Assaf Dayan (1945-2014)

Publié le par lefilmdujour

Plus jeune fils du général et ministre de la Défense israélien Moshe Dayan, l’acteur et réalisateur Assaf (Assi) Dayan est décédé le 1er mai 2014 à l’âge de 68 ans. Assi Dayan est surtout connu dans nos contrées occidentales pour avoir partagé avec Anjelica Huston l’affiche de Promenade avec l’amour et la mort (1969) de John Huston. Il y interprétait Héron de Foix, un jeune étudiant qui, en pleine guerre de Cent Ans, tente de rallier Paris à Oxford. La même année, l’acteur tenait le rôle de Romain Gary jeune dans La promesse de l’aube, adaptation par Jules Dassin de l’œuvre éponyme de l'écrivain français, et décrochait une nomination au Golden Globe du meilleur espoir masculin.

Assaf Dayan et Anjelica Huston dans Promenade avec l'amour et la mort (Huston, 1969)

Parmi ses autres rôles marquants au cinéma, on rappellera son interprétation d’un prisonnier dans Au-delà des murs (1984) de Uri Barbash, film à marquer d’une pierre blanche pour le cinéma politique israélien. Assaf Dayan est également au générique de Devarim (1995) d’Amos Gitaï, premier film de la trilogie sur les villes du réalisateur israélien qui dépeint la déroute spirituelle de trois hommes de 30-40 ans dans l'agitation et le tumulte de Tel-Aviv. On vit aussi l’acteur dans Les méduses (2006) d’Etgar Keret et Shira Geffen, Caméra d’or au festival de Cannes, et dans My Father, My Lord (2006) de David Volach, où il incarne un rabbin d’une communauté ultra-orthodoxe dont la foi est brutalement mise à l'épreuve.

Assi Dayan dans My father, My Lord (Volach, 2006)

Acteur dans une quarantaine de films pour le grand écran et dans une dizaine de téléfilms et séries TV (dont l’une, particulièrement populaire en Israël, Betipul, a été adaptée par HBO sous le titre In treatment, avec Gabriel Byrne), Assaf Dayan a également réalisé une quinzaine de longs métrages dont La vie selon Agfa (1992), présenté au Festival de Berlin.

Ce film se veut une étude au scalpel de la société israélienne à travers divers personnages qui se retrouvent dans un bar de nuit de Tel-Aviv tenu par deux femmes. Assi Dayan avait dit à propos de La Vie selon Agfa : "Ce qui m'intéresse c'est de parler des problèmes de ce pays, de la fin du rêve sioniste et du mal de vivre au quotidien de ses habitants. Le film se déroule dans un bar parce que c'est un lieu où l'on entre pour oublier qu'on est seul". En 1976, il avait dirigé une comédie culte en Israël, L'unité Halfon ne répond plus, critique humoristique de l'armée israélienne, rediffusée régulièrement à la télévision.

Publié dans Claps de fin

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