Maria Schneider (1952-2011)

Publié le par lefilmdujour

Maria Schneider (1952-2011)
L'actrice française Maria Schneider est décédée le 3 février 2011 d'un cancer. Fille de Daniel Gélin, elle avait 58 ans. Maria Schneider restera dans l'histoire du cinéma comme la partenaire sulfureuse de Marlon Brando dans Le dernier tango à Paris (1972) de Bernardo Bertolucci. La jeune fille, 20 ans au compteur, n'avait alors à son actif que quelques films, un peu de théâtre et du mannequinat.
Maria Schneider (1952-2011)

Bernardo Bertolucci, Marlon Brando et Maria Schneider sur Le dernier tango à Paris (Bertolucci, 1972) (image : www.toutlecine.com)

Dans la foulée de ce film de sexe et de mort, la vie privée de Maria Schneider fit les choux gras des paparazzis. Multipliant les interviews à scandale, l'actrice se fit même interner volontairement dans un hôpital psychiatrique à Rome lors du tournage de La baby-sitter (Clément, 1975) pour soutenir son amie, la photographe Joan Townsend. A l’écran, Maria Schneider refusait pourtant tous les rôles qui se rapprochaient de près ou de loin à celui qu’elle tient dans Le dernier tango à Paris.
C’est à cette même époque que l’actrice donna la réplique à Jack Nicholson, en pleine crise d’identité, dans Profession : reporter (1974), le chef-d’œuvre d’Antonioni. Puis on la croisa chez des auteurs d’accès difficile comme Jacques Rivette (Merry-Go-Round, 1977), Daniel Schmid (Violanta, 1977), Philippe Garrel (Voyage au pays des morts, 1977) ou Werner Schroeter (Weisse Reise, 1978). Lors de la cérémonie des César en 1980, Maria Schneider se vit quand même attribuer une nomination au César de la meilleure actrice dans un second rôle pour sa prestation aux côtés de Miou-Miou dans La dérobade (Duval, 1979).
Maria Schneider (1952-2011)

Maria Schneider et Jack Nicholson dans Profession : reporter (Antonioni, 1974) (image : www.toutlecine.com)

Dans les années 80, Maria Schneider se perdit un peu dans les paradis artificiels et, à cette époque, ses apparitions au cinéma, parfois fugaces, se comptent sur les doigts des deux mains. Ce n’est qu’en 1991 qu’elle retrouvera un rôle d’importance sur grand écran avec Au pays des Juliet, beau film de Mehdi Charef qui raconte l’histoire de trois femmes emprisonnées, libres le temps d’une journée.
Maria Schneider (1952-2011)

Maria Schneider et Miou-Miou dans La dérobade (Duval, 1979) (image : www.toutlecine.com)

Depuis, Maria Schneider n’avait joué que dans sept ou huit films pour le cinéma (on l’avait aussi aperçue dans certaines séries TV comme « Navarro » ou « Maigret »). Mais, à chaque fois, sa présence – même dans ses rôles courts – était particulièrement prégnante. Avec son beau visage aux traits marqués, Maria Schneider continuait de frapper l’imaginaire du spectateur. On se souvient notamment de son apparition quasi-spectrale dans l’épisode nord-africain des Nuits fauves (Collard, 1992). On la vit également chez Bertrand Blier (Les acteurs, 1999), Laetitia Masson (La repentie, 2001), Guillaume Nicloux (La clef, 2006) et Josiane Balasko (Cliente, 2007).
Au début de l’été 2010, Maria Schneider avait été faite Chevalier des Arts et des Lettres par le Ministre de la Culture et de la Communication Frédéric Mitterrand.

Publié dans Claps de fin

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article