Magali Noël (1931-2015)

Publié le par lefilmdujour

Magali Noël (1931-2015)
Chanteuse, danseuse, comédienne et fantasme fellinien à l’œuvre dans La dolce vita (1960), Satyricon (1969) et, surtout, Amarcord (1973), chef-d’œuvre où l'actrice interprète la pulpeuse Gradisca, coiffeuse dont tous les hommes sont amoureux et qui rêve de Hollywood et de Gary Cooper en passant devant le cinéma de la ville où Fellini passa son enfance, Magali Noël est décédée le 23 juin 2015 à l'âge de 83 ans.
Née en 1931 à Smyrne (Izmir) en Turquie, mais élevée en France, Magali Noël étudie dès son plus jeune âge le chant, la musique et la danse. Elle débute comme chanteuse de cabaret à l'âge de seize ans et se produit dans des revues. Elle suit aussi des cours dramatiques et se fait alors remarquer sur les scènes de théâtre parisiennes.
Magali Noël (1931-2015)

Jean Gabin et Magali Noël dans Razzia sur la chnouf (Decoin, 1955) (image : www.toutlecine.com)

C'est en 1950 que Magali Noël démarre sa carrière sur grand écran, dans Demain, nous divorçons de Louis Cuny, avec Jean Desailly et Sophie Desmarets en vedettes. Mais c'est en 1955 que le public la découvre vraiment, d'abord dans Du rififi chez les hommes (Dassin, 1954), puis face à Jean Gabin et Paul Frankeur dans Razzia sur la chnouf (Decoin, 1955). "J'étais très très intimidée la première fois que j'ai vu Gabin, avait récemment confié Magali Noël à la revue Schnock (n°4). Il était là, dans un fauteuil, je suis arrivée : "Bonjour Monsieur Gabin". Il a dit, en m'indiquant de m'asseoir : "Allez la môme, pose ton gagne-pain là-dessus." Je me disais :" "Il a une drôle de façon de me parler." Mais il a été adorable avec moi."
Magali Noël (1931-2015)

Magali Noël et Jean Poiret dans Assassins et voleurs (Guitry, 1956) (image : www.toutlecine.com)

Magali Noël enchaîne avec des prestations tout aussi remarquées dans Les grandes manœuvres (1955) de René Clair, Elena et les hommes (1955) de Jean Renoir et Assassins et voleurs (1956) de Sacha Guitry.
Devenue une star en France, l'actrice se spécialise dans les rôles de femmes fatales et de vamps dans des films comme OSS 117 n'est pas mort (Sacha, 1956) avec Ivan Desny dans le rôle-titre, Le désir mène les hommes (Roussel, 1957), où elle louvoie entre les beaux Philippe Lemaire, Christian Marquand et Gérard Blain, dans Des femmes disparaissent (Molinaro, 1959) face à Robert Hossein, ou Oh ! Qué Mambo (Berry, 1958), où elle donne la réplique à Dario Moreno et au duo Poiret/Serrault.
Magali Noël (1931-2015)

Magali Noël est la mutine Gradisca dans Amarcord (1973) de Federico Fellini

Magali Noël enchaîne les films jusqu'en 1965 tant en France qu'en Italie, mais, hormis La dolce vita et La fille dans la vitrine (Emmer, 1961), aucun long métrage où elle joue ne sort du tout-venant du cinéma populaire de l'époque. L'actrice, qui mène parallèlement une carrière au théâtre et une carrière de chanteuse (c'est elle qui interprète "Fais-moi mal, Johnny", l'un des premiers rocks français, écrit par Boris Vian) va alors très nettement moins tourner à partir de la fin des années 60.
Mais, au-delà des escapades felliniennes de Satyricon et d'Amarcord, on la voit encore dans de très bons films comme Z (Costa-Gavras, 1970), Les rendez-vous d'Anna (Ackerman, 1978) et La mort de Mario Ricci (Goretta, 1982). Les dernières fois que Magali Noël est apparue sur grand écran, c'était dans Pentimento (1989) de Tonie Marshall, La fidélité (2000) d'Andrzej Zulawski (elle y joue la mère de Sophie Marceau) et La vérité selon Charlie (2002) de Jonathan Demme, où elle interprète la "mystérieuse dame en noir".
Épouse depuis quarante ans d'un directeur d'une grande maison de disques helvète, Magali Noël vivait en Suisse. Dans les années soixante, elle avait été mariée au comédien Jean-Pierre Bernard.

Publié dans Claps de fin

Commenter cet article