Jean-Claude Roy (1933-2018)

Publié le par lefilmdujour

L’éditeur de DVD et de Blu-ray Le Chat qui fume nous apprend le décès du réalisateur et producteur Jean-Claude Roy, disparu le 7 août 2018 à l’âge de 85 ans.

Sous le pseudonyme de Patrick Aubin, Jean-Claude Roy avait signé (dixit les spécialistes) les meilleurs films pornos de la fin des années 70 et du début des années 80 (Langue de velours, Les zizis en folie, Maîtresse pour couple, Les après-midi d'une bourgeoise en chaleur, remake X du Belle de jour de Luis Buñuel, etc.).

Avant cette période débridée, Jean-Claude Roy fut un digne représentant d'un certain cinéma populaire français en touchant à différents genres comme la comédie, l'érotisme et le polar. Il passe à la réalisation dès les années 50 avec des films dits "de cabaret", comme Un printemps à Paris (1957), où défilent des célébrités de l'époque (Charles Trenet, Zappy Max, Jean Tissier) ou Une nuit au Moulin-Rouge (1958), avec la magnifique Tilda Thamar (vue aussi aux côtés de Luis Mariano dans Le chanteur de Mexico et chez Jesus Franco dans Les prédateurs de la nuit).

Du cabaret à l'érotisme à alibi sociologique, il n'y a qu'un pas et Jean-Claude Roy le franchit sans états d'âme en 1963 avec les fameuses Stripteaseuses, ces femmes que l’on croit faciles. Viendront ensuite Dossier Prostitution (1969) et La mafia du plaisir (1970). Il signe aussi à la même époque une adaptation des Petites filles modèles de la comtesse de Ségur, avec d'anciennes "gloires" comme Michèle Girardon, aperçue au cinéma chez Buñuel (La mort en ce jardin, 1956) et Rohmer (Le signe du lion, 1959) ainsi qu'à la TV dans "Les chevaliers du ciel", ou Bella Darvi (inoubliable dans L’Égyptien de Michael Curtiz, 1954). Côté comédies, on lui doit un sketch des Combinards (1964) avec Darry Cowl et Michel Serrault, ainsi qu'un nanar avec Paul Préboist, Y a-t-il un pirate sur l'antenne ? (1983).

Les polars de Jean-Claude Roy ont mieux résisté au temps. C'est le cas de L'insolent (1972). Le rôle principal y est interprété par Henry Silva, l'une des "gueules" les plus célèbres des films de gangsters américains. L'insolent fut d'ailleurs projeté il y a quelques années à la Cinémathèque française dans le cadre d'un double programme, les heureux spectateurs ayant pu se rincer l'œil dans la foulée avec Éducation anglaise (1982) du même, film érotique soft avec Brigitte Lahaie et Jean-Claude Dreyfus. "Éducation anglaise replonge dans la France des années 30, ses rigides pensionnats de jeunes filles, son ébullition politique, pour inventer une fable morale et perverse... comme si l'âge d'or du sexe explicite devait, en toute logique, réinventer un érotisme à la fois dérisoire et cérébral, cynique et allusif", pouvait-on lire sur le programme de la Cinémathèque.

L’un des derniers films réalisés par Jean-Claude Roy est un petit polar de série B intitulé Massacres (1991). Principaux protagonistes : Charley Boorman (fils du réalisateur du même nom), Pierre Clémenti et Takashi Kawahara (acteur nippon, comme son patronyme l'indique, aperçu aussi chez Manoel de Oliveira - Le soulier de satin, 1985, Gérard Oury - La vengeance du serpent à plumes, 1984 - et Claude Zidi - La zizanie, 1978).

Publié dans Claps de fin

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