Jean-Jacques Beineix (1946-2022)

Publié le par lefilmdujour

Réalisateur de gros succès publics au cinéma comme Diva (1980) et 37°2 le matin (1986), Jean-Jacques Beineix est décédé le 13 janvier 2022 à l’âge de 75 ans.

Chef de file dans les années 1980 d’une nouvelle génération de cinéastes influencés par la bande dessinée, le rock, l’opéra, l’esthétique de la publicité, Jean-Jacques Beineix signe avec Diva, son premier long métrage, un film à l’atmosphère délirante, à l’atmosphère soignée, aux décors et personnages sortant de l’ordinaire, très loin de l’esthétique et des courants d’inspiration de la Nouvelle Vague.

Le long métrage, qui révèle au grand public Richard Bohringer, Gérard Darmon et Dominique Pinon, conte l’histoire d’un jeune postier féru d’opéra et amoureux d’une cantatrice (Wilhelmenia Wiggins Fernandez, qui chante l’air de la Wally d’Alfredo Catalani dans une scène mémorable tournée aux Bouffes du Nord), embringué malgré lui dans les méandres d’un trafic international. Quatre César viennent couronner Diva dont celui de la meilleure première œuvre et celui de la meilleure musique (pour Vladimir Cosma).

Projet très ambitieux tourné dans les studios de Cinecitta à Rome avec Victoria Abril, Nastassja Kinski et Gérard Depardieu, La Lune dans le caniveau (1982), le deuxième film de Jean-Jacques Beineix, adapté d’un roman de David Goodis, tente de mixer réalisme poétique, images choc et esthétique baroque. L’œuvre  est conspuée au festival de Cannes et se conclut par un échec retentissant.

Devenu son propre producteur, le réalisateur adapte pour son troisième film un roman de Philippe Djian, 37°2 le matin, histoire d’un écrivain frustré (Jean-Hugues Anglade) amoureux d’une jeune fille passionnée et impulsive mais atteinte d’une maladie mentale. Le long métrage devient instantanément culte, réunit plusieurs millions de spectateurs et offre la notoriété à Béatrice Dalle (qui incarne là son premier rôle sur grand écran et qui décroche une nomination au César de la meilleure actrice).

Malgré ce succès, Jean-Jacques Beineix ne signera par la suite que trois longs métrages pour le cinéma qui ne rencontreront pas leur public : Roselyne et les lions (1988), avec Isabelle Pasco, IP5, l’île aux pachydermes (1991), dernier film d’Yves Montand qui meurt d’un infarctus à la fin du tournage, et Mortel transfert (2001), dont l’échec l’endette fortement. Se tournant vers la production et la réalisation de documentaires, Jean-Jacques Beineix, malgré plusieurs tentatives, toutes avortées, n’aura plus signé de films de fiction pour le cinéma.

Publié dans Claps de fin

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