Le Film du jour n°23 : Les malabars sont au parfum

Publié le par lefilmdujour

Un film français de Guy LEFRANC (1965) avec Roger Pierre et Jean-Marc Thibault, Darry Cowl, Francis Blanche, Henri Salvador, Sophie Agacinski...

Homonyme du héros inventé par l'auteur de BD Jacques Martin, Guy Lefranc (1919-1994), le réalisateur des Malabars sont au parfum, avait débuté sa carrière de cinéaste sous les meilleurs auspices. Louis Jouvet lui avait mis le pied à l'étrier en lui confiant en 1950 la réalisation de la deuxième version cinématographique parlante de Knock, la fameuse pièce comique ("Ça vous grattouille ou ça vous chatouille ?") de Jules Romains.

C'est également Guy Lefranc qui mit en scène le grand acteur en 1951 dans son dernier film, Une histoire d'amour. Dans ce long métrage inspiré de Roméo et Juliette, Louis Jouvet excelle dans le rôle d'un inspecteur de police qui prend le parti des deux amoureux prêts à vivre leur histoire jusqu'à la mort et qui dénonce l'égoïsme des bourgeois, la médiocrité des minables et la lâcheté des gagne-petit.

Guy Lefranc signa la mise en scène du dernier film tourné par Louis Jouvet (image : www.cinema-francais.fr)

Malheureusement, après ce film, Guy Lefranc rejoignit la cohorte des réalisateurs français de deuxième zone malgré une bonne comédie, Suivez-moi jeune homme, signée en 1958. Il se mit notamment au service de Fernand Raynaud, humoriste pas très gâté, il faut bien le dire, par le cinéma : La bande à papa (1955), Fernand cow-boy (1956), Salut Berthe (1968), L'Auvergnat et l'autobus (1969). Oscillant entre un Capitaine Pantoufle (1953) et un Cause toujours, mon lapin (1960), Guy Lefranc mit également en boîte des San Antonio qui consternent aujourd'hui encore les amateurs de Frédéric Dard (Sale temps pour les mouches, 1966 ; Béru et ces dames, 1970). Son dernier film ? Et qu'ça saute ! en 1970... Ce fut son testament cinématographique...

Les malabars sont au parfum, l'histoire : Michel Bouchard est un inventeur. Et pas un petit ! Son invention a de quoi laisser bouche bée. Il a découvert le moyen de faire rendre aux vaches... 200 litres de lait par jour. De quoi faire la une de L'écho des mamelles ! Toutes les grandes puissances s'intéressent à l'invention et cherchent à kidnapper Dorothée, la vache expérimentale qui aurait fait le bonheur de la main de Jacques Chirac au salon de l'Agriculture. Les ministères français de l'Industrie et de l'Agriculture décident de mettre sous protection notre héros, qui vient de se marier, et l'animal au pis herculéen. C'est le début d'aventures rocambolesques (faut bien vous donner envie de voir le film, disponible en DVD !).

Roger-Pierre et Jean-Marc Thibault en 1970 (image : Rémy Genoud)7

Tous deux nés en 1923, Roger Pierre et Jean-Marc Thibault, en vedette dans Les malabars sont au parfum, ont démarré leur carrière de duettistes au cabaret en 1947. Ils tournent leur premier film en commun en 1952 (Une vie de garçon de Jean Boyer). Ils apparaîtront ensemble dans près d'une vingtaine de films comiques, dont la plupart assez drôles bien que signés en général par des deuxièmes, voire des troisièmes couteaux du cinéma français : André Berthomieu (Le portrait de son père, 1953 ; Les deux font la paire, 1954), Jean Bastia (Nous autres à Champignol, 1956), Jean Laviron (Les motards, 1958 ; Les héritiers, 1959), Francis Rigaud (Nous irons à Deauville, 1962 ; Les gros bras, 1964 ; Les baratineurs, 1965 ; Faites donc plaisir aux amis, 1968 ; Des vacances en or, 1969), Guy Lefranc (Les malabars sont au parfum), Gilles Grangier (Gross Paris, 1973), etc.

Jean-Marc Thibault a lui-même réalisé trois films du duo : La vie est belle (cosigné avec Roger Pierre, 1956), Vive les vacances (1957) et Un cheval pour deux (1961). Les deux hommes ont également connu un énorme succès à la télévision de 1972 à 1975 avec les séries historico-comiques "Les maudits rois fainéants" et "Les z'heureux rois z'Henri".

Un exemplaire de la discographie du célèbre duo (image : reichshoffen.free.fr)

Les deux acteurs, qui ont mis fin à leur duo d'un commun accord en 1978, peuvent aussi être du plus grand sérieux. Jean-Marc Thibault a ainsi joué dans La femme-flic (1979) et Allons z'enfants (1980), deux films d'Yves Boisset, un metteur en scène pas vraiment porté sur la plaisanterie, et, plus récemment, s'est glissé dans la peau d'un facho dans Féroce (de Maistre, 2000). Il a également tourné un tout petit rôle dans Un homme et son chien (2008) de Francis Huster et interprété le père de Jean/Vincent Lindon dans Mademoiselle Chambon (2008) de Stéphane Brizé.

J.-M. Thibault est marié depuis 1983 à l'actrice Sophie Agacinski rencontrée justement sur le tournage des Malabars sont au parfum. Sophie Agacinski est la sœur de l'épouse de Lionel Jospin.

Décédé des suites d'un cancer le 23 janvier 2010 à l'âge de 86 ans, Roger Pierre avait été remarquable dans le rôle de l'un des "rats" de laboratoire du professeur Laborit dans Mon oncle d'Amérique (Alain Resnais, 1980). Il avait retrouvé il y a peu Alain Resnais pour une courte apparition (en client de la dentiste jouée par Sabine Azéma) dans Les herbes folles (2009).

Ci-dessous, l'un des fameux sketches de Roger-Pierre et Jean-Marc Thibault :

Publié dans Titres rigolos

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