Michel Galabru (1922-2016)

Publié le par lefilmdujour

Michel Galabru (1922-2016)
L’adjudant Gerber, le dernier des gendarmes de Saint-Tropez, a rejoint Cruchot au firmament des grands comédiens comiques français. Michel Galabru est décédé dans son sommeil le 4 janvier 2016 à l’âge de 93 ans.
Avec environ 200 longs métrages tournés pour le grand écran, Michel Galabru était une figure familière à la fois truculente et épicurienne, mais aussi grave et subtile, du cinéma hexagonal depuis plus de 60 ans. Fils d’un professeur à l’École nationale des ponts et chaussées, Premier prix de conservatoire, l’acteur avait passé sept ans à la Comédie-Française avant de percer au cinéma à la fin des années 1950.
On le voit notamment en majordome énamouré dans L’eau à la bouche (Doniol-Valcroze, 1959), en père du « traître » de la bande de gosses dans La guerre des boutons (Robert, 1961). Il enchaîne les petits rôles et accède à une véritable reconnaissance en adjudant Gerber, le supérieur hiérarchique de Cruchot/Louis de Funès, dans Le gendarme de Saint-Tropez (Girault, 1964). Michel Galabru participera d’ailleurs à tous les épisodes de la « saga ».
Michel Galabru (1922-2016)
Pendant une dizaine d’années, l’acteur va alors pratiquement exclusivement travailler pour le cinéma comique français. En alternant le meilleur et le bon chez Jean-Pierre Mocky (La bourse et la vie, 1965 ; Un linceul n’a pas de poches, 1974 ; L’ibis rouge, 1975), Robert Dhéry (Le petit baigneur, 1967), Pierre Tchernia (Le viager, 1971 ; Les Gaspards, 1973), Claude Zidi (Le grand bazar, 1973) ou Georges Lautner (Quelques messieurs trop tranquilles, 1973), et le pire chez Jean-Claude Dague (Poussez pas grand-père dans les cactus, 1969), Philippe Clair (La grande maffia, 1971 ; Le führer en folie, 1973 ; Le grand fanfaron, 1975), Michel Gérard (Les joyeux lurons, 1972 ; Les vacanciers, 1973) ou Raoul André (La dernière bourrée à Paris, 1973). Michel Galabru est alors considéré comme un acteur plutôt ringard.
Mais, en 1975, retournement de situation. Bertrand Tavernier a la formidable intuition de confier au comédien le rôle d’un berger violeur, assassin et illuminé dans Le juge et l’assassin (1975) face à Philippe Noiret. La critique et le public plébiscitent la prestation de l’acteur qui décroche pour l’occasion le César du meilleur acteur.
Michel Galabru (1922-2016)
Par la suite, Michel Galabru diversifie ses rôles tout en tournant dans de gros succès populaires : Flic ou voyou (Lautner, 1978), La cage aux folles (Molinaro, 1978) et ses suites, Le guignolo (Lautner, 1979), Les sous-doués (Zidi, 1980)… Il joue des rôles plus sérieux, voire graves, dans Le mors aux dents (Heynemann, 1979), Une semaine de vacances (Tavernier, 1980), Le choix des armes (Alain Corneau, 1981), L’été meurtrier (Jean Becker, 1983), Notre histoire (Blier, 1984), Subway (Besson, 1984) (nomination au César du meilleur acteur dans un second rôle), Kamikaze (Grousset, 1986), Uranus (Berri, 1990) (nouvelle nomination au César du meilleur acteur dans un second rôle)… Tout en retournant régulièrement dans des séries Z : Les bidasses aux grands manœuvres (Delpard, 1981), C’est facile et ça peut rapporter vingt ans (Luret, 1983), Le facteur de Saint-Tropez (Nerval, 1985), Ne prends pas les poulets pour des pigeons (Rollin, 1986)…
Michel Galabru (1922-2016)

Michel Galabru et Rosy Varte dans Le bourgeois gentilhomme (Coggio, 1981)

Galabru, qui fut également un homme de scènes de théâtre qu’il arpenta jusqu’en 2015, joua aussi le rôle inattendu de Nestor Burma dans La nuit de Saint-Germain-des-Prés (Swaim, 1976) et participa à plusieurs adaptations filmées de pièces de Molière comme L’avare (Girault & De Funès, 1979), Les fourberies de Scapin (Coggio, 1980), Le bourgeois gentilhomme (Coggio, 1981) ou Monsieur de Pourceaugnac (Mitrani, 1984). Son dernier rôle marquant au cinéma reste évidemment sa participation et la désormais fameuse réplique « C’est le Nord ! » dans Bienvenue chez les ch’tis (Boon, 2007).
Michel Galabru avait perdu son épouse et son frère il y a quelques mois.

Publié dans Claps de fin

Commenter cet article