La pépée du jour n°9 : Jayne Mansfield (1933-1967)

Publié le par lefilmdujour

La pépée du jour n°9 : Jayne Mansfield (1933-1967)
Dans son tube « Idées noires », Bernard Lavilliers évoque une « blonde décapitée dans sa décapotable ». Eh bien, cette (fausse) blonde, actrice de profession qui en avait pourtant dans la tête, a vraiment existé. Même si, contrairement au mythe, elle ne perdit pas complètement la boule. Son nom ? Jayne Mansfield. Ses caractéristiques ? Un QI de 163 et, donnée bien plus intéressante pour les photos et pour cette rubrique (qui ne vole pas bien haut…), un tour de poitrine de 100 centimètres bonnet D. De quoi faire frétiller de bonheur de nombreux hommes… Et c’est ce que la belle fit sans mollir et sans barguigner : selon la légende, miss Manfield aurait enchaîné dans sa courte vie plus de 500 amants. Quel talent !
La pépée du jour n°9 : Jayne Mansfield (1933-1967)

Jayne Mansfield (du nom de son premier mari) : une personnalité bigger than life

Longtemps considérée comme un simple avatar grotesque de Marilyn Monroe alors qu’elle était bien plus intelligente qu’elle n’en avait l’air, Jayne Mansfield et ses obus éclatèrent sur grand écran dans La blonde et moi (Tashlin, 1956). La bombe anatomique y campe une aspirante chanteuse de rock’n’roll peu motivée, son ambition véritable étant de se marier, d’accéder au statut tant envié de femme au foyer, et de faire des enfants. Un vrai bonnet de nuit !
Dans une scène mémorable (et d’un goût très sûr), la simple présence de Jayne fait éclater les bouteilles de lait et fondre les blocs de glace qui ont le malheur de se trouver sur son chemin… Dans une autre séquence, l’actrice susurre, pour la plus grande joie du spectateur qui n’en peut mais : « Tout le monde me prend pour une fille facile. Personne ne se rend compte que je suis parfaitement équipée pour la maternité. » Si, si, on s’en rend parfaitement compte, baby, et on en reprendrait bien, de ces deux là !
La pépée du jour n°9 : Jayne Mansfield (1933-1967)

Dans La blonde et moi (Tashlin, 1956), film qui révéla Jayne Mansfield à la face du monde, la symbolique de la bouteille de lait est portée à son paroxysme

Dans le même genre, La blonde explosive (1957), réalisé par le même Frank Tashlin, est encore plus réussi. Jayne y reprend un rôle qu’elle avait déjà tenu à la scène. Dans un petit emploi, on découvre aussi un jeune homme musculeux répondant au nom de Mickey Hargitay et titulaire du titre, si ce n’est respectable, tout du moins fort respecté, de Monsieur Univers 1955.
Aucun mystère là-dessous ! Séparée d’un premier mari dont elle avait gardé le patronyme, Miss Manfield avait flashé sur les biceps monstrueux du beau Mickey et avait réussi à imposer le morceau à la production. L’actrice avait conquis le musclé de haute lutte puisqu’elle l’avait chipé à la redoutable et tout aussi poumonnée Mae West, star des années 30 recyclée dans les shows itinérants avec cohorte d’éphèbes bodybuildés. C’est à l’occasion de l’une des ces exhibitions que Jayne Mansfield avait remarqué Mickey Hargitay. L’histoire ne dit pas ce qui, chez le monsieur, avait le plus tapé dans l’œil de l’actrice : le sourire ravageur, les pectoraux avantageux, les bras de bûcheron, le cuissot joufflu, les trapèzes trapézoïdaux… ou la jupette prometteuse !
La pépée du jour n°9 : Jayne Mansfield (1933-1967)

Jayne Mansfield découvrit son deuxième mari, Mickey Hargitay (à droite), lors d’un show de Mae West (au centre), star de cinéma vieillissante qui, dans les années 50, écumait les boîtes de nuit avec ses boys bodybuildés

