de femmes/Violences érotiques dans une prison de femmes (1973) (oui, je sais, ça fait beaucoup d'érotisme d'un seul coup...).
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Anne Libert en tête d'affiche d'un autre film de Jesus Franco

On la voit aussi se trimbaler en petite tenue dans les films du Français Jean-François Davy comme Bananes mécaniques (1972), Prenez la queue comme tout le monde (1972) (l'homme a de l'humour !) et Q (1974). Anne Libert livre aussi sa plastique irréprochable dans les œuvres de Jean-Claude Roy (La maffia du plaisir, 1971), Michel Lemoine (Les mésaventures d'un lit trop accueillant, 1973), Max Pecas (Club privé, 1973), Claude Mulot (alias Frédéric Lansac) (Les charnelles, 1973) ou Serge Korber (alias John Thomas) (Hard Love).
Le cinéphile exigeant l'aura quand même aperçue dans des films "sérieux" comme Le vice et la vertu (Vadim, 1962, avec Catherine Deneuve et Annie Girardot), Charlie et ses deux nénettes (Séria, 1973, avec Jean-Pierre Marielle et Jeanne Goupil), Le chat et la souris (Lelouch, 1975, avec Michèle Morgan et Serge Reggiani) ou Le bon et les méchants (Lelouch, 1975, avec Jacques Dutronc et Marlène Jobert).
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Une autre "pépite" dans la filmographie d'Anne Libert (image: www.encyclocine.com)

Ah, j'oubliais : Anne Libert garde ses vêtements dans deux scènes où elle "interprète" la secrétaire de l'industriel joué par Paul Préboist dans Y a un os dans la moulinette ! (André, 1974). J'écris "interprète" entre guillemets car Anne Libert est loin d'être une très grande comédienne... mais ce n'est pas bien grave puisque ses principaux atouts se situent à un autre niveau !
Dans la vraie vie, la dame est la fille de Jean Libert, un écrivain de romans d'espionnage qui, en tandem avec Gaston Van Denpanhuyse, signait ses ouvrages sous le nom de Paul Kenny. Ce monsieur créa le personnage de Coplan, agent secret français du Deuxième bureau qui fut notamment porté à l'écran sous les traits de Henri Vidal (Action immédiate, M. Labro, 1957), Dominique Paturel (Coplan prend des risques, M. Labro, 1964) et Claudio Brook (Coplan sauve sa peau, Boisset, 1967).
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Andrea Rau dans Les lèvres rouges (Kümel, 1971) (image : www.fantasiafestival.com)

Spécialiste des rôles de soubrette aux mœurs légères, Andrea Rau, quant à elle, est une habituée des films polissons allemands avec, à son actif, des titres de gloire comme Les petites chattes se mettent au vert (1969) de Franz Antel (voir Les 69 Dalmatiennes), L'hôtel du vice (Olsen, 1970) avec, quand même, Curd Jürgens au générique, et Les butineuses (Weeran, 1973). Andrea Rau donne également la réplique à la grande Delphine Seyrig dans Les lèvres rouges (Kumel, 1971), adaptation modernisée de l'histoire de la comtesse Bathory.
Enfin, Inge Steinbach, également connue sous le nom d'Ingeborg Steinbach (ça change tout !), s'est aussi illustrée dans Mieux vaut être riche et bien portant que fauché et mal foutu (Pecas, 1980) (vérifiez sur l'affiche, son nom y est bien écrit !!!). Côté polissonneries, elle a aussi donné, avec des exhibitions dans Il vaut mieux coucher avec une sirène que dormir la fenêtre ouverte (Billian, 1970), Comment j'explique la sexualité à mon enfant ? (Cämerrer & Schwarze, 1970), Sexe motorisé (Axel, 1972) et Les provocatrices ou le sexe à l'école (Hofbauer, 1972).
Sur ce, douche froide pour tout le monde !

Publié dans Titres étranges

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Dirty Max 666 19/05/2012 19:11

C'est grâce à une Vhs usée de "La fille de Dracula" que j'ai pu découvrir jadis, les charmes d'Anne Libert (et ceux de Britt Nichols). C'est d'ailleurs une speakerine qui présentait le film de
Franco sur la K7 en question ! Ah, le bon vieux temps de la bande magnétique...En revanche, je n'ai pas encore eu la chance de mater ces "Trois filles nues..." mais ça m'a l'air bonnard.