La pépée du jour n°13 : Margaret Lee (1943-)

Publié le par lefilmdujour

Née en Angleterre en 1943 sous le nom de Margaret Gwendolyn Box (mais certains goujats affirment qu'elle a vu le jour en 1939), la Britannique Margaret Lee, sorte de starlette ultime, a su étaler sa plastique irréprochable sur de nombreuses photos et de multiples magazines de charme dans les années 60 et 70. Cela ne l'a guère empêchée de se produire aussi dans près de soixante-dix films et de maîtriser autant la langue de Shakespeare que celle de Dante.

Voilà pourquoi la belle fit la plus grande partie de sa carrière cinématographique en Italie où elle débarqua au tout début des années 1960 pour jouer les figurantes sur le tournage de Cléopâtre de Joseph Mankiewicz. Malheureusement, les scènes où figure la jeune femme n’ont pas été retenues au montage. Margaret Lee en profita néanmoins pour rencontrer son premier mari, Gino Malerba, alors assistant du chorégraphe Hermes Pan.

Dès 1962, Margaret Lee, devenue blonde pour surfer sur les traces d'une Marilyn Monroe passée de vie à trépas, apparaît sur les écrans transalpins. Elle démarre en trombe sa carrière en tête d’affiche dans des péplums et débute face au musclé Reg Lewis dans Maciste contre les monstres (Malatesta, 1961), puis enchaîne au bras hypertrophié de Kirk Morris dans Samson l'invincible (Boccia, 1963).

Mais ce sont surtout les comédies populaires et les parodies qui vont faire de Margaret Lee une vedette en Italie où elle accompagne souvent (14 fois !) le redoutable duo « comique » Franco et Ciccio dont l’humour n’est guère apprécié de ce côté-ci des Alpes. Ces films, d’ailleurs, ne s’aventurent pas hors des frontières de la péninsule… On la voit néanmoins dans un second rôle dans Casanova 70 (1964) de Mario Monicelli où elle fait la bise (et même un peu plus) à Marcello Mastroianni.

Mastroianni et Margaret Lee dans Casanova 70 (Monicelli, 1964). On notera le positionnement stratégique du drap...

Claude Chabrol, qui a l’œil, la repère et la fait jouer dans Le Tigre se parfume à la dynamite (1964), aux côtés de Roger Hanin dans le rôle du « célèbre » agent de la DST. Dans la foulée, Margaret Lee, forte de son statut de femme fatale, va écumer les films d'espionnage européens tournés avec trois francs, six sous. La liste est longue : Fureur sur le Bosphore (Grieco, 1965) avec Ken Clark, New York appelle Superdragon (Ferroni, 1966) avec Ray Danton, Le carnaval des barbouzes (Cardone, 1966) avec Pierre Brice, Opération Marrakech (Sharp, 1966) avec Tony Randall, Ramdam à Rio (Maiuri & Levin, 1966) avec Raf Vallone, Le Tigre sort sans sa mère (Maffei, 1966) avec, à nouveau, Roger Hanin, Coup de maître au service de Sa Majesté britannique (Lupo, 1967) avec Richard Harrison, etc.

Margaret Lee dans les bras de Ray Danton dans New-York appelle SuperDragon (Ferroni, 1966) (image : www.toutlecine.com)

En 1966, Margaret Lee croise pour la première fois Klaus Kinski sur le tournage de Circus of Fear, un thriller produit par Harry Alan Towers qui se lance en ce milieu des années 1960 dans le financement de films horrifiques britanniques. Avec Circus of Fear, réalisé par le transfuge argentin John Llewellyn Moxey avec Christopher Lee en vedette, il adapte un texte de l’écrivain Edgar Wallace dont les œuvres étaient régulièrement transposées sur grand écran en Allemagne avec des acteurs du cru comme, justement, Klaus Kinski... Les deux acteurs, qui vont devenir des amis très proches (et non des amants comme Kinski l’a laissé supposer), se retrouveront ensemble aux génériques d’une douzaine de films.

Margaret Lee entre Robert Stack et Jean Gabin dans Le soleil des voyous (Delannoy, 1967) (image : www.cinema.de)

L’actrice réussit tout de même à donner la réplique à Jean Gabin dans Le soleil des voyous (Delannoy, 1967), à Vittorio Gassman dans Fantômes à l'italienne (Castellani, 1967), à Gian Maria Volonte dans Bandits à Milan (Lizzani, 1967) et même à Rita Hayworth, plutôt au bout du rouleau, dans Le bâtard (Tessari, 1968). On la croise également dans Coplan sauve sa peau (1968) d'Yves Boisset et dans Pas de roses pour OSS117 (1968) d'André Hunebelle. Le réalisateur espagnol culte Jesus Franco, qui sut toujours dénicher les belles créatures, l'embauche aussi pour un film d'horreur avec Christopher Lee (Le trône de feu, 1969).

C'est toutefois dans le film sexy que Margaret Lee va offrir ses plus belles prestations. A son actif : L'auberge des plaisirs (Antel, 1968) où elle joue une Pauline Bonaparte en nuisette, Liz et Helen (Hampton, alias Freda, 1969), giallo à la sauce lesbienne, Vénus en fourrure (Franco, 1969), "à mi-chemin entre Russ Meyer et David Lynch" selon un spectateur qui s'y connaît, Le dépravé (Dallamano, 1970) avec un Dorian Gray interprété par Helmut Berger, etc. Aux côtés de Rosalba Neri, Jane Garret et Gioia Desideri, elle est aussi face à Klaus Kinski encore l'une des Insatisfaites poupées érotiques du Docteur Hitchcock (Di Leo, 1971). Malheureusement, au milieu des années 1970, Margaret Lee, mère d'un deuxième enfant, décide de retourner en Angleterre et de raccrocher. A la plus grande stupéfaction de ses fans...

Kinski et Margaret Lee dans Les insatisfaites poupées du docteur Hitchcock (Di Leo, 1971)

On ne verra plus l'actrice que dans deux films italiens au début des années 80, dont Les derniers monstres (Risi, 1981). Des rumeurs, que le Film du jour n’a toutefois pas réussi à confirmer en surfant sur Internet, indiquent qu'en 1975, Margaret Lee aurait été emprisonnée cinq ans pour avoir zigouillé un fan trop assidu. A sa libération, Ciné-Revue aurait publié un dossier photo dans lequel elle s'offre nue à deux hommes, un dossier titré : "La prison l'a rendue plus fougueuse encore !" (l’info émane du mensuel Mad Movies).

Margaret Lee a eu un premier enfant de son mariage avec Gino Malerba, le producteur Roberto Malerba (Ocean's Twelve, V pour Vendetta, Speed Racer). L’actrice est également la mère de Damian Anderson, né en 1973. On prête aussi à la belle créature des aventures tumultueuses avec Kim Brown, le chanteur des Renegades.

Depuis la fin des années 1980, Margaret Lee vit, semble-t-il, en Californie.

Ci-dessous, la bande-annonce de Liz et Helen avec Klaus Kinski et Margaret Lee :

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Le Cinéphiledu Grenier 30/06/2014 14:37

Merci pour cette bio, plusieurs films cités sont trouvables sur le net. Ils prennent une autre ampleur au vu de cet article.