Né en Hongrie en 1926 et émigré aux Etats-Unis juste après la Seconde guerre mondiale, Mickey Hargitay s’était produit dans divers spectacles d'acrobatie avant de concourir pour les titres de Monsieur Amérique, Monsieur Monde et, enfin, Monsieur Univers. Parallèlement, il avait posé pour divers magazines de bodybuilding, ouvrages de référence et de chevet pour Mae West !
Déjà aperçu en gros bras dans Meurtres sur la Dixième avenue (Laven, 1957), Mickey Hargitay n’en était donc pas à son coup d’essai sur grand écran lorsque Jayne Mansfield le pistonna pour La blonde explosive. Et ce qui devait arriver arriva: le temps de divorcer de leurs conjoints respectifs, les deux tourtereaux se marient en janvier 1958.
La pépée du jour n°9 : Jayne Mansfield (1933-1967)

Mickey Hargitay, Monsieur Univers 1955, et Jayne Mansfield se marièrent en 1958 Le monsieur, pas fou, profita de son statut de costaud pour soupeser la marchandise...

Le millésime 1958 est donc à marquer comme le sommet de la vie, tant professionnelle que personnelle, de l’actrice, alors tout juste âgée de 25 ans. D’autant qu’après les succès remportés par La blonde et moi, puis La blonde explosive, elle tourne encore en vedette dans une comédie romantique où elle donne la réplique à Cary Grant (Embrasse-la pour moi, Donen, 1957) et dans un western du célèbre réalisateur Raoul Walsh (La blonde et le shérif, 1958).
En privé, Jayne Mansfield profite des conseils avisés de Mickey Hargitay pour s’adonner aux joies de la pratique des haltères (comme le démontre ici cette interview réalisée pour la télévision). Les deux tourtereaux ne se limitent toutefois pas à cette seule occupation : Mickey Hargitay Junior naît le 21 décembre 1958, naissance qui sera suivie par celle d’un autre garçon en 1960 (Zoltan Hargitay), puis par celle d’une fille, Mariska Hargitay, en 1964. Pour les amateurs de "New York Unité Spéciale", signalons que Mariska Hargitay est loin d'être une inconnue. C'est elle qui interprète l'inspecteur Olivia Benson depuis 1999 dans cette série TV, un rôle qui lui a valu un Golden Globe en 2005 et un Emmy Award en 2006.
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Dépitée, Sophia Loren s'aperçoit que Jayne Mansfield a nettement plus de "talent" qu'elle (© Don Boyd)

Née le 19 avril 1933 sous le nom de Vera Jayne Palmer, Jayne Mansfield avait grandi avec la ferme intention de devenir une artiste. Douée pour le chant et le violon, elle s’était produite dès l’adolescence sur des planches de théâtre amateur et sa féminité précoce et particulièrement « développée » lui avait rapidement valu de gagner quelques prix de beauté dont le titre admirable de « Miss Lampe à magnésium ».
C’est en 1954 que Jayne Mansfield débarqua officiellement à Hollywood, flanquée d’un premier mari fort accommodant (Paul Mansfield) épousé en 1950, et d’une première petite fille née en novembre de la même année (Jayne Mary Mansfield). Immédiatement repérée par des photographes en mal de beautés hors gabarit, elle posa d’abord comme modèle avant d’être embauchée par les studios. « Jayne était l’une des filles auxquelles je faisais appel, se souvient Gene Lester, un photographe célèbre de l’époque. J’avais fait une photo pour la firme General Electric et elle était à l’extrême gauche du cliché. General Electric m’indiqua qu’ils avaient été obligés de faire disparaître Jayne de la photo car elle était trop sexy pour le calendrier de 1954 ». Tout est dit !
Consécration ultime : Jayne Mansfield devient Playmate du mois de février 1955 pour Playboy. Cette même année 1955, brune devenue blonde sur les conseils d’un producteur, l’actrice en herbe apparaît pour la première fois sur grand écran et tourne quelques films de série B le temps d’accéder à la célébrité mondiale avec La blonde explosive.
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Concours de pectoraux avantageux entre Mickey Hargitay et son épouse, Jayne Mansfield

