Ciné glouglou n°22 : Les maudits

Publié le par lefilmdujour

Ciné glouglou n°22 : Les maudits
René Clément, 1946
Même si cette histoire n'a que peu à voir, au fond, avec le monde du silence, elle se déroule de A jusqu'à Z dans un U-Boot. Pas d'hésitation donc, la rubrique Ciné glouglou se fait un plaisir d'accueillir ce film de René Clément (auteur de Plein soleil et de Paris brûle-t-il, entre autres).
Le pitch : diverses personnalités de haut rang embarquent dans un sous-marin allemand en avril 1945 pour aller organiser la poursuite de la guerre en Amérique du Sud. Un médecin français est enlevé à Royan pour soigner l'un des protagonistes, blessé au cours d'un grenadage. Les nouvelles de la chute de Berlin et du suicide d'Hitler n'entament pas la détermination des deux responsables de l'opération.
Le film est un huis clos réunissant des personnages désabusés qui ne croient plus à la victoire du Troisième Reich. Le riche industriel italien Garosi, le journaliste collaborateur Couturier ou le scientifique norvégien Ericksen (qui voyage curieusement en compagnie de sa fille de 17 ans) savent leur destin fini dans leur propre pays. Eux, semblent plus fuir qu'organiser la résistance. Au contraire des deux dignitaires du Troisième Reich, le général Von Hauser et l'infect Forster, qui continuent de croire que la guerre n'est pas perdue.
Si le héros et narrateur est le bon docteur Guilbert, le personnage central du film est Forster. Personnage hideux, terrifiant, véritable caricature d'idéologue nazi, il incarne le mal et rien ne résistera à sa volonté et à sa folie. Il voyage avec son gigolo, Willy Morus (incarné par un jeune Michel Auclair), une sorte de petite frappe qui vit à ses crochets et se fait corriger à coups de ceinturon.
Sadomasochisme, adultère, trahison, jalousie. On devine bien que ce petit monde, étouffant dans la promiscuité d'un U-Boot, n'est guère promis au salut. Les Maudits porte bien son nom. C'est bien un périple vers l'enfer qu'ont engagé les personnages.
Au final, on a un film audacieux mais un peu raté. Le personnage de Hilde, femme de Garosi et maîtresse de Von Hauser, est terriblement surjoué par Florence Marly. Certaines scènes en sont un peu ridicules comme ces œillades qu'elle échange avec Willy, tandis que Von Hauser et Forster jouent aux échecs. Beaucoup de dialogues sonnent creux. Enfin, les scènes de bagarres sont particulièrement mal exécutées. On notera ce très beau traveling, le long de la coursive centrale, quand le docteur Guilbert pénètre pour la première fois à bord.
Les Maudits est un bien curieux film qui se laisse regarder.
Fab Free

Publié dans Ciné glouglou

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