Zombie futé n°51 : Plan 9 from Outer Space

Publié le par lefilmdujour

Un film d’Ed Wood (1959)

 

Curieusement, aucun des pourtant très nombreux « Top of the X Zombie Movies of All Time » ne cite Plan 9 from Outer Space. Pourtant, le cahier des charges du fameux « Plan 9 » est très explicite : faire ressortir les morts de leurs tombes pour terroriser les vivants. On a là, en 1959, une des explications initiales d’Armageddon à la sauce zombie (voir La nuit des morts vivants de Romero, 1968) : les ondes extraterrestres. Et quand le massif inspecteur Don Clay sort de sa tombe, nul doute qu’il nous campe un bon macchab et qu’il nous joue un zombie bien « comme il faut ».

 

Après, évidemment, on est chez Ed Wood. Inutile d’espérer des hordes de spectres putrides. Pas de budget. Donc on n’en a que trois de spectres, dont deux vampires joués par la bien nommée Vampira et… Bela Lugosi, toujours partant pour les causes cinématographiques perdues même post-mortem. Le grand Bela est en effet mort trois ans avant le tournage du film et les quelques scènes où il apparaît sont tirées d’un précédent projet inachevé d’Ed Wood. Pour les autres scènes, on a droit à une doublure qui cache son visage derrière sa cape. Ceci explique pourquoi le personnage avance toujours dans cette posture ridicule.

 

Ed Wood, on connaît. Très peu d’acteurs, un minimum de décors. L’affaire se joue à 95% dans un coin de cimetière maladroitement enfumé. Les 5% restants se déroulent dans un bureau dont on change le mobilier suivant les situations (Washington DC pour le QG des forces armées US), l’intérieur de la soucoupe volante extraterrestre (on adore leur façon de se saluer) et… (la palme du kitsch) la cabine de pilotage du Constellation, ce très bel avion intercontinental avec plein d’hélices.

 

Le résultat ? Fantastique ! Comment expliquer ? En fait c’est impossible. Plan 9 from Outer Space est une expérience qui doit être vécue. La palme de l’effet comique aux effets spéciaux, bien évidemment. Plan 9 sans ses soucoupes volantes aux trajectoires bringuebalantes, accrochées à des fils, n’aurait pas du tout la même saveur. Ne manquez pas non plus certains dialogues confondants de naïveté et de non-sens. 

 

Rigoureusement indispensable. Qui n’a pas visionné ce film ne peut sérieusement discourir sur le cinéma.

 

Fab Free

Publié dans Le Zombie Futé

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