Si, côté vie privée, Jayne Mansfield et Mickey Hargitay filent le parfait amour depuis 1958 (le couple fait aussi fureur dans des shows très rémunérateurs à Las Vegas), la carrière cinématographique de l’actrice, mise quelque temps entre parenthèses pour donner naissance à ses deux garçons, commence malheureusement à piétiner. En cette fin des années 50, les studios hollywoodiens sont bien embarrassés du statut d’objet sexuel acquis par Jayne et ne savent plus trop quoi faire dudit « objet ».
Le couple Hargitay prend donc l’avion pour la Vieille Europe, là où les producteurs et les spectateurs ont nettement moins froid aux yeux et où des appas généreux sont appréciés à leur juste valeur. L’actrice tourne alors à Londres La blonde et les nus de Soho (1960), nanar pur jus de Terence Young, et le thriller Un compte à régler (Gilling, 1960). Puis elle file à Rome pour exercer ses talents dans un péplum aux côtés de Mickey Hargitay. Dans le kitschissime Les amours d'Hercule (Bragaglia, 1960), Monsieur interprète avec avantage Hercule tandis que Madame joue les deux rôles féminins principaux, histoire de garder le musclor sous la main.
La pépée du jour n°9 : Jayne Mansfield (1933-1967)

Mickey Hargitay et Jayne Mansfield dans Les amours d'Hercule (Bragaglia, 1960) (image : www.allocine.fr)

Le couple se produit ensemble dans deux autres films: Promises, Promises ! (Donovan, 1963) (inédit en France), comédie où Jayne Mansfield se dévoile entièrement (une première pour une star américaine), et Amour primitif (Scattini, 1964), sorte de faux documentaire où la blonde platine officie en Docteur Jane, flanquée de Franco et Ciccio, un duo de comiques transalpins (si vous êtes adeptes de l’humour niveau coussin péteur, vous adorerez…). Mais entre-temps l’histoire d’amour entre Jayne Mansfield et Mickey Hargitay avait tourné en eau de boudin. Le divorce entre les deux époux est prononcé en 1964.
Alors que son ex-époux reste en Europe et se fait un nom dans les films d’exploitation (comme l’irrésistible Vierges pour le bourreau, Hunter, 1964) , Jayne Mansfield se remarie fin 1964 avec le metteur en scène de théâtre Matt Cimber (de son vrai nom Matteo Ottaviano) rencontré lors d’une reprise sur scène de « Bus Stop ». L’actrice y jouait le rôle que Marylin Monroe avait tenu sur grand écran en 1956 dans le film éponyme de Joshua Logan. Alors que ce troisième mariage ne dure pas plus de deux ans et se solde par un cinquième enfant, Jayne Mansfield se produit alors essentiellement dans des night-clubs et des shows à Las Vegas. La carrière cinématographique de l’actrice est en effet au point mort, et ce d’autant que la miss, qui n’a jamais craché sur la bouteille et qui ne s’est pas contenté de sucer les glaçons, voit son physique passablement s’alourdir.
La pépée du jour n°9 : Jayne Mansfield (1933-1967)

Jayne Mansfield dans son dernier film, sorti sur les écrans après sa mort tragique le 29 juin 1967

C’est le 29 juin 1967, lors d’un déplacement à la Nouvelle-Orléans pour se rendre à un talk-show, que la voiture où elle avait pris place s’encastre dans l’arrière d’une remorque. L’actrice, son avocat (et compagnon de l’époque) et le chauffeur décèdent sur le coup, tandis que les enfants, assis à l’arrière, en sortent indemnes. Le choc n’a pas décapité au sens strict Jayne Mansfield mais l’a littéralement scalpée. Celle qui avait fait fantasmer tant d’hommes n’avait que 34 ans. Son dernier film, Single Room Furnished (1968), une œuvrette indépendante poussive réalisée par Matt Cimber, sortira sur les écrans après son décès.

Publié dans La pépée du jour

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