Zombie futé n°39 : Cell Phone

Publié le par lefilmdujour

Un film de Tod Williams (2016) (a.k.a. L’appel des zombies), sorti directement en vidéo (d’après le roman de Stephen King).

Ah Stephen King ! Le roi du roman d’épouvante. Celui qui vous mène où il veut quand il veut grâce à une imagination incroyable uniquement tournée vers un seul but : vous faire peur comme jamais vous n’avez eu peur… et qui y réussit à tous les coups. Stephen King ou le pouvoir des mots.

 

Mais quid de Stephen King et des zombies ? Et quid de Stephen King et du cinéma ?

 

Pour la première question, il semble clair que le roi de la terreur n’a jamais été trop féru du genre. Il l’aborde toutefois de manière décalée dans un de ses plus célèbres  romans (Pet Sematary) : l’histoire d’une famille bien sous tous rapports qui s’installe à coté d’un antique cimetière indien pour animaux qui a le pouvoir de faire revenir à la vie les macchabs (d’abord le chat, puis le fils et, enfin, la femme). Brrr… je vous dis que ça ! Reste qu’il demeure difficile de ranger cette histoire dans le genre zombie. Avec Cell Phone par contre, on est en plein dedans, mais plus dans le mode « infectés ». L’exercice de style de la pandémie, maître Stephen l’avait déjà abordé avec Le fléau, mais la quasi-totalité de l’humanité disparaissait corps et âme suite à un virus méchamment imaginé et finalement incontrôlé par l’armée américaine. Là, le virus se répand par un simple appel sur les portables et transforme les victimes en sauvages psychopathes. Idée géniale, comme d’habitude, qui donne lieu à un de ses meilleurs romans.

 

Deuxième question : Stephen King et le cinéma. Là, on fait quand même face à un mystère. Comment un type qui a tant donné à tous les genres que compte le cinéma d’horreur peut-il être trahi à ce point par toutes les adaptations cinématographiques? Car le bilan est misérable. Le Shining de Kubrick n’est que l’arbre qui cache une forêt rachitique (ajoutons Christine et Carrie mais ce sont loin d’être les meilleurs métrages de John Carpenter et de Brian De Palma). Allez, on ajoute La ligne verte, un très bon film, et Misery, une réussite qui valut l'Oscar à Kathy Bates. Car pour le reste, on fait face à une tripotée d’adaptations toutes aussi nulles les unes que les autres.

 

Alors, Cell Phone ? L’affiche est plus qu’alléchante. Imaginez un peu : un casting avec John Cusack et Samuel L. Jackson, un budget XXL, supervisé par le maître lui-même. Comment échouer ? Ben en étant mauvais, voilà tout. Comme la longue liste des purges cinématographiques dont Hollywood nous gratifie depuis des décennies quand elle s’attaque au répertoire du King. Tout est affligeant. D’abord et surtout à cause d’une réalisation lourdingue qui ne parvient à aucun moment à restituer le rythme et les éclats du roman. Prenez la scène inaugurale : le déclenchement de l’apocalypse dans l’aéroport où atterrit notre héros. Comment dire ? C’est mou. Comment faire mollasson avec des moyens et un acteur pareils ? En étant médiocre, ni plus ni moins. Inutile de préciser que tout le reste est à l’avenant.

 

Soyons clairs. Nous aimons le cinéma de série Z. Nous apprécions ces films réalisés avec trois francs six sous mais avec un surcroît d’imagination. Alors nous avons du mal à supporter qu’une telle débauche de moyens et la présence de deux acteurs hautement respectables tournent à un tel fiasco.

 

Fab Free

Publié dans Le Zombie Futé

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