Laura Antonelli (1941-2015)

Publié le par lefilmdujour

Laura Antonelli (1941-2015)
Actrice italienne emblématique des années 1970, Laura Antonelli est décédée le 22 juin 2015 à l'âge de 73 ans. Le Monde du 8 juin 2010 nous avait appris que l'actrice, retirée du monde du cinéma depuis le début des années 90, vivait dans la misère à une quarantaine de kilomètres de Rome. Suite à une lettre de l'acteur Lino Banfi adressée au ministre de la Culture italien, ce dernier avait décidé d'attribuer à Laura Antonelli une indemnité mensuelle au nom d'une loi pour les indigents du monde de l'art et du spectacle. "Je remercie tous ceux qui se sont occupés de moi. Cela me plairait de vivre d'une façon plus digne et plus sereine, même si la vie terrestre ne m'intéresse plus. Je voudrais seulement qu'on m'oublie", avait commenté l'actrice. Son calvaire est terminé.
Laura Antonelli (1941-2015)
Sexe-symbole italien des années 70 et compagne de Jean-Paul Belmondo à la même époque, Laura Antonelli, née Laura Antonaz en 1941, aurait enseigné la gymnastique et les mathématiques. On imagine les ravages dans les lycées parmi les adolescents boutonneux ! Révélée par une émission de télévision, elle démarre sa carrière cinématographique en 1966 en jouant notamment dans L'espion qui venait du surgelé, long métrage de Mario Bava avec Vincent Price, grand spécialiste des films fantastiques.
Pendant plusieurs années, Laura Antonelli, malgré son bagage intellectuel, doit toutefois se contenter de seconds rôles sexy dans des films où le port du soutien-gorge n'est pas obligatoire (Révolution sexuelle, Ghione, 1968 ; La Vénus en fourrure, Dallamano, 1969 ; Obsédé malgré lui, Fulci, 1970 ; Ma femme est un violon, Festa Campanile, 1971).
Laura Antonelli (1941-2015)

Laura Antonelli et Jean-Paul Belmondo dans Docteur Popaul (Chabrol, 1972)

C'est dans notre beau pays qu'elle commence à trouver des rôles plus intéressants. Elle côtoie ainsi Jean-Paul Belmondo dans Les mariés de l'an II (Rappeneau, 1971) et dans Docteur Popaul (Chabrol, 1972), puis Jean-Louis Trintignant et Jean-Pierre Marielle dans Sans mobile apparent (P. Labro, 1972).
Mademoiselle Antonelli devient véritablement une star en Italie grâce à Malicia de Salvatore Samperi (1973), une comédie légèrement salace où elle joue le rôle d'une jeune fille à porte-jarretelles, embauchée comme bonne dans un foyer où la mère vient de mourir et où elle attire les convoitises simultanées du père et du fils, interprété par Alessandro Momo. Antonelli et Momo remettront le couvert l'année suivante, toujours sous la direction de Samperi, dans Péché véniel (1974).
Laura Antonelli (1941-2015)

Le film qui fit accéder Laura Antonelli (et ses porte-jarretelles) au rang de méga-star (image : www.encyclocine.com)

Les plus grands réalisateurs de la péninsule italienne font alors appel à Laura Antonelli : Luigi Comencini (Comment suis-je tombée aussi bas ?, sans doute l'une de ses meilleures interprétations ; Le mariage de Catherine, 1982), Dino Risi (Sexe fou, 1973 ; Les derniers monstres, 1982), Luchino Visconti (L'innocent, 1976), Mauro Bolognini (Gran Bollito, 1977 ; La Vénitienne, 1987), Ettore Scola (Passion d'amour, 1980, avec Bernard Giraudeau), etc.
Sa carrière néanmoins marque le pas à partir de la fin des années 80 et son inculpation en 1991 dans une sombre affaire de drogue, pour laquelle elle sera blanchie en appel, met un terme définitif à sa destinée cinématographique. D'autant qu'une opération de chirurgie esthétique, réalisée à la veille du tournage d'une suite de Malicia, la défigure salement... La vie est moche, parfois.

Publié dans Claps de fin

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