Alexander Kluge (1932-2026)

Publié le par lefilmdujour

Représentant du Nouveau cinéma allemand des années 1960 et 1970 au même titre que Hans-Jürgen Syberberg, Wim Wenders, Volker Schlöndorff, Werner Herzog, Werner Schroeter, Margarethe von Trotta, Rainer Werner Fassbinder et Helma Sanders-Brahms, le réalisateur et écrivain Alexander Kluge est décédé le 25 mars 2026 à l’âge de 94 ans.

Auteur de courts métrages, de documentaires et d’une dizaine de longs métrages de fiction, Alexander Kluge avait signé en février 1962, avec une vingtaine d’autres jeunes réalisateurs, le Manifeste d’Oberhausen qui visait à prononcer la « mise à mort » de l’industrie cinématographique sclérosée et dominante.

Il décroche dès son premier film de fiction (Anita G., 1966), adaptation de l’une de ses nouvelles, le Grand prix du jury du festival de Venise. Sa propre sœur, Alexandra Kluge, joue le rôle principal de cette œuvre qui narre l’histoire de la difficile insertion d’une réfugiée juive, née en Allemagne de l’Est, dans l’Allemagne occidentale de l’après-guerre. « Kluge crée, avec la séduction d’Alexandra Kluge, un personnage fort, et décrit brillamment le poids des langages institutionnels sur la vie des déshérités, écrit Bernard Eisenschitz dans Le Cinéma allemand (Editions Armand Colin). Au cours des stations d’Anita G., il mélange les manières, papillonnent d’une forme épique aux procédés à la mode, d’une façon qui va devenir caractéristique des jeunes cinémas inspirés de la Nouvelle Vague. »

Le deuxième long métrage d’Alexander Kluge, Les Artistes sous les chapiteaux : Perplexes (1968), se voit couronné par le Lion d’or du festival de Venise 1968. Selon le critique Jean de Baroncelli, dans un article du Monde daté de 1969, « à la fois réaliste et symbolique, le film relate les efforts et les mésaventures d'une jeune femme, trapéziste de profession, qui a la passion du cirque et qui rêve de transformer en œuvre d'art chargée de significations morales, sociales et politiques le simple spectacle de la piste ». Une expérience qui se solde par un échec.

Suivront notamment Dans le danger et la plus grande détresse (1974), coréalisé avec Edgar Reitz, Travail occasionnel d’une esclave (1973), Ferdinand le radical (1975), La Patriote (1979), le docu-fiction La Force des sentiments (1983)... Alexander Kluge a également participé au film collectif L’Allemagne en automne (1978), chronique politique autour du groupe terroriste Fraction armée rouge, aux côtés d’autres réalisateurs allemands comme Rainer Werner Fassbinder, Edgar Reitz, Hans Peter Cloos, Volker Schlöndorff…

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article