Franco Zeffirelli (1923-2019)

Publié le par lefilmdujour

Le réalisateur italien Franco Zeffirelli, qui avait fait ses débuts au cinéma sous l’égide de Luchino Visconti et qui avait signé plusieurs adaptations très réussies de Shakespeare et des mises en scène d’opéra pour le grand écran comme La Traviata (1983) et Othello (1986), est décédé le 15 juin 2019 à l’âge de 96 ans.

Jeune comédien d’une vingtaine d’années, Franco Zeffirelli séduit par sa beauté et son jeu Visconti qui l’engage, tout comme Francesco Rosi, comme assistant sur son film néoréaliste La Terre tremble (1947). Parallèlement, il signe les décors pour les mises en scène théâtrales du maître italien avant de passer lui-même à la mise en scène de pièces et d’opéras. Pour le cinéma, Zeffirelli réalise son premier film, une comédie, en 1957 (Voyage de plaisir avec Nino Manfredi et Marisa Allasio).

Neuf ans plus tard, pour sa deuxième réalisation, il adapte La Mégère apprivoisée de Shakespeare et fait appel au couple mythique formé par Elizabeth Taylor et Richard Burton. Le film est un chef-d’œuvre dans son genre et bénéficie d’une interprétation hors pair des deux acteurs, de décors et de costumes somptueux et d’une belle musique de Nino Rota. Zeffirelli enchaîne sur Roméo et Juliette (1967) avec Leonard Whiting et Olivia Hussey qui ont l’âge de leurs rôles (17 ans et 16 ans respectivement). Deux Oscars viennent récompenser le film, celui de la meilleure photographie et celui des meilleurs costumes, Zeffirelli obtenant une nomination à l’Oscar du meilleur réalisateur.

Suivront François et le chemin du soleil (1971), qui raconte le parcours de saint François d’Assise et de sainte Claire, puis Jésus de Nazareth (1975), tourné initialement sous forme de téléfilm en quatre parties avec Robert Powell (Jésus), Olivia Hussey (Marie) et un aréopage d’acteurs internationaux (Christopher Plummer, Michael York, James Mason, Laurence Olivier, Anthony Quinn, Rod Steiger…).

Le réalisateur boucle ensuite plusieurs productions américaines. Le Champion (1979) avec Jon Voight, Faye Dunaway et le tout jeune Ricky Schroder (Golden Globe de la révélation masculine) est un remake d’un mélodrame réalisé en 1931 par King Vidor. Un amour infini (1981) est un bluette adolescente à la gloire de Brooke Shields.

Après cette parenthèse, Franco Zeffirelli se met au ciné-opéra alors en vogue avec La Traviata puis Othello, tous deux avec Placido Domingo, signe une biographie musicale du chef d’orchestre Arturo Toscanini avec C. Thomas Howell (Toscanini, 1988), puis adapte Shakespeare à nouveau avec Hamlet (1990) et Mel Gibson dans le rôle-titre, Glenn Close en mère de Hamlet ey Helena Bonham-Carter en Ophélie. 

Le réalisateur signera encore pour le cinéma le mélodrame religieux Mémoire d’un sourire (1993), une nouvelle adaptation du roman de Charlotte Brontë Jane Eyre (1995) avec Charlotte Gainsbourg et William Hurt, Un thé avec Mussolini (1999) avec Cher, Maggie Smith, Joan Plowright, Judi Dench et Lily Tomlin en fans de Shakespeare, et Callas Forever (2001) avec Fanny Ardant dans le rôle de la Callas que Franco Zeffirelli avait mise en scène à l’opéra dans les années 1960. La boucle était bouclée.  

Publié dans Claps de fin

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