Françoise Brion (1933-2025)
/image%2F0933726%2F20251216%2Fob_d0e31c_francoise-brion.jpg)
Actrice ayant débuté sa carrière au théâtre, devenue célèbre au cinéma grâce à la Nouvelle Vague tout en connaissant un certain succès dans le cinéma populaire des années 1960, Françoise Brion est décédée le 12 décembre 2025 à l’âge de 92 ans.
Née le 29 janvier 1933, Françoise Brion, de son vrai nom Françoise German de Ribon, est révélée avec Le Bel âge (1958) dont la mise en scène est signée Pierre Kast mais dont l’adaptation et les dialogues sont à mettre au crédit du futur réalisateur Jacques Doniol-Valcroze qui joue également dans le film (et qui deviendra son mari en 1964 après son divorce avec l’acteur Paul Guers qu’elle a épousé en 1957). Sorti sur les écrans dix-huit mois après sa réalisation, Le Bel âge est en fait l’un des tout premiers longs métrages estampillés Nouvelle Vague et raconte les aventures amoureuses et les marivaudages de jeunes adultes entre Paris, Deauville, Saint-Tropez, Megève. A l’affiche, outre Jacques Doniol-Valcroze et Françoise Brion, on retrouve Jean-Claude Brialy, Loleh Bellon, Gianni Esposito, Françoise Prévost, Alexandra Stewart, Ursula Kübler (Madame Boris Vian à la ville), etc.
/image%2F0933726%2F20251216%2Fob_c955cb_le-bel-age.jpg)
L’un des tout premiers films de la Nouvelle vague, Le Bel âge (1958) révéla Françoise Brion
Dans les années qui suivent, on retrouve Françoise Brion aux génériques des films réalisés par Doniol-Valcroze (cofondateur des Cahiers du cinéma avec André Bazin) comme L’Eau à la bouche (1959), immortalisé par la chanson éponyme de Serge Gainsbourg, Le Cœur battant (1960), où elle joue aux côtés de Jean-Louis Trintignant, et La Dénonciation (1961), où elle partage le haut de l’affiche avec Maurice Ronet et Nicole Berger.
/image%2F0933726%2F20251216%2Fob_4c490c_vacances-portugaises.jpg)
En 1962, Jacques Doniol-Valcroze signe à nouveau les dialogues d’un film de Pierre Kast, Vacances portugaises en l’occurrence, et les deux tourtereaux y sont encore réunis au générique au milieu d’une pléiade d’autres acteurs comme Françoise Arnoul, Michel Auclair, Jean-Pierre Aumont, Catherine Deneuve, Jean-Marc Bory, Michèle Girardon, Barbara Laage, Daniel Gélin, Françoise Prévost, Pierre Vaneck et Bernard Wicki.
/image%2F0933726%2F20251216%2Fob_902c6d_immortelle.jpg)
Françoise Brion est L’Immortelle (1962), première réalisation du romancier Alain Robbe-Grillet
Doniol-Valcroze et Françoise Brion se donnent également la réplique dans Et Satan conduit le bal (Dabat, 1962), puis dans le premier film réalisé par le romancier Alain Robbe-Grillet, L’Immortelle (1962), Prix Louis-Delluc 1963. Dans un Istanbul semi-fantasmé, on y suit les pas d’un couple qui se rencontre et visite la ville ensemble. Puis la femme disparaît. L’homme la cherche partout. Il ne retrouvera que son fantôme… Narration déstructurée, valeurs subjectives du temps et de l’espace, images esthétisantes, toutes les théories littéraires de Robbe-Grillet sont transposées à l’écran.
/image%2F0933726%2F20251216%2Fob_7cc416_cartessurtable.jpg)
Françoise Brion, qui donnera deux enfants à Jacques Doniol-Valcroze, n’en délaisse pas pour autant le cinéma plus commercial. Elle côtoie ainsi Eddie Constantine dans Comment qu’elle est (Borderie, 1960), Lemmy pour les dames (Borderie, 1960) ainsi que dans Cartes sur table (1965) (photo ci-dessus) du réalisateur espagnol Jesus Franco. Un Jesus Franco que Françoise Brion retrouvera quelques années plus tard dans un film beaucoup plus déshabillé et intitulé… Le Miroir obscène (1973). Tout un programme !
/image%2F0933726%2F20251216%2Fob_7c92eb_alexandre.jpg)
Philippe Noiret et Marlène Jobert dans Alexandre le bienheureux (1967)
En 1967, l’actrice est également la vedette féminine d’Alexandre le bienheureux d’Yves Robert avec Philippe Noiret dans le rôle-titre et Marlène Jobert. Elle y joue la Grande, l’épouse d’Alexandre qui le fait marner à la ferme du soir au matin alors qu’il préférerait buller à longueur de journée… Ce qu’il s’empresse de faire le jour où sa femme a l’extrême bonté de périr dans un accident de voiture !
/image%2F0933726%2F20251216%2Fob_d95283_bijoux.jpg)
Françoise Brion est encore en tête d’affiche des Gommes (Deroisy, 1968), coproduction franco-belge et adaptation du roman du même nom d’Alain Robbe-Grillet. Mais, dans les années 1970, la carrière cinématographique de l’actrice se met à osciller entre les films à audience confidentielle (Les Soleils de l’île de Pâques, Kast, 1972 ; Le Sourire vertical, Lapoujade, 1973), les œuvres plus ou moins déshabillées (Les Bijoux de famille, de J.C. Laureux, 1975 ; Néa, de Nelly Kaplan, 1976) et les seconds rôles dans quelques longs métrages plus grand public (Adieu poulet, Granier-Deferre, 1975 ; Le Point de mire, Tramont, 1977).
/image%2F0933726%2F20251216%2Fob_e57e00_francoise-brion-photo.jpg)
Le beau visage anguleux de Françoise Brion…
Dans les années 1980 et 1990, c’est surtout à la télévision et au théâtre que l’on retrouve Françoise Brion. L’actrice n’en continuera pas moins à faire quelques apparitions au cinéma. Ainsi le spectateur attentif l’aura reconnue en mère un peu foldingue de Carole Bouquet dans Travaux, on sait quand ça commence… (Roüan, 2004), en femme au chien dans Le Premier jour du reste de ta vie (Bezançon, 2007) et en Conann Reine dans le drame rétro-futuriste de Bertrand Mandico Conann (2021).