Ken Russell (1927-2011)
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Le réalisateur britannique Ken Russell est décédé le 27 novembre 2011 à l'âge de 84 ans.
Réputé pour ses audaces visuelles et scénaristiques, Ken Russell réalisa quelques biographies délirantes et flamboyantes de personnalités artistiques comme le sculpteur Henri Gaudier (Le Messie sauvage, 1972) ou les compositeurs Tchaïkovski (La Symphonie pathétique, 1970), Mahler (Mahler, 1974) ou Liszt (Listomania, 1975). Ce dernier film inspira, dit-on, Baz Luhrmann (Moulin-Rouge) et Sofia Coppola (Marie-Antoinette).
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Richard Chamberlain/Tchaïkovski dans La Symphonie pathétique/Music Lovers
C'est avec Love (1969), adaptation du Women in love de DH Lawrence, que Ken Russel, jusqu'alors spécialisé dans les documentaires pour la télévision, a vraiment commencé à chahuter la planète cinéma.
Avec fracas puisqu'on y voit pour la première fois dans une œuvre non "underground" des zigounettes masculines (lors de l'affrontement d'Oliver Reed et d'Alan Bates, nus comme des vers). Love, qui vaut à Ken Russell une nomination à l'Oscar de meilleur réalisateur (et l'Oscar de la meilleure actrice à Glenda Jackson) est désormais considéré comme une œuvre phare par son approche directe de la sexualité et de l'homosexualité.
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Alan Bates et Oliver Reed dans Love (1969)
Ken Russell a également maille à partir avec la censure lors de la sortie sur les écrans des Diables (1971), film baroque inspiré de l'affaire des possédées de Loudun et traversé de nonnes lubriques (dont Vanessa Redgrave).
On doit également à Ken Russell la mise en images hallucinées de l'opéra-rock des Who Tommy (1975), un biopic échevelé de Rudolf Valentino (Valentino, 1977, avec Rudolf Noureïev dans le rôle-titre), le film fantastique Au-delà du réel (1981, avec un William Hurt sous champignons hallucinogènes), une ode trash à la beauté de l'actrice Kathleen Turner (Les Jours et les nuits de China Blue, 1984) et une vision particulièrement personnelle de la création de Frankenstein par Mary Shelley dans Gothic (1986).
Ci-dessous, la bande-annonce des Diables de Ken Russell avec Vanessa Redgrave (attention, des scènes peuvent choquer) :