Le Film du jour n°101 : Arrête ton char, Cléo !

Publié le par lefilmdujour

Le Film du jour n°101 : Arrête ton char, Cléo !
Titre original : Carry On Cleo
Un film britannique de Gerald THOMAS (1963) avec Sid James, Kenneth Williams, Charles Hawtrey, Kenneth Connor, Joan Sims, Jim Dale, Amanda Barrie...
La Cléo du titre, c'est bien évidemment Cléopâtre, la reine d’Égypte. Arrête ton char, Cléo ! se veut une parodie du célébrissime Cléopâtre (1963) de Joseph Mankiewicz, film pharaonique qui faillit couler la 20th Century Fox et qui fit la joie des paparazzis en raison des amours adultères d’Elizabeth Taylor et de Richard Burton alors mariés tous deux chacun de leur côté (c'était autrement plus excitant que les aventures de Nicolas, Cécilia, Carla et consorts, c'est moi qui vous le dis !).
Arrête ton char, Cléo ! fut d'ailleurs tourné dans certains décors et avec certains costumes de Cléopâtre. Outre Elizabeth Taylor, la vamp Theda Bara (Cleopatra, J. Gordon Edwards, 1917), Claudette Colbert (Cléopâtre, Cecil B. de Mille, 1934), Vivien Leigh (César et Cléopâtre, Gabriel Pascal, 1945) et Monica Bellucci (Astérix et Obélix : mission Cléopâtre, Alain Chabat, 2001) ont interprété sur grand écran la reine qui, son nez eût-il été plus court, aurait pu changer la face du monde (dixit Pascal dans ses Pensées, repris par Goscinny). Dans Arrête ton char... Cléo !, c'est l'actrice britannique Amanda Barrie qui s'y colle.
Le Film du jour n°101 : Arrête ton char, Cléo !

Amanda Barrie joue Cléopâtre dans Arrête ton char... Cléo !

Arrête ton char... Cléo ! l'histoire : De retour à Rome après une campagne européenne fort décevante, César ramène dans ses bagages deux "rosbifs", un va-t-en-guerre et un pleutre et piètre inventeur, créateur, notamment, de la roue... carrée. Par un concours de circonstances dont les scénaristes de Sa Gracieuse Majesté ont le secret, c'est pourtant ce dernier qui devient le garde personnel de l'ami Jules. C'est le début d'aventures palpitantes, de rebondissements haletants et d'un festival d'humour... britannique.
Projeté lors de la treizième édition du Festival du film britannique de Dinard, Arrête ton char, Cléo ! serait, selon les connaisseurs, le meilleur de la série des Carry On, une série de films comiques à succès lancée en 1958 par le producteur Peter Rogers, le réalisateur Gerald Thomas et les scénaristes Norman Hudis et Talbot Rothwell. Mais le succès - trente longs métrages bouclés entre 1958 et 1978 et un autre en 1992 - ne dépassa guère les rivages de la perfide Albion, sans doute pour des raisons d'humour... euh... "local". Il existe en effet un comique anglais - comme un comique à la française d'ailleurs - dont l'exportation hors des frontières nationales pourrait aisément passer pour une déclaration de guerre... (Benny Hill a failli scinder à jamais ma famille en deux camps opposés irréductibles, c'est pour vous dire !).
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La série des Carry On se spécialisa rapidement dans la parodie de films "sérieux", ici les James Bond

Dans l'histoire du cinéma britannique, la série des Carry On s'inscrit dans la continuité d'un certain divertissement populaire, issu du music-hall et relayé par la radio et la télévision. "Tout comme les très convenables comédies produites à Ealing avec Alec Guinness, les premiers Carry On évoquent un certain nombre de lieux et d'institutions de la vie sociale (caserne, hôpital, école, commissariat de police, etc.), mais, évidemment, le ton est ici bien différent : on ne recule pas devant des situations osées et on pratique volontiers le sous-entendu salace", écrivit Philippe Pilard à l'occasion de la projection d'Arrête ton char, Cléo ! à Dinard en 2002.
Autre caractéristique de la série, les acteurs sont quasiment toujours identiques et interprètent systématiquement le même type de personnage : le casse-pied bavard, incompétent et équivoque (Kenneth Williams, 26 Carry On au compteur !), le binoclard de service (Charles Hawtrey, 23 Carry On), la blonde à la poitrine opulente et agressive, etc.
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Une scène de Carry On Screaming, parodie des films d'épouvante de la Hammer

A partir de Carry On Spying (G. Thomas, 1963), parodie des James Bond, la série s'orienta vers le pastiche de films "sérieux". "Carry On Cleo est sans doute le pastiche par excellence, note Philippe Pilard. On a d'abord la référence à Shakespeare - que le générique crédite généreusement -, puis la citation de multiples péplums, du Jules César de Mankiewicz et du Cléopâtre où s'illustrèrent Taylor et Burton. Par moment, le film anticipe ce que nous proposera bientôt l'équipe des Monty Python. Enfin, le spectateur français ne manquera pas de penser aux aventures d'Astérix."
Par la suite, tout y passera : les westerns (Carry On Cowboy, 1965), les films d'horreur selon le style du studio Hammer (Carry On Screaming, 1966) ("Quand tu hurles la nuit, je sais que tu penses à moi", susurre avec humour la chanson du film...), le film érotique à la française (Carry On Emmanuelle, 1978), etc. De toute la série Carry On ne sont toutefois sortis sur les écrans français que Carry On Nurse (1959), traduit dans l'Hexagone par Un thermomètre pour le colonel (sans commentaires...), Carry On Cleo et Carry On Camping (1969) (Les cinglés de camping).
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Même notre Emmanuelle est passée à la moulinette des Carry On

Précisons que Gerald Thomas (1920-1993), le réalisateur de tous ces chefs-d’œuvre, est le frère d'un autre metteur en scène britannique de cinéma, Ralph Thomas, déjà évoqué par le Film du jour. C'est ce dernier qui a notamment signé Toubib or not toubib (1954) (encore un comique...), Whisky, vodka et jupon de fer (1956), un remake des 39 marches de Hitchcock (sorti sur les écrans en 1958), Plus féroces que les mâles (1966) et l'inénarrable Mon petit oiseau s'appelle Percy, il va beaucoup mieux merci (1971). Ah, ils devaient se marrer les frères Thomas quand ils étaient ensemble !

Publié dans Titres rigolos

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