George Eastman (1942-2026)
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De son vrai nom Luigi Montefiori, l’acteur et réalisateur italien George Eastman, figure familière des films de genre italiens où sa haute stature (2,06 mètres) en a souvent fait un méchant de taille, est décédé le 20 mai 2026 à l’âge de 83 ans. Les fans du cinéma d’horreur bis se souviendront de lui dans le rôle du tueur cannibale fou qui finit par se manger lui-même dans Anthropophagous (1980) de Joe D’Amato.
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Dès ses débuts sur grand écran à la fin des années 1960 (Mon nom est Pecos, 1966, de Maurizio Lucidi, où il est encore crédité sous son vrai nom), le désormais George Eastman se fait remarquer dans le western à l’italienne dans des rôles de premier plan (Django le taciturne, 1967 de Massimo Pupillo ; Le Dernier tueur, 1967 et Poker au colt, 1967, tous deux signés Giuseppe Vari ; Belle Starr, 1968, de Piero Cristofani et Lina Wertmüller ; Sabata règle ses comptes, 1971, de Sergio Garrone…).
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On le voit aussi dans Django, prépare ton cercueil (1967) et Le Salaire de la haine (1968) de Ferdinando Baldi, Ciakmull, le bâtard de Dodge City (1970) d’Enzo Barboni, Méfie-toi Ben, Charlie veut ta peau (1971) de Michele Lupo (photo en en-tête), Chaco (1971) de Gino Mangini, Les Rangers défient les karatékas (1973) de Bruno Corbucci et Le Tigre de la rivière Kwai (1974) de Franco Lattanzi.
Le western européen jetant ses derniers feux, George Eastman s’oriente vers le cinéma d’épouvante (Baba Yaga, 19783, de Corrado Farina), le polar à l’italienne (Les Chiens enragés, 1973, de Mario Bava ; Pour un dollar d’argent, 1976, d’Alfonso Brescia), la comédie (pas toujours) très fine (Bordella, a.k.a. La Cage aux minets, 1976, de Pupi Avati)…
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George Eastman (à droite) dans Bordella (1976)
Parallèlement, l’acteur développe une activité de scénariste : c’est lui qui est l’auteur du sujet original de Keoma (1976), le western culte d’Enzo G. Castellari avec Franco Nero dans le rôle-titre. C’est toutefois avec le réalisateur Joe D’Amato (de son vrai nom Aristide Massaccesi), grand nom du cinéma bis, que George Estman va collaborer étroitement aussi bien en tant qu’acteur et que scénariste.
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On le voit ainsi dans Emmanuelle et Françoise (1975), Black Emanuelle autour du monde (a.k.a. Le Vice dans la peau) (1977), Anthropophagous donc, La Nuit fantastique des morts vivants (1980), Horrible (1981) de Joe D’Amato et il participe (hors scènes X) aux films dits érotico-exotiques du réalisateur (Le Sexe noir, 1980 ; Hard Sensation, 1980 ; Porno Holocaust, 1981).
Dans la dernière partie de sa carrière d’acteur qui s’achève à la toute fin des années 1980, George Eastman se distingue par son jeu souvent outrancier dans des films postapocalyptiques, des sous-Conan, sous-New York 1999 et autres sous-Mad Max italiens qui flirtent souvent avec le nanar comme Ironmaster – La Guerre du fer (1982) d’Umberto Lenzi, Les Guerriers du Bronx (1982) d’Enzo G. Castellari, 2019 après la chute de New York (1983) de Sergio Martino, Les Nouveaux barbares (1983) d’Enzo G. Castellari, Le Gladiateur du futur (1983) de Joe D’Amato, Blastfighter, l’exécuteur (1984) de Lamberto Bava, Atomic Cyborg (1985) de Sergio Martino, Les Barbarians (1986) de Ruggero Deodato…
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George Eastman dans Ironmaster (1982)
Au-delà de ces séries B, voire Z, George Eastman, grâce à son physique, a aussi tenu de petits rôles dans des films comme Fellini Satyricon (1969), où il est le Minotaure, L’Appel de la forêt (1973) de Ken Annakin, Le Roi David (1985) de Bruce Beresford (où il est Goliath).
Avant de se consacrer quasi exclusivement à l’écriture de scénarios pour la télévision, George Eastman avait réalisé un film d’horreur avec le soutien de Joe D’Amato : Metamorphosis (1989).
Sources : Le western européen (Jean-François Giré, éditions Bazaar) ; Cinéma bis - 50 ans de cinéma de quartier (Laurent Aknin, éditions Nouveau monde) ; George Eastman, la biographie de Nanarland