Werner Schroeter (1945-2010)

Publié le par lefilmdujour

Werner Schroeter (1945-2010)
Le nom du cinéaste et metteur en scène de théâtre et d'opéra Werner Schroeter, décédé d'un cancer le 12 avril 2010 à l'âge de 65 ans, n'est pas franchement connu du très grand public. Il n'en a pas moins connu une carrière prolifique couronnée par quelques prix prestigieux.
Au cours des années 60, Werner Schroeter signa de nombreux films expérimentaux en 8 mm et 16 mm où perce sa fascination du baroque, de l'opéra et de Maria Callas. Réalisé en 1971, La mort de Maria Malibran, film censé - d'après son titre - traiter de la fin de la célèbre cantatrice aimée d'Alfred de Musset et décédée à 26 ans, est en fait conçu pour faire appel "à l'imagination, au lyrisme intérieur de chaque spectateur" et s'avère "le prétexte à toutes les outrances stylistiques" (selon Jean Tulard). Avec Le règne de Naples (1978) et Palermo (1980), Ours d'or à Berlin, Werner Schoeter changea quelque peu de style en s'attachant, toujours de manière lyrique cependant, au prolétariat napolitain, puis à la main-d’œuvre sicilienne en Allemagne.
Werner Schroeter (1945-2010)

Carole Bouquet (au milieu) dans Le jour des idiots (Schroeter, 1980) (image : haironfilm.net)

Quelques vedettes françaises ont tourné pour le réalisateur allemand, comme Carole Bouquet, enfermée dans un hôpital psychiatrique dans Le jour des idiots (1980), ou Isabelle Huppert, écrivain tombant dans la schizophrénie dans Milena (1991) puis dupliquée en sœurs jumelles dans Deux (2002). Couronné en 2008 à la Mostra de Venise pour l'ensemble de sa carrière, Werner Schroeter a signé avec Nuit de chien (2008) son dernier film. On y retrouve Amira Casar, Elsa Zylberstein, Nathalie Delon, Bulle Ogier, Pascal Greggory, Bruno Todeschini, Jean-François Stévenin et Sami Frey, perdus dans une ville imaginaire en proie à la guerre civile.

Publié dans Claps de fin

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article