Rutger Hauer (1944-2019)

Publié le par lefilmdujour

« J'ai vu tant de choses, que vous, humains, ne pourriez pas croire... De grands navires en feu surgissant de l'épaule d'Orion, j'ai vu des rayons fabuleux, des rayons C, briller dans l'ombre de la porte de Tannhäuser. Tous ces moments se perdront dans l'oubli, comme les larmes dans la pluie. Il est temps... de mourir. » C’étaient les dernières paroles du réplicant Roy Batty (joué par Rutger Hauer) face à Harrison Ford dans Blade Runner (1982) de Ridley Scott. Néerlandais, l’acteur Rutger Hauer est décédé le 19 juillet 2019 à l’âge de 75 ans.

A ses débuts au cinéma, Rutger Hauer est l’acteur fétiche de son compatriote Paul Verhoeven. Il est le personnage principal lancé dans une débauche de sexe et marqué par des pulsions de violence et de mort de Turkish Delight (1973), film auréolé d’un parfum de scandale. Il est aussi aux génériques de Katie Tippel (1975), Soldier of Orange (1977) (a.k.a. Le Choix du destin), fresque qui démystifie les héros de la résistance hollandaise contre l’occupant nazi, et Spetters (1979), tous de Paul Verhoeven.

Immense star aux Pays-Bas, il joue ensuite les méchants dans des productions américaines comme Blade Runner, où il incarne avec une humanité stupéfiante un androïde évolué, mais aussi Les Faucons de la nuit (Malmuth, 1980) face à Sylvester Stallone ou Hitcher (Harmon, 1985) où il est un autostoppeur psychopathe de sinistre mémoire aux trousses de C. Thomas Howell.

Il incarne aussi des personnages complexes dans des chefs-d’œuvre dans leur genre à l’instar du capitaine Etienne Navarre (photo ci-contre), frappé d’une malédiction qui le transforme en loup la nuit alors que la femme qu’il aime, jouée par Michelle Pfeiffer, s’incarne en faucon le jour, dans Ladyhawke, la femme de la nuit (Donner, 1984). Ou dans La Chair et le sang (1985), premier film réalisé par Paul Verhoeven tourné en anglais Avec Jennifer Jason Leigh et Susan Tyrrell et grand film de genre médiéval réaliste (photo ci-dessous).

En 1988, Ruger Hauer tourne même pour le réalisateur italien Ermanno Olmi (Palme d’or en 1978 pour L’Arbre aux sabots) dans La Légende du saint buveur, adapté de la dernière œuvre de l’écrivain Joseph Roth et Lion d’or au festival de Venise. Mais bizarrement, l’acteur va ensuite se cantonner à jouer dans des films d’action qui tombent rapidement dans l’oubli (Vengeance aveugle, Noyce, 1989) et dans une myriade d’œuvrettes qui sortent généralement directement en vidéo.

Il ne refait surface que dans des seconds rôles dans des productions de prestige comme Confessions d’un homme dangereux (Clooney, 2002), Sin City (Rodriguez, 2004), Batman Begins (Nolan, 2004)… Rutger Hauer incarne encore le peintre Pieter Bruegel dans Bruegel, le moulin et la croix (Majewski, 2010) aux côtés de Charlotte Rampling et Michael York, retrouve Ermanno Olmi dans Le Village de carton (2010), joue le docteur Van Helsing dans le Dracula 3D (2011) de Dario Argento… Ces derniers mois, on l’avait repéré dans Valerian (2016) de Luc Besson et dans Les Frères Sisters (2017) de Jacques Audiard.           

Publié dans Claps de fin

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