Victor Lanoux (1936-2017)

Publié le par lefilmdujour

Connu ces dernières années pour avoir été le célèbre « brocanteur » dans la série télévisée Louis la brocante, le comédien Victor Lanoux, acteur de théâtre, de télévision et de cinéma à la fois renommé et populaire, est décédé le 4 mai 2017 à l'âge de 80 ans.

Avec son visage familier et sa célèbre moustache, Victor Lanoux avait démarré sa carrière de comédien au cabaret aux côtés de Pierre Richard, puis au théâtre en rejoignant le Théâtre national populaire de Jean Vilar. Au cinéma, il débute en incarnant le petit-fils de Sylvie dans La vieille dame indigne (1964) de René Allio.

Mais c’est au début des années 1970 que Victor Lanoux perce vraiment sur grand écran. Dans L’affaire Dominici (1972) de Claude Bernard- Aubert (photo ci-contre), il est l’un des fils de Jean Gabin qu’il retrouve dans Deux hommes dans la ville (1973) de José Giovanni, puis il incarne un ancien d’Algérie dans Dupont Lajoie (1974) d’Yves Boisset, joue le chauffeur complice du rapt de Marlène Jobert et de l’enfant dont elle s’occupe dans Folle à tuer (1975), également d’Yves Boisset, endosse le rôle d’un flic douteux dans Adieu poulet (1975) de Pierre Granier-Deferre (un rôle couronné d'une nomination au César du meilleur second rôle).

On découvre aussi l’étendue de son talent face à Marie-Christine Barrault dans Cousin cousine (1975) de Jean-Charles Tacchella (photo ci-contre), nomination au César du meilleur acteur à la clé. Puis c’est l’événement Un éléphant ça trompe énormément (1976) d’Yves Robert où Victor Lanoux, à la fois séducteur et franchouillard, forme un quatuor irrésistible avec Jean Rochefort, Claude Brasseur et Guy Bedos, que l’on retrouve un an plus tard dans Nous irons tous au paradis (1977) (photo ci-dessous).

Au cinéma, l’acteur enchaîne et alterne alors les comédies (La carapate, 1978, de Gérard Oury avec Pierre Richard ; La revanche, 1981, de Pierre Lary avec Annie Girardot), les œuvres plus intimistes (Une femme à sa fenêtre, 1976, de Pierre Granier-Deferre, avec Philippe Noiret et Romy Schneider ; Un moment d’égarement, 1977, de Claude Berri avec Jean-Pierre Marielle ; Au bout du bout du banc, 1978, de Peter Kassovitz avec Jane Birkin), les policiers (Un si joli village, 1978, d’Etienne Périer avec Jean Carmet et Valérie Mairesse ; Une sale affaire, 1980, d’Alain Bonnot avec Marlène Jobert ; Boulevard des assassins, 1981, de Boramy Tioulong avec Jean-Louis Trintignant ; Un dimanche de flic, 1982, de Michel Vianey avec Jean Rochefort), les drames (Les chiens, 1978, d’Alain Jessua, avec Gérard Depardieu et Nicole Calfan) et les thrillers psychologiques (Le passé simple, 1976, de Michel Drach, avec Marie-José Nat qui fut sa compagne à la ville).

Pour Jean-Pierre Mocky, il incarne avec gourmandise un politicien véreux dans Y a-t-il un Français dans la salle ? (1982) et signe une très belle interprétation de policier confronté à des pulsions homosexuelles face à Xavier Deluc dans La triche (1984) de Yannick Bellon (photo ci-contre). On le voit encore un époux distant de Catherine Deneuve dans Le lieu du crime (1986) d’André Téchiné, mais, par la suite, Victor Lanoux limitera ses apparitions sur grand écran. On le repère toutefois en Français moyen dans Le bal des casse-pieds (1991) d’Yves Robert, en gitan aigri dans Les démons de Jésus (1996) de Bernie Bonvoisin, en parrain de la pègre dans Les grandes bouches (1998) du même, en chômeur alcoolique dans Reines d’un jour (2001) de Marion Vernoux.

Publié dans Claps de fin

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