Brigitte Bardot (1934-2025)
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Mort d’une icône, d’une star mondiale et d’une amie indéfectible des animaux. "Légende du siècle" (selon Emmanuel Macron, le président de la République), Brigitte Bardot, qui, en son temps, fut aussi célèbre que le général de Gaulle à l'international et qui fait partie désormais de l'histoire de France, est décédée le 28 décembre 2025 à l’âge de 91 ans.
Celle qui allait devenir BB met pour la première fois les pieds sur un plateau de cinéma en mai 1952, et ce pour Le Trou normand de Jean Boyer, une comédie paysanne avec Bourvil en vedette. Cette même année 1952, elle joue aussi (et déjà !) un rôle sensuel dans Manina, la fille sans voiles (1952) de Willy Rozier et en décembre elle épouse son premier mari, le réalisateur Roger Vadim, alors journaliste ! Pas mal pour une jeune fille pas encore majeure (à l'époque)...
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Roger Vadim et Brigitte Bardot
Brigitte Bardot enchaînera quand même une douzaine de films, dont plusieurs en Italie, avant de tourner sous la direction de son époux dans le fameux Et Dieu... créa la femme (1956), œuvre qui fait scandale et qui la révèle au monde entier.
Parmi les plus connus (et les plus réussis) de cette période, on citera Cette sacrée gamine (1955) de Michel Boisrond, En effeuillant la marguerite (1956) de Marc Allégret et Les Grandes manœuvres (1955) de René Clair. Si Et Dieu... créa la femme est un beau succès, le tournage du film marque néanmoins la fin de l'histoire d'amour entre Bardot et Vadim (qui divorcent en 1957) et le début de la liaison entre l'actrice et Jean-Louis Trintignant (ce dernier étant alors marié à Stéphane Audran). Tout ça n'empêchera pas Roger Vadim et Brigitte Bardot de tourner quatre autres films ensemble : Les Bijoutiers du clair de lune (1958), La Bride sur le cou (1961), Le Repos du guerrier (1962) et Don Juan 1973 (1972).
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BB et Jean-Louis Trintignant dans Et Dieu... créa la femme (1956) (image : www.allocine.fr © Cocinor)
Parallèlement, l'actrice est filmée par les caméras de vieux routiers du cinéma français comme Claude Autant-Lara (En cas de malheur, 1958, avec Jean Gabin), Julien Duvivier (La Femme et le pantin, 1959), Christian-Jaque (Babette s'en va-t-en guerre, 1959, avec Francis Blanche en immortel Papa Schulz) ou Henri-Georges Clouzot (La Vérité, 1960, avec Sami Frey, une autre conquête de BB).
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BB dans Les Femmes (1969) (image : © Nana Production / Sipa)
Mais les réalisateurs de la Nouvelle Vague française (et apparentés) ne l'oublient pas et elle joue aussi sous les directions de Louis Malle (Vie privée, 1962, avec Marcello Mastroianni ; Viva Maria, 1965, avec Jeanne Moreau ; le sketch William Wilson des Histoires extraordinaires, 1968), Jean-Luc Godard (Le Mépris, 1963, avec Michel Piccoli ; une apparition dans Masculin-Féminin, 1966) ou Jean Aurel (Les Femmes, 1969).
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Durant sa carrière d'actrice, Brigitte Bardot a pu donner la réplique à quelques vedettes internationales comme Kirk Douglas (Un acte d'amour, 1953, d'Anatole Litvak), Dirk Bogarde (Rendez-vous à Rio, 1955, de Ralph Thomas), Gloria Swanson et Vittorio De Sica (Les Week-ends de Néron, 1956, de Steno), Stephen Boyd et Alida Valli (Les Bijoutiers du clair de lune), Marcello Mastroianni (Vie privée), et Sean Connery (Shalako, 1968, d'Edward Dmytryk). Si Jean-Paul Belmondo, pressenti pour jouer dans La Vérité le rôle finalement attribué à Sami Frey, a failli donner la réplique à l'actrice sur grand écran, Alain Delon, lui, a pu partager des scènes avec BB dans le sketch Agnès Bernauer du film Amours célèbres (1961) de Michel Boisrond.
