Le Film du jour n°54 : Les requins volent bas

Publié le par lefilmdujour

Titre original : Hammerhead

Un film britannique de David MILLER (1968) avec Vince Edwards, Judy Geeson, Peter Vaughan, Diana Dors...

Réalisateur américain, David Miller (1909-1992) est aimablement qualifié de "très insipide artisan" par Jean-Pierre Coursodon et Bertrand Tavernier dans 50 ans de cinéma américain. Le qualificatif est sans doute mérité à la vision de ces Requins volent bas, très banal film d'espionnage, et au regard de La pêche au trésor (1950), dernier long métrage où apparurent ensemble les Marx Brothers. Ce dernier film s'avère de fait très médiocre, pas vraiment drôle et assez ennuyeux. On est très très loin de la folie "nonsensique" des premières bandes tournées par les Marx Brothers dans les années 30...

La pêche au trésor est en fait surtout connu grâce à Marilyn Monroe qui y faisait là l'une de ses premières apparitions cinématographiques. Dans ce long métrage, Groucho, détective, voit apparaître Marilyn complètement affolée dans son bureau. "Un homme me suit !" s'écrie, paniquée, notre blonde platine. "Un seul ?" s'étonne Groucho...

Marilyn Monroe fait une apparition éclair aux côtés de Groucho Marx dans La pêche au trésor (1950) de David Miller (image : www.toutlecine.com)

David Miller a cependant signé quelques réussites comme Le masque arraché (1952), un bon film noir avec Joan Crawford et Jack Palance, et, surtout, Seuls sont les indomptés (1962), où un cow-boy violent et fantasque (Kirk Douglas) s'oppose à l'irruption inexorable du monde moderne dans un Far West déclinant. On doit aussi à David Miller Diane de Poitiers (1955) avec la flamboyante Lana Turner, ainsi qu'une œuvre de politique fiction sur l'assassinat de Kennedy (Executive Action, 1973). Une œuvre dont Oliver Stone s'est sans doute inspiré pour son JFK (1991).

Pour JFK (1991), Oliver Stone s'inspirera d'Executive Action, un film de David Miller réalisé en 1973 (image : eu.movieposter.com)

Les requins volent bas, l'histoire : Hammerhead (Tête de marteau, en français) est un dangereux criminel international que l'on suspecte de vouloir voler certains documents secrets de l'OTAN. Un jeune et mignon mercenaire est appelé à la rescousse. Sa mission : aller se frotter à Hammerhead et mettre fin aux agissements du vil coquin. Lancé à la poursuite du méchant de service, le gaillard prend l'avion pour la côte portugaise (eh oui, il faut montrer des beaux paysages dans ce genre de films). Mais, sur ses basques, il y a Sue. Et Sue, non seulement, elle est délurée, mais, en plus, elle est dingue !

Diana Dors (image : dailymail.co.uk)

Au générique des Requins volent bas, on repérera l'actrice anglaise Diana Dors, "blonde aux rondeurs agressives" selon le Dictionnaire de Jean Tulard qui s'y connaît en pépées pulpeuses peroxydées... Cette blonde fit rêver outre-Manche toute une génération d'adolescents brusquement devenus "cinéphiles". Née Diana Mary Fluck en 1931, on la surnommait "la Marilyn Monroe anglaise" et elle-même se qualifiait de "seul symbole sexuel britannique depuis Lady Godiva". Rien que ça...

Y fait chaud tout d'un coup...

Diana Dors, qui avait tout de même suivi les cours d'art dramatique de Londres (il y en a aussi là-dedans !), débarqua sur les écrans anglais en 1946. On la voit notamment en 1948, toute jeunette (et pas encore "agressivement arrondie"...), dans Oliver Twist, le classique de David Lean.

Devenue un symbole sexuel qui chamboule en profondeur la puritaine Albion, elle enchaîne film sur film jusqu'à la fin des années 70. Peu d'incursion hors du cinéma britannique toutefois, à l'exception notable de l'excellent mélodrame américain La femme et le rôdeur (1957) de John Farrow (le papa de l'ex-Mia à Woody).

Diana Dors apparaît également, dans son propre rôle, dans Allez France (1964) de Robert Dhéry. Ce film assez rigolo (si l'on aime l'humour Branquignol évidemment) raconte les aventures de Français moyens dans la capitale britannique à l'occasion d'un match France-Angleterre du Tournoi des cinq nations.

Diana Dors et Robert Dhéry dans Allez France ! (1964) (image : www.toutlecine.com)

Décédée en 1984 d'un cancer, Diana Dors a joué pour la dernière fois au cinéma dans Steaming (1984) qui s'avère être également le dernier film tourné par le grand réalisateur Joseph Losey (1909-1984). Elle y côtoie les sublimes actrices britanniques Vanessa Redgrave (Blow-up, Les diables, Retour à Howards End) et Sarah Miles (The Servant, La fille de Ryan) dans le cadre d'un hammam vétuste sur le point de fermer définitivement ses portes.

Signe de consécration définitive, Diana Dors figure sur la pochette originale de l'album Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band des Beatles.

Publié dans Titres étranges

Commenter cet article