Robert Redford (1936-2025)

Publié le par lefilmdujour

Dans ses jeunes années, il avait donné (à l’écran) la parfaite image du WASP américain, le sex-appeal en plus, image iconique portée à son paroxysme face à Barbra Streisand dans Nos plus belles années (1973) de Sydney Pollack. Acteur, mais aussi réalisateur, producteur et fondateur en 1981 du Sundance Institute pour la promotion du cinéma indépendant américain, Robert Redford est décédé le 16 septembre 2025 à l’âge de 89 ans.

Robert Redford ne peut être réduit à son seul physique de beau blond. Parmi les films considérés aujourd’hui comme des chefs-d’œuvre et tournés par l’acteur devenu au fil des années une icône du cinéma hollywoodien, on citera le western écologique et pro-Indiens Jeremiah Johnson (1971, Pollack), le film de casse L’Arnaque (1973) de George Roy Hill (avec son compère Paul Newman), Gatsby le magnifique (1974) de Jack Clayton (où il incarne le personnage éponyme du roman de Scott Fitzgerald), le thriller Les Trois jours du Condor (Pollack, 1975) (où Robert Redford est un cryptographe de la CIA confronté à un complot), Les Hommes du président (1976) d’Alan J. Pakula (aux côtés de Dustin Hoffman, il est l’un des deux journalistes qui mettent à jour le scandale du Watergate).

Robert Redford et Paul Newman dans L'Arnaque (1973)

Robert Redford commence sa carrière d’acteur d’abord au théâtre et à la télévision et ce n’est qu’au début des années 1960 qu’il travaille pour le cinéma. On le remarque en acteur homosexuel dans Daisy Clover (1965) de Robert Mulligan (face à Natalie Wood) et en fugitif dans La Poursuite impitoyable (1965) d’Arthur Penn (au sein d'un générique qui réunit Marlon Brando, Jane Fonda et Angie Dickinson). Il acquiert une réelle célébrité aux côtés de Paul Newman dans Butch Cassidy et le Kid (1968) de George Roy Hill.

Jane Fonda et Robert Redford dans La Poursuite impitoyable (1965)

Les succès commerciaux s’enchaînent alors pour Robert Redford pendant les sept ou huit années suivantes. Outre les films de la décennie 1970 cités plus haut, l’acteur est en effet aux génériques de La Descente infernale (1969) de Michael Ritchie (il y est un champion de ski), L’Ultime randonnée (1970) de Sidney J. Furie (il y campe un motard professionnel), Votez McKay (Ritchie, 1971) (il revêt le costume d’un jeune homme idéaliste lancé dans la politique et rapidement dépassé par les enjeux purement politiciens), La Kermesse des aigles (Hill, 1974) (il y incarne un pilote d’avion de la Première Guerre mondiale reconverti en cascadeur), Le Cavalier électrique (Pollack, 1979) (il y joue un ancien champion du monde de rodéo réduit à ne devenir qu’un support de publicités), Brubaker (1979) de Stuart Rosenberg (il y est un directeur de prison aux méthodes peu banales)… Des films qui d’une manière ou d’une autre tentent de faire ressortir les grands problèmes d’une Amérique vacillante.

Dustin Hoffman et Robert Redford dans Les Hommes du président (1976)

En 1980, Robert Redford passe lui-même derrière la caméra en signant le drame familial Des gens comme les autres avec Donald Sutherland, Mary Tyler Moore, Judd Hirsch et Timothy Hutton. A la clé, Oscar du meilleur film et Oscar du meilleur réalisateur. Et ce alors que l’acteur, lui, n’a en tout et pour tout décroché qu’une seule nomination de meilleur acteur dans les années 1970, pour L’Arnaque en l’occurrence.

Au cours de sa carrière, Robert Redford réalisera sept autres films de fiction, de Milagro (1987) à Sous surveillance (2011) en passant par Et au milieu coule une rivière (1992) (avec Brad Pitt, présenté alors comme l’héritier de Redford), Quiz Show (1994), L’Homme qui murmurait à l’oreille des chevaux (1998), La Légende de Bagger Vance (2000) et Lions et agneaux (2007).

A partir des années 1980, l’acteur apparaît beaucoup moins à l’écran mais, portant toujours beau, continue à séduire avec des films à succès comme le drame sportif Le Meilleur (1984) de Barry Levinson, le fameux Out of Africa (Pollack, 1985) (Oscar du meilleur film et Oscar du meilleur réalisateur pour Sydney Pollack), où le couple qu’il forme avec Meryl Streep reste dans les mémoires, ou sa propre réalisation L’Homme qui murmurait à l’oreille des chevaux où il donne la réplique à Kristin Scott-Thomas et à une jeune Scarlett Johansson, âgée alors de 14 ans.

Robert Redford et Meryl Streep dans Out of Africa (1984)

De plus en plus engagé dans la production, Robert Redford reçoit un Oscar d’honneur en 2002 en tant que « fondateur de Sundance, source d’inspiration pour les cinéastes indépendants et novateurs partout dans le monde ».

Parmi les quelques films tournés par l’acteur dans les années 2000 et 2010, on citera quand même Spy Game (2001) de Tony Scott, où il donne enfin la réplique à Brad Pitt (photo ci-contre), All Is Lost (2012), histoire d’un navigateur à la dérive dans l’océan Indien où Robert Redford est seul à l’écran pendant plus d’une heure et demie, Truth : le Prix de la vérité (2015) de James Vanderbilt où il incarne le journaliste Dan Rather de CBS, impliqué dans la diffusion d’un reportage sujet à caution accusant George W. Bush d’avoir bénéficié d’appuis pour ne pas participer à la guerre du Vietnam.

Robert Redford a aussi joué - avec le rôle d’Alexander Pierce - un personnage de l’univers Marvel dans Captain America, le soldat de l’hiver (2013) et Avengers : Endgame (2018) des frères Russo. Pour sa dernière apparition à l'écran (ici, le petit), Robert Redford avait été vu (rapidement) en prisonnier joueur d’échecs dans un épisode de la série américaine Dark Winds (2025) où les deux héros sont des policiers navajos.

A noter que Robert Redford est passé par sept fois devant la caméra de Sydney Pollack (Propriété interdite, 1966 ; Jeremiah Johnson ; Nos plus belles années ; Les Trois jours du condor ; Le Cavalier électrique ; Out of Africa ; Havana), trois fois devant celle de George Roy Hill (Butch Cassidy et le Kid ; L'Arnaque ; La Kermesse des aigles) et deux fois devant celle de Michael Ritchie (La Descente infernale ; Votez McKay).

Publié dans Claps de fin

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