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Brigitte Bardot dans son dernier film au cinéma
C'est sur les plateaux de L'Histoire très bonne et très joyeuse de Colinot Trousse-Chemise (1973), un film de Nina Companeez que BB prend la décision définitive (et sur laquelle elle n'est jamais revenue) de mettre un point final à sa carrière cinématographique et de se consacrer à 100 % à la défense des animaux. Une décision qui plongea dans le désarroi le plus total les fans énamourés des formes généreuses que la star se plaisait à dévoiler.
Car, à 39 ans, l'héroïne de Et Dieu... créa la femme exhibait toujours un corps divin. Et, ce qui ne gâchait rien, bien au contraire, son jeu n'en finissait pas de s'améliorer, n'en déplaise aux mauvaises langues et aux jalouses. Il faut dire que les trois ou quatre films que Brigitte Bardot avaient tournés avant Colinot Trousse-Chemise n'avaient guère enthousiasmé l'actrice. Et, en plus, ils s'étaient tous vautrés au box-office !
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Critiques et public n'avaient été séduits ni par Les Novices (Casaril, 1970), avec BB dans le rôle d'une nonne sexy en rupture de couvent et recueillie par une prostituée au grand cœur (Annie Girardot), ni par Les Pétroleuses (Christian-Jaque, 1971), western de pacotille où BB fait équipe avec CC (Claudia Cardinale), ni par Don Juan 73 , où BB joue pour son ex-mari un Don Juan femelle séduisant ces dames et ces messieurs.
En fait, c'est uniquement par amitié pour la réalisatrice Nina Companeez que Brigitte Bardot s'était engagée sur Colinot Trousse-Chemise, où son personnage n'est pas central. C'est le tout jeune Francis Huster, âgé seulement de 25 ans, qui interprète en effet le rôle-titre, déjà auréolé d'une gloire naissante suite à sa prestation au cinéma dans Faustine et le bel été (1971) de la même Nina Companeez.
Fille du célèbre scénariste Jacques Companeez, cette dernière est, à cette époque, surtout connue pour sa collaboration d'une dizaine d'années avec le réalisateur Michel Deville. Elle a participé aux scénarios ou aux dialogues de films comme Adorable menteuse (1962), Benjamin ou les mémoires d'un puceau (1968), Raphaël ou le débauché (1971) ou L'Ours et la poupée (1969, avec... Brigitte Bardot justement).
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Finalement, les films préférés de Brigitte Bardot restent et resteront Et Dieu... créa la femme, En cas de malheur, La Lumière d'en face (Georges Lacombe, 1955), Une Parisienne (Michel Boisrond, 1957), Vie privée, La Vérité, L'Ours et la poupée, Viva Maria et Boulevard du rhum (Robert Enrico, 1970). On ajoutera à cette liste Le Mépris de Godard, où BB est quand même au sommet. Et reste dans les esprits la première scène du film où elle est au lit avec Piccoli ("Et mes fesses, elles sont belles, mes fesses ?", un grand moment...), une scène rajoutée au dernier moment par Godard sur l'insistance du producteur qui voulait voir Bardot nue à l'écran...
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Brigitte Bardot et Jacques Charrier
Brigitte Bardot, qui fut aussi chanteuse (avec des titres emblématiques comme La Madrague, Harley Davidson, Bonnie et Clyde et Je t'aime moi non plus avec Gainsbourg, Le Soleil de ma vie avec Sacha Distel...), a été mariée quatre fois. Après Vadim, son deuxième mari fut l'acteur Jacques Charrier, rencontré en 1959 sur le tournage de Babette s'en-va-t-en guerre. Ils divorcèrent en 1963, non sans avoir donné naissance à un fils, Nicolas, né en 1960. Brigitte Bardot entretint également des relations passionnées avec Jean-Louis Trintignant, Gilbert Bécaud, Sacha Distel, Sami Frey et Serge Gainsbourg. Elle fut par ailleurs l'épouse du milliardaire allemand Gunther Sachs (de 1966 à 1969) et était mariée depuis 1992 à Bernard d'Ormale.
Signalons encore que la sœur de Brigitte Bardot, Mijanou Bardot, née en 1938, mena aussi une petite carrière au cinéma (Une balle dans le canon, M. Deville & C. Gérard, 1958 ; Ramuntcho, Schoendoerffer, 1959 ; La Collectionneuse, Rohmer, 1966).