Michel Lemoine (1922-2013)

Publié le par lefilmdujour

Michel Lemoine (1922-2013)
L'acteur et réalisateur français Michel Lemoine, bien connu des amateurs de cinéma bis, est décédé le 27 juillet 2013 à l'âge de 90 ans.
Michel Lemoine avait fait ses premiers pas à l'écran sous le haut patronage de Sacha Guitry qui l'embaucha pour Le diable boiteux (1948) sans qu'il soit crédité toutefois, puis pour Le trésor de Cantenac (1950). On l'aperçoit aussi, semble-t-il, chez Julien Duvivier (La fête à Henriette, 1952).
Michel Lemoine (1922-2013)

Michel Lemoine (à droite) dans La vengeance du masque de fer (De Feo, 1961) (image : www.toutlecine.com)

Au début des années 60, Michel Lemoine céda aux sirènes du cinéma italien comme beaucoup d'autres acteurs français. Il s'y fait une petite réputation dans les films de série B, tels Le monstre aux yeux verts (R. Ferrara, 1962), Hercule contre Moloch (Ferroni, 1963), Le sabre de la vengeance (Savona, 1963), Les possédées du démon (Josipovici & Molteni, 1964), Arizona Bill (M. Bava, 1964), Agent 3S3, massacre au soleil (Sollima, 1966), etc. Bref, tous les genres ou presque y passent et, la plupart du temps, notre homme se voit confier de gentils rôles d'ordure, de fumier ou de salopard...
A la fin des années 60, sa femme, l'actrice Janine Reynaud, qui mène aussi une carrière en Italie (on la verra en 1971 dans le giallo La queue du scorpion de Sergio Martino passer l'arme à gauche de la plus belle des manières), lui présente Jesus Franco. Michel Lemoine va alors tourner plusieurs films avec le "maître" espagnol (voir Deux espionnes avec un petit slip à fleurs) et, notamment, Necromicon (1968) où joue également Janine Reynaud.
Michel Lemoine (1922-2013)

Le premier film réalisé par Michel Lemoine, avec Janine Reynaud, son épouse de l'époque (image : www.canal-plus.com)

Parallèlement, l'acteur côtoie les futurs papes de l'érotisme français. Michel Lemoine est ainsi aux génériques de plusieurs films de José Bénazéraf (voir Le désirable et le sublime) comme Concerto de la peur (1962), Joe Caligula (1969) et Frustration (1971) (on retrouve d'ailleurs une certaine Elisabeth Teissier dans cette dernière bande, si, si). On le voit aussi dans Le seuil du vide (1971) et La débauche (1972) de Jean-François Davy, et dans Je suis une nymphomane (1971) de Max Pecas. C'est donc en 1971 dans le genre érotique que, tout naturellement, Michel Lemoine démarre véritablement sa carrière de réalisateur, et ce avec Les désaxées, histoire d'un couple échangiste fortement autobiographique (Michel Lemoine et Janine Reynaud se sont arrogés les rôles principaux pour ne pas perdre la main...).
Michel Lemoine (1922-2013)

Michel Lemoine et Howard Vernon dans Les week-ends maléfiques du comte Zaroff (Lemoine, 1976)

Suivront, dans le même registre, Les mésaventures d'un lit trop accueillant, Les chiennes (ou Le manoir aux louves) (1973), considéré comme son meilleur film, Les petites saintes y touchent (1974) (on appréciera comme il se doit le jeu de mots), puis les improbables Week-ends maléfiques du comte Zaroff (ou Sept femmes pour un sadique) (1976) avec Howard Vernon, l'acteur fétiche de Jesus Franco. Nanar absolu selon les rares personnes ayant dégusté cette oeuvrette diffusée régulièrement la nuit sur la chaîne Ciné FX, ce dernier film, vague resucée des célèbres Chasses du comte Zaroff, est devenu mythique...
Après cet éclat, Michel Lemoine se tourna vers les films X pendant quelques années sous divers pseudos (Michel Blanc, Michel Leblanc, John Armando, etc.), avant de se rhabiller et de raccrocher définitivement la caméra en 1987. Pour une biofilmographie complète de Michel Lemoine, consulter l'excellent site www.nanarland.com.

Publié dans Claps de fin

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