L'oeil de Crazy Bug : The Reef

Publié le par lefilmdujour

L'oeil de Crazy Bug : The Reef
Andrew Traucki, 2009, film sorti directement en DVD
Déjà auteur en 2007 d'un film avec grosse bébête croqueuse d'hommes (Black Water et un crocodile en l'occurrence, malheureusement pas vus par l'auteur de ces lignes, qui préféra rester sur la bonne impression laissée par Solitaire, son "concurrent" direct, également australien, avec un Sam Worthington en devenir... je ferme là la parenthèse), Andrew Traucki récidive avec The Reef (du nom de la Grande barrière de corail... toujours en Australie). Mais ici, c'est un requin qui s'y colle.
A quoi bon filmer un requin affamé à l’œil mauvais et à la nageoire baladeuse alors que Steven Spielberg, il y a plus de trente ans, a réalisé l’œuvre ultime sur le sujet, me direz-vous ? Eh bien, matez-vous The Reef, vous ne le regretterez pas. Car Andrew Traucki, pas manchot avec sa caméra, traite le sujet sur le mode du huis clos... sauf que le huis clos, ici, c'est la mer à perte de vue et que, sous la surface de l'eau où barbotent nos héros, il y a le monstre, à la fois si lointain et si proche.
Pour résumer l'action - en fait, il n'y en a pas, d'action, comme tout bon huis clos qui se respecte -, nous dirons juste qu'un jeune homme spécialiste du convoyage de bateaux de plaisance convainc quatre de ses connaissances (dont son ex-petite amie) de se joindre à lui lors d'un voyage en mer. Malheureusement, l'embarcation se retourne et prend l'eau et nos amis n'ont d'autre alternative que de rallier à la nage l'île la plus proche. Fait exprès, la zone est infestée de requins et l'un de ces animaux est bien décidé à ne pas lâcher de si tendres proies, dût-il les suivre et les traquer sur des kilomètres.
Le suspense est vraiment maîtrisé et l'angoisse est savamment distillée (on ne sait jamais quand et où va attaquer la bête, une vraie, et pas une créature mécatronique qui tombe en panne). De plus, on se croirait vraiment en pleine mer et, pour moi, ça suffit à me donner la chair de poul(p)e. Un rapide coup d’œil aux bonus du DVD nous apprend pourtant que tout a été tourné à dix mètres à tout casser d'une plage paradisiaque... Un tour de force que le jeu des acteurs, inconnus dans nos contrées mais très crédibles (mention pour le rôle principal, Damian Walshe-Howling, particulièrement charismatique), contribue à nous faire apprécier à sa juste valeur. Quand on apprend que le film s'inspire d'une histoire vraie, les frissons rétrospectifs sont de mise.
A consommer sans modération, une bouée autour du bide et la tapette à mouches à portée de main.
Crazy Bug
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