Le Film du jour n°65 : Le mille-pattes fait des claquettes

Publié le par lefilmdujour

Le Film du jour n°65 : Le mille-pattes fait des claquettes
Un film français de Jean GIRAULT (1977) avec Francis Perrin, Roger Mirmont, Jean-Jacques Moreau, Michel Galabru, Claude Piéplu, Juliette Mills, Katia Tchenko...
Un mille-pattes qui fait des claquettes, nul doute que ça doit faire du bruit !!! Fred Astaire et Ginger Rogers peuvent aller se rhabiller...
Vaudeville, gags faciles et quiproquos, voilà en tout cas la Sainte Trinité selon Jean Girault (1924-1982), l'un des spécialistes de la "comédie à la française" et le réalisateur de ce Mille-Pattes fait des claquettes... L'homme est surtout célèbre pour avoir propulsé Louis de Funès au statut de vedette du grand écran, alors que ce dernier était encore largement cantonné depuis les années 40 dans les silhouettes et les petits rôles. Pouic-Pouic (1963) avec Jacqueline Maillan (et une poule dans le rôle-titre...), Faites sauter la banque (1964) avec Yvonne Clech (décédée le 25 février 2010), et bien évidemment Le gendarme de Saint-Tropez (1964), on les doit en effet à Jean Girault !
Sous la houlette de Jean Girault, Louis de Funès endossera également l'uniforme de la maréchaussée tropézienne dans Le gendarme à New York (1965), Le gendarme se marie (1968), Le gendarme en ballade (1970), Le gendarme et les extra-terrestres (1978) (film cité par Benabar...) et le très mauvais Le gendarme et les gendarmettes (1982). Le réalisateur décédera durant le tournage de ce dernier long métrage qui fut aussi l'ultime pour le grand comique français mort en 1983.
Le Film du jour n°65 : Le mille-pattes fait des claquettes

Récemment sorti en DVD, Jo (1971) est sans doute le meilleur film du tandem Girault-De Funès

Le meilleur film du tandem reste cependant Jo (1971) avec un Louis de Funès cherchant éperdument à se débarrasser d'un cadavre encombrant sous l’œil particulièrement suspicieux d'un inspecteur de police interprété par un génial Bernard Blier. Avant Louis de Funès, Jean Girault avait mis en scène le duo formé par Francis Blanche et Darry Cowl dans Les pique-assiettes (1960), Les livreurs (1961), Les bricoleurs (1962) et Les gorilles (1964).
Jean Yanne tourna également sous sa direction (Un drôle de colonel, 1968) tout comme Pierre Perret (dans le western Le juge, 1969), les Charlots (Les Charlots font l'Espagne, 1972), Bernard Le Coq (Le concierge, 1973), Jean Gabin et Danielle Darrieux (L'année sainte, 1976), ainsi que Jacques Villeret et Jean Carmet (entourant Louis de Funès dans l'assez insupportable Soupe aux choux, 1981). Que du lourd, voire du très lourd... pour un résultat malheureusement souvent très léger...
Le mille-pattes fait des claquettes, l'histoire : Mai 1943. Trois jeunes gens s'introduisent nuitamment au Louvre pour y dérober la fameuse Vénus de Milo (les bras m'en tombent...) que les Allemands ont décidé de faire transporter en Allemagne chez le bouffi Goering. L'expédition nocturne se déroule sans incident et les trois amis embarquent leur colis dans un vieux camion, direction la Normandie où les attend Monsieur de Beaugenay, l'oncle châtelain de l'un d'eux. Comme de bien entendu, leur périple est semé d'embûches, les autorités allemandes ayant lancé une opération d'envergure pour récupérer la précieuse statue. Il y aura évidemment un passage obligé dans une maison close (c'est à ça qu'on reconnaît la vraie comédie franchouillarde...) où l'accorte patronne et ses pensionnaires compatissantes leur viendront en aide.
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Claude Piéplu

Passé à la postérité grâce à sa voix qui accompagnait les aventures des géniaux Shadocks, Claude Piéplu fait partie de la distribution du Mille-pattes fait des claquettes. Né en 1923, il est engagé en 1944 au Théâtre des Mathurins, où il joue avec Gérard Philipe et Maria Casarès. Suivront plus de 175 rôles sur les planches jusqu'à sa mort en mai 2006 (notamment chez Barrault, Fabbri et au TNP).
Claude Piéplu apparaît pour la première fois au cinéma en 1948 dans un film de Christian-Jaque (D'homme à hommes) sans être crédité au générique. On le verra par la suite dans de nombreux films "légers", souvent d'ailleurs dans des emplois de militaires ou de notables. Il est notaire dans La belle Américaine (Dhéry, 1961), inspecteur de police dans Une souris chez les hommes (Poitrenaud, 1964), officier dans Sex-Shop (Berri, 1972) et dans La gueule de l'emploi (Rouland, 1973), commissaire dans Les aventures de Rabbi Jacob (Oury, 1973), censeur dans Le pion (Gion, 1978)...
Quelques grands réalisateurs n'hésiteront pas, toutefois, à lui confier des rôles à l'aspect plus trouble, voire inquiétant. C'est notamment le cas chez Cayatte (Le glaive et la balance, 1962), Duvivier (La chambre ardente, 1962 ; Diaboliquement vôtre, 1967), Clouzot (La prisonnière, 1968), Bunuel (Le charme discret de la bourgeoisie, 1972 ; Le fantôme de la liberté, 1974), Costa-Gavras (Section spéciale, 1975), Miller (La meilleure façon de marcher, 1975 ; Dites-lui que je l'aime, 1977) ou Deville (L'apprenti salaud, 1976). Parmi ses derniers rôles au cinéma, citons le vieux couple qu'il forme avec Micheline Presle dans Casque bleu (Jugnot, 1993) et, bien sûr, le chef Panoramix dans Astérix et Obélix contre César (Zidi, 1998).
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Claude Piéplu dans Le paltoquet (1986) de Michel Deville. Au fond, Michel Piccoli (image : cineclap.free.fr)

Piéplu avait obtenu une nomination au César du meilleur second rôle masculin en 1987 pour le personnage de professeur particulièrement retors dans Le Paltoquet (Deville, 1986) aux côtés de Michel Piccoli, Jeanne Moreau, Fanny Ardant, Jean Yanne, Daniel Auteuil, Richard Bohringer et Philippe Léotard. Chapeau bas, Monsieur Piéplu !
Ci-dessous, Claude Piéplu, Micheline Presle (et un Guillaume Canet juvénile) dans un extrait du téléfilm "Le voyage de Pénélope" (1996) :

Publié dans Titres étranges

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