Claire Maurier (1929-2026)

Publié le par lefilmdujour

Actrice de théâtre, de cinéma et de télévision, Claire Maurier, repérée par les cinéphiles en mère inconséquente et peu empathique d’Antoine Doinel (Jean-Pierre Léaud) dans Les Quatre cents coups (1958) de François Truffaut, est décédée le 3 mai 2026 à l’âge de 97 ans. Avant d’être retenue dans ce film phare de la Nouvelle Vague française, Claire Maurier s’était toutefois déjà taillée un authentique statut d’actrice de cinéma en occupant une dizaine de seconds rôles sur grand écran.

Albert Rémy, Claire Maurier et Jean-Pierre Léaud dans Les Quatre cents coups (1958)

De fait, la comédienne a débuté sur grand écran dès le début des années 1950 en jouant notamment des rôles de jeunes tentatrices comme dans Ce coquin d’Anatole (1951) d’Émile Couzinet. Claire Maurier est aussi aux génériques d’Un caprice de Caroline chérie (1952) de Jean Devaivre (avec Martine Carol en tête d’affiche) et d’Une Parisienne (1957) de Michel Boisrond (avec Brigitte Bardot dans le rôle-titre).

Fernandel, Claire Maurier et Bourvil dans La Cuisine au beurre (1963)

Après le succès des Quatre cents coups, l’actrice accède au haut de l’affiche dans des films comme Une gueule comme la mienne (1959) de Frédéric Dard et Le Bourreau attendra (1960) de Robert Vernay face, dans les deux cas, à Paul Guers. Mais ces films passent relativement inaperçus et on retrouve Claire Maurier en épouse bigame (sans le savoir) des personnages joués par Bourvil et Fernandel dans La Cuisine au beurre (1963) de Gilles Grangier, puis en Ninon de Lenclos dans Merveilleuse Angélique (1964) de Bernard Borderie (où elle donne la réplique à Michèle Mercier et Claude Giraud).

Patrick Dewaere, Claire Maurier et Yves Robert dans Un mauvais fils (1980)

Dans les années qui suivent, l’actrice joue moins au cinéma, mais elle travaille avec Nelly Kaplan (La Fiancée du pirate, 1969), Robert Lamoureux (Impossible… pas français, 1974), Jean-Marie Poiré (Les Petits câlins, 1977)… Dans La Cage aux folles (1978) d’Édouard Molinaro, Claire Maurier incarne la mère du jeune Laurent qu’elle a eu avec Renato (Ugo Tognazzi) un soir d’ivresse, et dans Un mauvais fils (1980) de Claude Sautet, elle est la compagne du père du personnage joué par Patrick Dewaere.

Catherine Frot, Wladimir Yordanoff et Claire Maurier dans Un air de famille (1996)

Absente du grand écran pendant une douzaine d’années, l’actrice est redécouverte par un nouveau public dans le rôle de la mère de la famille Ménard dans Un air de famille (1996) de Cédric Klapisch (elle y est la mère de Jean-Pierre Bacri, Agnès Jaoui et Wladimir Yordanoff), rôle qu’elle tenait déjà dans la pièce homonyme jouée pendant quinze mois en 1994 et 1995 à Paris.

Claire Maurier dans Le Fabuleux destin d'Amélie Poulain (2000)

Dans les années 2000, Claire Maurier participe au Fabuleux destin d’Amélie Poulain (2000) de Jean-Pierre Jeunet (elle est la patronne du bar où travaille Amélie Poulain), apparaît dans Les Clefs de bagnole (2003) de Laurent Baffie, Le Héros de la famille (2006) de Thierry Klifa, Les Ambitieux (2006) de Catherine Corsini (elle y est la mère de Karin Viard)… En 2009, pour sa dernière apparition au cinéma, elle incarne la mère odieuse du personnage joué par Gérard Depardieu dans La Tête en friche de Jean Becker.

Claire Maurier avait été nommée pour le César de la meilleure actrice dans un second rôle pour Un mauvais fils et pour le Molière de la meilleure comédienne dans un second rôle pour la pièce Un air de famille.

Publié dans Claps de fin

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