Bruno Ganz (1941-2019)

Publié le par lefilmdujour

Il avait été Damiel, l’ange qui scrute un Berlin encore coupé en deux et qui tombe amoureux d’une belle trapéziste dans Les Ailes du désir (1987) de Wim Wenders. Il s’est définitivement envolé le 15 février 2019. L’acteur suisse Bruno Ganz est décédé à l’âge de 77 ans.

Considéré comme l’un des acteurs germanophones les plus importants de l’après-guerre, Bruno Ganz débute sur les planches en 1961 et cofonde en 1970 avec  Peter Stein la compagnie théâtrale Berliner Schaubühne. Au cinéma, il obtient l’un de ses premiers rôles importants avec Wim Wenders, déjà, et L’Ami américain (1976), où Bruno Ganz incarne un homme qui se pense condamné par la maladie et qui accepte, moyennant finances, d’assassiner sur commande, s'engageant finalement dans une quête existentielle.

L’acteur travaille aussi avec Éric Rohmer (La Marquise d’O, 1975), Peter Handke (La Femme gauchère, 1977), Werner Herzog (Nosferatu, fantôme de la nuit, 1978), Wolfgang Petersen (L’Echiquier de la passion, 1978), Claude Goretta (La Provinciale, 1980), Mauro Bolognini (La Dame aux camélias, 1980), Volker Schlöndorff (Le Faussaire, 1981) et Alain Tanner (Dans la ville blanche, 1982).

Prix de la mise en scène au festival de Cannes, Les Ailes du désir fait connaître Bruno Ganz à un public international. L’acteur retrouve Wim Wenders dans la suite de ce film, Si loin, si proche (1993), Grand Prix spécial du jury lors de l'événement cannois, puis joue pour le grand cinéaste grec Theo Angelopoulos dans L’Eternité et un jour (1998), Palme d’or du festival.  

Bruno Ganz est toutefois définitivement consacré pour son interprétation de l’un des personnages les plus détestés de l’Histoire, Adolf Hitler, dans La Chute (2004) d’Oliver Hirschbiegel, qui décrit les derniers jours du Führer en 1945. Suisse et non allemand, il est le premier acteur de langue germanique à incarner Hitler.

Depuis on l’avait vu dans La Bande à Baader (2008) d’Uli Edel, où il est Horst Herold, officier de police allemand connu pour son action antiterroriste contre la Fraction armée rouge, The Reader (2008) de Stephen Daldry, film qui permit à Kate Winslet de décrocher l’Oscar de la meilleure actrice, et Sport de filles (2011) de Patricia Mazuy, où il est une ancienne gloire impayable du dressage de chevaux.

Ridley Scott (Cartel, 2012), Barbet Schröder (Amnesia, 2014), Atom Egoyan (Remember, 2014), Sally Potter (The Party, 2016) et Lars von Trier (The House That Jack Built, 2017), qui le hisse au rang d’un nouveau Virgile guidant Matt Dillon dans les cercles de l’Enfer, avaient ces dernières années fait appel à Bruno Ganz qui avait reçu en 1996 des mains de l’Autrichien Josef Mainrad l’anneau d’Iffland, propriété de l’État autrichien, une distinction accordée par le plus grand acteur de théâtre de langue allemande à celui digne d’être son successeur.

On pourrait voir Bruno Ganz une dernière fois sur grand écran dans le prochain film de Terrence Malick, Radegund.

Publié dans Claps de fin

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