Ciné glouglou n°3 : Le sous-marin de l'apocalypse

Publié le par lefilmdujour

Ciné glouglou n°3 : Le sous-marin de l'apocalypse
Irwin Allen, 1961
Qu’est-ce qu’un nanar dans le jargon cinématographique ? C’est un film qui nous fait beaucoup rire quand son propos est à l’opposé. Un film qui se situe au-delà du mauvais, du raté, du ridicule et du médiocre. Un nanar concentre à ce point les défauts de réalisation et de direction d’acteurs qu’il en frôle la parodie. Le nanar est un pastiche qui s’ignore et c’est cela, justement, qui nous fait rire aux éclats. C’est cela qui en fait un objet rare que l’on partage entre amis.
On imagine bien qu’un genre comme le ciné glouglou est plus propre à receler du nanar que du chef d’œuvre impérissable du septième art. Et bien détrompez-vous. Le nanar y est aussi rare que dans tout autre genre cinématographique (le chef d’œuvre aussi d’ailleurs). D’où le bonheur qui étreint votre serviteur à l’heure de vous présenter cet inénarrable Sous-marin de l’Apocalypse. Un film pourtant réalisé par Irwin Allen, producteur qui compte à son actif La tour infernale et L’aventure du Poséidon !
Le pitch ? Soudainement, le climat de la planète se réchauffe (c’est dans l’air du temps me direz-vous, sauf que là le thermomètre monte super vite). Alors pourquoi ne pas envoyer une bordée de missiles atomiques dans la stratosphère depuis le Neptune pour régler le problème ? Hein, pourquoi pas ?
Par où débuter ? Par une visite des lieux pardi ! Et là on commence à rire. Vu de l’extérieur, le Neptune (qui surgit tel un bouchon de liège hors des eaux de l’océan arctique) a tout du sous-marin d’aquarium. Mais de l’intérieur il est…euh, beaucoup plus grand. Le poste de commandement est déjà très vaste, truffé de gros boutons de couleur à la Cosmos 99, mais, plus on progresse dans la visite, plus l’impression d’espace s’accentue. La cantine est ainsi aussi large que le réfectoire de la caserne de Vincennes, avec des tables à quatre pieds et des chaises en plastique. Mais que dire de la salle où sont installées diverses machines bizarres, dont un sous-marin de poche ? Un hangar !
Au final, je ne saurais dire quelle scène m’a le plus fait rire. La réunion des scientifiques à l’ONU ? L’attaque de la pieuvre géante ? Si, allez, quand même : vers le milieu du film, nos héros doivent absolument contacter le président des États-Unis mais les communications sont brouillées à cause qu’il fait super chaud dehors. D’où l’idée géniale d’aller se connecter directement sur un câble sous-marin. Où l’on voit un commando d’hommes-grenouilles sortir dans un grand aquarium plein de couleurs, lourdement armés de fusil à tendeur (ceux que vous utilisez pour taquiner les girelles l’été) et de tiges avec un disque de métal au bout (objet à l’usage indéterminé dans le cas présent mais très usité par les chercheurs de bracelets sur nos plages estivales). Je ne mens pas, tout ceci est vrai. Et tout le reste est à l’avenant.
En vous souhaitant une bonne et franche rigolade.
PS : pour la petite histoire, Irwin Allen a tiré une série télévisée du film (« Voyage au fond des mers »), diffusée par ABC de 1964 à 1968. La série a connu quatre saisons et compte toujours des affidés. Elle est disponible en DVD.
Fab Free

Publié dans Ciné glouglou

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