Isabelle Weingarten (1950-2020)

Publié le par lefilmdujour

Mannequin, photographe de plateau, actrice dans une quinzaine de longs métrages tournés pour le cinéma, Isabelle Weingarten est décédée le 3 août 2020 à l’âge de 70 ans des suites d’une longue maladie.

Découverte en 1971 sur une photo de mode par Robert Bresson, le réalisateur lui confie le rôle principal féminin de Quatre nuits d’un rêveur (1971), celui d’une jeune femme qui tente une nuit de sauter dans la Seine et qui en est empêchée par un homme auquel elle va se confier.

Isabelle Weingarten dans Quatre nuits d'un rêveur (1971)

On la voit ensuite dans La Maman et la putain (1972) de Jean Eustache, La Vérité sur l’imaginaire passion d’un inconnu (1973) de Marcel Hanoun (avec aussi un certaine Anne Wiazemsky, qui a également débuté chez Bresson, dans Au hasard Balthazar, 1965, en l’occurrence), Les Enfants du placard (1976) de Benoît Jacquot, Petit Joseph (1981) de Jean-Michel Barjol, Le Territoire (1981) de Raoul Ruiz, L’État des choses (1981) de Wim Wenders (dont elle est la compagne depuis 1980 et ce jusqu’en 1983), Le Soulier de satin (1985) de Manoel de Oliveira.

Isabelle Weingarten dans L’État des choses (1981)

Alors qu’Isabelle Weingarten a déjà commencé de travailler comme photographe de plateau dès 1977 (à la demande de Bresson pour Le Diable probablement), la photographie devient son activité principale à partir de 1986.

En tant qu’actrice, elle apparaît encore dans Un amour à Paris (1986) de Merzouk Allouache, Caftan d’amour (1987) de Moumen Smihi, Erreur de jeunesse (1988) de Radovan Tadic, On appelle ça le printemps (2000) de Hervé Le Roux et Le Lion est mort ce soir (2016) de Nobuhiro Suwa.

Dans le numéro de septembre 2020 des Cahiers du cinéma, Marcos Uzal a écrit d’Isabelle Weingarten : « Elle est […] plus qu'une actrice : une apparition, une présence à la fois irradiante et mystérieuse, dont l'aura importe plus que le jeu. Et ce n'est pas un hasard qu'elle incarne par deux fois la Vierge Marie (pour Marcel Hanoun et pour les plasticiens Pierre et Gilles) ».      

Publié dans Claps de fin

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