Virna Lisi (1936-2014)

Publié le par lefilmdujour

Beauté blonde et racée qui obtint sur le tard un Prix d’interprétation à Cannes en 1994 pour le rôle vipérin et glaçant de Marie de Médicis dans La reine Margot (1993) de Patrice Chéreau, l’actrice italienne Virna Lisi est décédée le 18 décembre 2014 à l’âge de 78 ans.

Virna Lisi avait débuté au cinéma en 1953 à 17 ans et enchaîné jusqu’en 1960 plus d’une vingtaine de rôles dans de nombreux films populaires, mélodrames, policiers, comédies chantées, films historiques… dont quasiment aucun, en fin de compte, n’est entré dans l’histoire du cinéma : Cardinal Lambertini (Pastina, 1954), Le voiturier du Mont-Cenis (Brignone, 1954), L’amour d’une mère (Borghesio, 1954), Les 18 ans (Mattoli, 1955), Sous les griffes du tyran (Capuano, 1957), Le maître de forges (Majano, 1957), Un seul survivra (Mauri & Bianchi, 1958), Seule contre les Borgia (Chili, 1959), Un de la réserve (Steno, 1959)…

Virna Lisi et Alain Delon dans La tulipe noire (Christian-Jaque, 1963)

Les choses commencent à changer au début des années 1960 où on voit Virna Lisi dans l’excellent péplum de Sergio Corbucci, Romulus et Remus (1961). Coproductions aidant, elle joue Francesca, l’épouse du (faux) écrivain interprété par Stanley Baker et obnubilé par Eva/Jeanne Moreau dans Eva (1962) de Joseph Losey, puis la victime du couple Pierre Brasseur/Marina Vlady dans Les bonnes causes (1962) de Christian-Jaque.

Virna Lisi passe alors la vitesse supérieure et donne la réplique aux plus grands : Alain Delon dans La tulipe noire (Christian-Jaque, 1963), Marcello Mastroianni dans Casanova 70 (Monicelli, 1964), Jack Lemmon dans Comment tuer votre femme (Quine, 1964), Vittorio Gassman (Une vierge pour le prince, Festa-Campanile, 1965), Frank Sinatra (Le hold-up du siècle, Donohue, 1966), Anthony Quinn (La 25e heure, Verneuil, 1966), Tony Curtis et George C. Scott (Deux minets pour Juliette, Panama, 1966), Rod Steiger (La fille et le général, Festa-Campanile, 1967), William Holden et Bourvil (L’arbre de Noël, Young, 1969)… La Palme d’or du festival de Cannes 1966 décrochée par Ces messieurs-dames (1965) de Pietro Germi lui doit aussi beaucoup.

Virna Lisi et Jack Lemmon dans Comment tuer votre femme (Quine, 1964)

Au début des années 1970, après avoir joué coup sur coup plusieurs films du réalisateur Sergio Gobbi (Le temps des loups, 1969 ; Un beau monstre, 1970 ; Les galets d’Etretat, 1971), Virna Lisi, qui a préféré casser son contrat de sept ans signé à Hollywood pour ne pas se laisser enfermer dans les rôles de jolis blondes aux yeux bleus, prend ses distances avec le cinéma pour se consacrer à sa vie de famille (elle a épousé un architecte italien en 1960 et est la mère d’un fils né en 1962).

On ne la reverra plus au cinéma que sporadiquement, mais toujours dans des rôles marquants : Au-delà du bien et du mal (1976) de Liliana Cavani, La cigala (1979) qui lui vaut un Donatello de la meilleure actrice en Italie, Joyeux Noël, bonne année (L. Comencini, 1986) face à Michel Serrault, La reine Margot, qui lui permet de décrocher non seulement le Prix d’interprétation à Cannes mais aussi un César du meilleur second rôle féminin, Va où ton cœur te porte (1996) de Francesca Comencini. Dans les années 2000 et jusqu’à son décès, Virna Lisi avait repris ses activités de comédienne à la télévision italienne.

Publié dans Claps de fin

Commenter cet article