Kirk Douglas (1916-2020)

Publié le par lefilmdujour

©  GINIES/SIPA

Avec Kirk Douglas, décédé le 5 février 2020 à l’âge de 103 ans, c’est l’une des dernières légendes de l’âge d’or de Hollywood qui s’est éteinte. Ulysse dans le film de Mario Camerini réalisé en 1953, Vincent Van Gogh dans La Vie passionnée de Vincent Van Gogh (1955) de Vincente Minnelli, Doc Hollyday dans Règlement de comptes à OK Corral (1956) de John Sturges, Spartacus dans le chef-d’œuvre de Stanley Kubrick tourné en 1960, Patton dans Paris brûle-t-il (1965) de René Clément, l’homme à la fossette inoubliable au menton a joué dans plus de 70 longs métrages au cinéma.

C’est grâce à Lauren Bacall qu’il décroche son premier rôle sur grand écran dans le film noir L’Emprise (1946) où il est le mari cupide de Barbara Stanwick. Il donne la réplique à Robert Mitchum dans La Griffe du passé (Tourneur, 1947) et croise Burt Lancaster dans L’Homme aux abois (Haskin, 1948), mais c’est le rôle du boxeur ambitieux qu’il tient dans Le Champion (Robson, 1949) (photo ci-dessus) qui lui apporte le succès et la reconnaissance de ses pairs (avec une première nomination à l’Oscar du meilleur acteur).

Kirk Douglas dans 20 000 lieues sous les mers (1954)

Nommé deux autres fois à l’Oscar (pour Les Ensorcelés, 1952, et La Vie passionnée de Vincent Van Gogh, deux films de Minnelli) sans jamais le décrocher, Kirk Douglas va ensuite s’illustrer dans de nombreux genres (péplums, westerns, aventures, guerre, drame…) et travailler pour de grands (voire de très grands).

La liste est impressionnante, de Joseph Mankiewicz (Chaînes conjugales, 1949. Le Reptile, 1970) à Elia Kazan (L’Arrangement, 1969) en passant par Billy Wilder (Le Gouffre aux chimères, 1951), Raoul Walsh (Le Désert de la peur, 1951), William Wyler (Histoire de détective, 1951), Vincente Minnelli (Les Ensorcelés ; La Vie passionnée de Vincent Van Gogh ; Quinze jours ailleurs, 1962), Howard Hawks (La Captive aux yeux clairs, 1952), Henry Hathaway (Le Cercle infernal, 1954), Richard Fleischer (20 000 lieues sous les mers, 1954 ; Les Vikings, 1958), King Vidor (L’Homme qui n’a pas d’étoile, 1954), André de Toth (La Rivière de nos amours, 1955), John Sturges (Règlement de comptes à OK Corral ; Le Dernier train de Gun Hill, 1959), Stanley Kubrick (Les Sentiers de la gloire, 1957 ; Spartacus), Richard Quine (Les Liaisons secrètes, 1960), Robert Aldrich (El Perdido, 1961), John Huston (Le Dernier de la liste, 1963), John Frankenheimer (Sept jours en mai, 1964), Otto Preminger (Première victoire, 1965), Anthony Mann (Les Héros de Télémark, 1965), Martin Ritt (Les Frères siciliens, 1968)...

En 1955, Kirk Douglas était passé producteur en créant la Bryna, du nom de sa mère, et avait financé des sujets difficiles comme le pamphlet antimilitariste Les Sentiers de la gloire (photo ci-contre) qui tourne autour des mutineries dans les tranchées de la Première Guerre mondiale (un film interdit pendant vingt ans en France). Très engagé politiquement, il a aussi contribué à la réhabilitation des Indiens d’Amérique dans des films comme La Captive aux yeux clairs, La Rivière de nos amours ou Le Dernier train de Gun Hill et poussé à la réalisation de plusieurs thrillers politiques comme Sept jours en mai ou L’Opération diabolique (Frankenheimer,1965) avec Rock Hudson.

Dans la dernière partie de sa carrière d’acteur, Kirk Douglas n’a pas hésité à se frotter aux films d’anticipation et de science-fiction comme dans Holocauste 2000 (De Martino, 1977) où il est un homme d’affaires qui veut créer un réacteur nucléaire assez puissant pour alimenter en énergie électrique toute la planète, ou Furie (1977) de Brian de Palma (photo ci-dessus), où il est le père d’un jeune homme doté d’un pouvoir de télékinésie extraordinaire. L’acteur est également aux génériques de Saturn 3 (1979) de Stanley Donen, où il incarne un savant agronome travaillant sur l’un des satellites de Saturne, et de Nimitz, retour vers l’enfer (1980) de Don Taylor, où il commande le porte-avions Nimitz pris dans une tempête électromagnétique et ramené en 1941 à la veille de l’attaque de Pearl Harbor par les Japonais.

Dans l’une de ses dernières apparitions sur grand écran, Une si belle famille (2003) de Fred Schepisi, Kirk Douglas avait tourné aux côtés de son ex-femme Diana Dill (1923-2015), de leur fils Michael Douglas et de leur petit-fils Cameron Douglas. Il était marié depuis 1954 avec Anne Buydens, née en 1919 et âgée aujourd’hui de 100 ans.

Kirk Douglas, qui a également réalisé deux longs métrages (le film d’aventures maritimes Le Trésor de Box Canyon en 1973 et le western La Brigade du Texas en 1975), considérait comme son film préféré Seuls sont les indomptés (1962), un western nostalgique de David Miller avec Gena Rowlands et Walter Matthau sur un scénario de Dalton Trumbo que l’acteur avait soutenu  alors que ce dernier était blacklisté durant le maccarthysme.  

Publié dans Claps de fin

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article