Joan Fontaine (1917-2013)

Publié le par lefilmdujour

Joan Fontaine (1917-2013)
De son vrai nom Joan de Havilland, sœur cadette d’Olivia De Havilland (la Mélanie d’Autant en emporte le vent) et inoubliable seconde Madame de Winter dans le Rebecca (1940) d’Alfred Hitchcock, l’actrice américaine d’origine britannique Joan Fontaine est décédée le 15 décembre 2013 à l’âge de 96 ans. L’essentiel de la carrière cinématographique de Joan Fontaine se situe exactement entre le premier film hollywoodien de Hitchcock (Rebecca donc) et le dernier film hollywoodien de Fritz Lang (L’invraisemblable vérité, 1956, où l’actrice interprète la fiancée du faux/faux coupable joué par Dana Andrews).
Joan Fontaine (1917-2013)
D’un an plus jeune que sa célèbre sœur, Joan Fontaine débute au cinéma en 1935 sous le nom de Joan Burfield mais elle adopte rapidement le nom du second mari de sa mère, l’actrice Lillian Fontaine. Pour le studio RKO, l’actrice enchaîne d’abord les petits rôles dans des productions majeures (Femmes, Gunga Din) et les premiers rôles dans des films mineurs, alors qu’au même moment Olivia De Havilland, d’un an plus âgée, vole de succès en succès au bras d’Errol Flynn pour la Warner Bros. (Capitaine Blood, La charge de la brigade légère, Les aventures de Robin des Bois, Les conquérants…). La destinée de Joan Fontaine prend toutefois un tour plus engageant lorsqu’elle est retenue par le producteur David O. Selznick pour interpréter, face à Laurence Olivier, l’héroïne de Rebecca, adaptation du roman de Daphné Du Maurier (photo ci-dessus). Le rôle l’élève immédiatement au rang de star et lui permet de décrocher une première nomination à l’Oscar de la meilleure actrice.
Joan Fontaine (1917-2013)
Hitchcock fait de Joan Fontaine une autre épouse inquiète, face à Cary Grant, dans Soupçons (1941) (photo ci-contre), prestation qui, cette fois-ci, lui vaut l’Oscar… face à Olivia de Havilland, nommée la même année pour son rôle dans La porte d’or (1941) de Mitchell Leisen. La rivalité entre les deux sœurs avait toujours été féroce mais la cérémonie des Oscar 1942 envenime les tensions… L’aînée s’offrira néanmoins la statuette tant convoitée – et par deux fois – quelques années plus tard (pour A chacun son destin, Leisen, 1946 et L’héritière, Wyler, 1949). Joan Fontaine aurait dit un jour : « Je me suis mariée la première, j'ai gagné l'Oscar avant Olivia et, si je meurs la première, nul doute qu’elle sera blême parce que je serai encore passée devant elle ». Nul ne sait si Olivia De Havilland qui a fêté ses 97 ans le 1er juillet dernier a pâli à l’annonce du décès de sa sœur à qui elle n’avait plus adressé la parole depuis les années 1970…
Joan Fontaine (1917-2013)
Durant toutes les années 1940, Joan Fontaine multiplie les compositions de jeunes femmes réservées mais néanmoins énamourées d’hommes plus ou moins inaccessibles. Elle est Tessa, la nymphe au cœur fidèle (1942) dans un film d’Edmund Goulding, Jane Eyre (face à Orson Welles) dans l’adaptation du roman de Charlotte Brontë réalisée en 1944 par Robert Stevenson, amoureuse d’un pirate français dans L’aventure vient de la mer (Leisen, 1944), Autrichienne minée par son amour sans espoir pour un bellâtre (Louis Jourdan) dans Lettre d'une inconnue (1948) (photo ci-dessus), extraordinaire film de Max Ophüls. L’actrice tourne néanmoins aussi dans des comédies (Les caprices de Suzanne, Seiter, 1945 ; La valse de l’empereur, Wilder, 1947 ; L’extravagante Mademoiselle Dee, H.C. Potter, 1948) et se prête, dans quelques films noirs, aux rôles de femme fatale (Le crime de Madame Lexton, S. Wood, 1947) ou de bonne amie d’hommes en péril (Les amants traqués, Foster, 1948).
Joan Fontaine (1917-2013)
Au cours de la décennie suivante, les rôles au cinéma se font moins intéressants pour Joan Fontaine. On la repère néanmoins en exquise Lady Rowena aux côtés d'Elizabeth Taylor (photo ci-contre) dans Ivanhoé (1952) de Richard Thorpe (1952) et, un peu plus tard, dans Une île au soleil (Rossen, 1956), dans lequel son idylle avec Harry Belafonte fait scandale, ainsi que dans le très bon film de Fritz Lang cité plus haut, son dernier rôle vraiment intéressant. A partir du milieu des années 1950, Joan Fontaine se consacre alors essentiellement au théâtre et à la télévision.
Joan Fontaine (1917-2013)
Au cours des années 1960, on ne la reverra que trois fois sur grand écran. En 1960, Joan Fontaine joue aux côtés de Jennifer Jones et Jason Robards dans Tendre est la nuit, adaptation du roman de Fitzgerald par Henry King. En 1961, elle fait partie de l’équipage du Sous-marin de l’apocalypse d’Irwin Allen. En 1966, l’actrice apparaît pour la dernière fois au cinéma dans Pacte avec le diable, un film britannique des studios Hammer (photo ci-dessus). Elle y est une institutrice anglaise qui revient d’Afrique où elle a vécu une expérience traumatisante avec un sorcier local…
Mariée quatre fois, Joan Fontaine fut l’épouse de l’acteur Brian Aherne (1939-1945) et des producteurs William Dozier et Collier Young. L’actrice déclara un jour : « J’espère mourir sur scène à l’âge de cent cinq ans en jouant Peter Pan. » C’est raté… mais de peu !

Publié dans Claps de fin

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