La rubrique d'Anna le Gésic : La solitude des nombres premiers

Publié le par lefilmdujour

La rubrique d'Anna le Gésic : La solitude des nombres premiers
Saverio Constanzo, 2010, film sorti en salles le 4 mai 2011
Beau titre pour un film qui l'est tout autant. Les nombres premiers sont ces nombres aux propriétés singulières qui ne sont divisibles que par 1 et par eux-mêmes et qui se trouvent par la force des choses isolés les uns des autres : 3, 5, 7, 11, 13, 17, etc. Évidemment, les nombres premiers symbolisent les deux personnages principaux du film de Saverio Constanzo.
A la suite d'événements tragiques de leur enfance, événements que l'on ne connaîtra pas immédiatement, Mattia et Alice se sont enfermés dans une solitude effroyable. Au moment de l'adolescence, ils se rencontrent mais ils vont se croiser et se frôler pendant des années sans jamais vraiment réussir à partager leurs émotions.
Mais j'en ai déjà trop dit. A la construction très fragmentée (le film couvre plusieurs périodes de la vie des protagonistes), La solitude des nombres premiers est (presque) articulé comme un thriller psychologique. Et le fait que le réalisateur ait réutilisé une musique qu'Ennio Morricone composa pour un giallo de Dario Argento (L'oiseau au plumage de cristal si je ne m'abuse) n'est certainement pas fortuit. Par les éclairages de certaines scènes (le début et la fête avec les enfants notamment), le film rappelle d'ailleurs les célèbres thrillers d'Argento.
Profondément émouvant mais refusant tout pathos, La solitude des nombres premiers est un film d'une beauté formelle assez éblouissante, porté par des acteurs proprement hallucinants. Mention aux deux acteurs principaux, Luca Marinelli et Alma Rohrwacher, vue il y a peu dans Amore, ainsi qu'à Isabella Rossellini qui joue la mère de Mattia (et qui retrouve là un beau rôle de mère après celui qu'elle interprétait dans Two Lovers de James Gray).
Adapté paraît-il d'un best-seller italien, le film de Saverio Costanzo redonne foi dans un cinéma transalpin qui ne se limite pas, loin s'en faut, à Nanni Moretti (comme voudraient nous le faire croire des distributeurs français de plus en plus frileux). Et on n'hésitera pas à l'écrire : il y a de l'Antonioni - et du meilleur - dans La solitude des nombres premiers !
Anna le Gésic
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