Zombie futé n°41 : Colin

Publié le par lefilmdujour

Un film de Mark Price (2008)

 

Quand on veut baser la communication et la promotion d’un film sur le niveau de son budget, y’a pas trois manières de s’y prendre.  Soit c’est le plus cher, soit c’est le plus cheap. Le placard de Colin nous indique clairement que l’on va se diriger vers la deuxième option.

 

De fait, Mark Price, son réalisateur, s’enorgueillit d’avoir tourné son film avec 47 pounds  seulement (soit 70 dollars) ! Comment est-ce possible ? Eh bien d’abord en ne rétribuant pas les acteurs. Car il y en a des acteurs, et plutôt pas mauvais. Il y a aussi tripotée de figurants, notamment pour cette longue scène de quatre pauvres rescapés se battant contre une petite centaine de cadavres. On ne paie pas non plus la maquilleuse qui pourtant s’emploie avec un certain  talent à crédibiliser lesdits cadavres.

 

Mais question technique, prise de vue, matos, montage ? Réponse de l’intéressé : « J’ai utilisé mon Panasonic MiniDV que je possédais depuis dix ans et j’ai monté le film sur mon PC avec Adobe Premiere qui m’avait été vendu avec la carte d’acquisition vidéo ». Au final on se demande ce qui a bien pu coûter 47 livres sterling. Peut-être les quelques kilos de boyaux de porc pour figurer les éventrations ?

 

Et que vaut ce film à 70 billets ? On dira qu’il est loin d’être nul et tire très astucieusement profit de son absence de moyens. Règle de base : toujours placer son ambition au niveau de ses moyens. Et essayer d’innover question scénario. Là  Mark Price pense détenir une idée de génie : tourner son film du point de vue du zombie. Colin, mordu par sa copine, bascule dans le côté obscur et le film nous narre son errance dans un Londres qu’on sent ravagé de toute part mais qui est filmé au ras du bitume (adéquation moyens/ambition).

 

En vérité, Mark Price avait été précédé en 1998 (I Zombie relate également la transformation d’un homme en zombie, nous y reviendrons). Pour la petite histoire, le réal confessera qu’il n’aurait pas fait son film s’il avait su que son idée avait déjà été réalisée. Cela aurait été dommage car son métrage renferme quelques idées intéressantes (notamment les rapports entre notre zombie et sa sœur qui essaie de le faire « revenir »).

 

Colin a quand même été présenté à Cannes en 2008, hors festival. Pas sûr que les spectateurs en soient sortis transformés mais il fallait voir, paraît-il, ce film tourné avec 47 livres.

 

Fab Free

Publié dans Le Zombie Futé

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